Chaque paie, votre employeur retient un montant d’impôt selon des formulaires que la plupart des gens remplissent une seule fois, à l’embauche, sans jamais y revenir — pourtant, ajuster ces retenues peut soit vous éviter un solde dû désagréable au printemps, soit mettre fin à un remboursement d’impôt qui n’est en réalité qu’un prêt sans intérêt que vous faites au gouvernement toute l’année. Au Canada, deux formulaires contrôlent vos retenues à la source : le TD1 fédéral, et son équivalent provincial (au Québec, le TP-1015.3). Ensemble, ils indiquent à votre employeur combien de crédits d’impôt personnels vous pouvez réclamer, ce qui détermine combien d’impôt il retient sur chaque paie. Si vous ne les remplissez jamais, votre employeur applique seulement le montant personnel de base — ce qui convient à la majorité, mais pas à tous. Vous pouvez augmenter vos retenues volontairement (utile si vous avez un revenu secondaire, ou pour éviter un solde dû), ou les réduire légalement si vous avez des déductions récurrentes non reflétées sur le formulaire de base (cotisations REER périodiques, pension alimentaire versée, frais de garde, dons importants) — cette dernière option exigeant une lettre d’autorisation de l’Agence du revenu. Ce guide vous explique comment ces formulaires fonctionnent, quand les ajuster, et comment éviter les deux extrêmes : le trop-perçu qui vous prive de liquidités toute l’année, et le sous-perçu qui vous surprend en avril.
Remplir son TD1 le premier jour d’un emploi, puis ne plus jamais y toucher, c’est le réflexe de la grande majorité des travailleurs. Pourtant, votre situation financière évolue : mariage, nouvel enfant, REER, dons de bienfaisance, deuxième emploi. Chacun de ces changements peut justifier un ajustement de vos retenues à la source. Ce guide démystifie un processus administratif simple, mais largement méconnu, qui peut améliorer concrètement votre gestion de trésorerie tout au long de l’année.
Note : les montants personnels de base et les seuils indiqués reflètent 2026 et sont indexés chaque année. Pour vos montants exacts, consultez toujours les formulaires TD1 et TP-1015.3 à jour sur les sites de l’ARC et de Revenu Québec.
Sommaire
- Comment fonctionnent les retenues à la source
- Le formulaire TD1 fédéral
- Le formulaire québécois TP-1015.3
- Augmenter vos retenues volontairement
- Réduire légalement vos retenues
- Trouver le bon équilibre
- Les erreurs à éviter
- Questions fréquentes
Comment fonctionnent les retenues à la source
Avant de parler d’ajustement, comprenons le mécanisme de base. C’est la fondation de tout le reste.
Le principe. Chaque fois que votre employeur vous verse un salaire, il est légalement tenu de retenir une partie de l’impôt que vous devrez payer sur ce revenu, et de la remettre directement à l’Agence du revenu du Canada (et à Revenu Québec, si vous travaillez au Québec). C’est ce qu’on appelle l’impôt retenu à la source, ou withholding tax en anglais.
Pourquoi ce système existe. Plutôt que de vous demander de payer la totalité de votre impôt annuel d’un coup au moment de produire votre déclaration, le gouvernement préfère l’encaisser progressivement, à chaque paie. Cela lui assure des revenus réguliers, et cela vous évite (en théorie) une facture fiscale écrasante en une seule fois.
Comment le montant est calculé. Votre employeur calcule vos retenues à partir de plusieurs éléments : votre revenu par période de paie, les tables de retenues officielles de l’ARC et de Revenu Québec, et surtout les renseignements que vous lui fournissez sur vos crédits d’impôt personnels via les formulaires TD1 (fédéral) et TP-1015.3 (Québec).
Le réglage par défaut. Si vous ne remplissez jamais ces formulaires, votre employeur applique automatiquement le montant personnel de base seulement — le crédit d’impôt de base auquel toute personne résidente du Canada a droit. C’est un réglage prudent, mais qui ne tient pas compte de votre situation personnelle complète (personnes à charge, âge, autres crédits).
Le lien avec votre déclaration annuelle. Les retenues à la source sont une estimation de votre impôt annuel, pas un calcul exact. C’est pourquoi, chaque printemps, vous produisez votre déclaration de revenus : elle compare l’impôt réellement dû à ce qui a été retenu tout au long de l’année. Si trop a été retenu, vous obtenez un remboursement; si pas assez, vous avez un solde à payer.
L’idée à intégrer : le système de retenues à la source est conçu pour être approximatif par défaut, pas précis. Il vise à éviter aux gens une facture fiscale écrasante en avril, mais il ne connaît pas votre situation personnelle à moins que vous ne la lui communiquiez explicitement. Beaucoup de gens vivent avec ce réglage par défaut pendant toute leur carrière, sans jamais réaliser qu’ils ont un mot à dire sur le montant qui leur est retenu chaque paie. Or, ce montant a un impact direct sur votre liquidité mensuelle : trop retenu, c’est de l’argent qui dort inutilement dans les coffres du gouvernement pendant douze mois avant de vous revenir, sans intérêt; pas assez retenu, c’est un choc financier reporté à une date précise chaque année. Comprendre que ces formulaires existent, et qu’ils sont modifiables à tout moment, est la première étape pour reprendre le contrôle de votre trésorerie mensuelle.
Le formulaire TD1 fédéral
Voyons maintenant en détail le document central de ce système, au niveau fédéral.
Qu’est-ce que le TD1. Le TD1, Déclaration des crédits d’impôt personnels, est le formulaire fédéral que tout employé remet à son employeur pour déclarer les crédits d’impôt personnels auxquels il a droit. Votre employeur s’en sert, avec les tables de retenues officielles, pour calculer l’impôt fédéral à retenir sur chaque paie.
Quand le remplir. Vous devez remplir un TD1 :
- À l’embauche, pour un nouvel emploi ou un nouveau payeur
- Si vous voulez augmenter le montant d’impôt retenu volontairement
- Si un changement de situation modifie vos crédits personnels : changement d’état civil, nouvelle personne à charge, admissibilité au crédit d’impôt pour personnes handicapées, début d’études postsecondaires, atteinte de 65 ans, déménagement en région éloignée
Ce que contient le formulaire. Le TD1 vous permet de déclarer plusieurs montants qui réduisent votre revenu imposable estimé pour le calcul des retenues, notamment :
- Le montant personnel de base (accessible à toute personne résidant au Canada)
- Le montant pour une personne à charge admissible
- Le montant en raison de l’âge (65 ans et plus, sous condition de revenu)
- Le montant pour revenu de pension
- Les frais de scolarité prévus pour l’année
- Le montant canadien pour aidants d’enfants ayant une déficience
Vous n’avez pas à le remplir chaque année. Contrairement à une idée reçue, vous n’avez pas besoin de soumettre un nouveau TD1 annuellement pour bénéficier de l’indexation automatique des montants. Un nouveau formulaire n’est nécessaire que lorsque votre situation personnelle change réellement.
Le cas de plusieurs employeurs. Attention à un piège fréquent : si vous avez plus d’un employeur ou payeur à la fois et que vous avez déjà réclamé vos crédits personnels ailleurs, vous ne pouvez pas les réclamer une deuxième fois. Vous devez cocher la case correspondante et inscrire « 0 » sur le TD1 de votre emploi secondaire, sans quoi vos retenues seront insuffisantes et vous risquez un solde dû important. Le conseil habituel : réclamez vos crédits de base chez l’employeur où vous travaillez le plus d’heures.
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Le formulaire québécois TP-1015.3
Si vous travaillez au Québec, un deuxième formulaire s’ajoute au TD1 fédéral. Voici ce qu’il faut savoir.
Le principe du double palier. Au Québec, l’impôt sur le revenu comporte deux paliers distincts : fédéral et provincial. Chacun a ses propres crédits, ses propres tables de retenues, et donc son propre formulaire de déclaration. Le TD1 s’occupe du fédéral; la Déclaration pour la retenue d’impôt (TP-1015.3) s’occupe du provincial.
Ce qu’il permet. Le TP-1015.3 vous permet de déclarer les mêmes types de renseignements que le TD1, mais adaptés aux crédits d’impôt du régime québécois :
- Le montant personnel de base du Québec (distinct et généralement différent du montant fédéral)
- Le montant transféré d’un conjoint à l’autre, propre au régime québécois
- Le montant en raison de l’âge, pour personne vivant seule, ou pour revenus de retraite
- Le montant pour personnes à charge
Une règle similaire pour plusieurs emplois. Comme pour le TD1, si vous avez plus d’un employeur au Québec et avez déjà réclamé vos crédits de base ailleurs, vous devez inscrire « 0 » aux lignes correspondantes de votre deuxième TP-1015.3, pour éviter une sous-retenue.
Vous pouvez aussi demander une exonération. Si vous estimez que votre revenu total pour l’année, toutes sources confondues, ne dépassera pas vos crédits d’impôt personnels cumulés, vous pouvez demander à votre employeur de ne retenir aucun impôt du Québec sur votre salaire, via ce même formulaire.
La stabilité dans le temps. Comme le TD1, vous n’avez pas à soumettre un nouveau TP-1015.3 chaque année pour l’indexation automatique. Le formulaire reste en vigueur jusqu’à ce que vous en remettiez un nouveau, exemplaire dûment rempli, à votre employeur.
Augmenter vos retenues volontairement
Voici une option méconnue : demander à votre employeur de retenir plus d’impôt que le minimum requis, pour de bonnes raisons.
Pourquoi le faire. Certaines situations créent un risque de solde dû important au moment de produire votre déclaration, si vos retenues habituelles ne couvrent pas l’ensemble de votre revenu imposable réel. Augmenter volontairement vos retenues permet d’étaler ce paiement supplémentaire sur l’année plutôt que de le subir en un seul versement.
Les situations typiques :
- Vous recevez un revenu secondaire non assujetti aux retenues habituelles (travail autonome ponctuel, revenus de location, revenus de placement importants)
- Vous touchez un revenu de pension ou d’autres prestations qui ne font pas l’objet de retenues suffisantes
- Votre province d’emploi diffère de votre province de résidence, ce qui peut créer une sous-retenue
- Vous voulez simplement éviter la surprise d’un solde dû, par prudence budgétaire
Comment procéder. C’est la démarche la plus simple des deux (augmenter est plus facile que réduire) : remplissez une nouvelle version du TD1 (et du TP-1015.3 au Québec), en inscrivant, à la ligne prévue à cet effet, le montant additionnel que vous souhaitez voir retenu sur chaque paie. Remettez le formulaire à votre employeur — aucune autorisation de l’ARC ou de Revenu Québec n’est nécessaire pour augmenter vos retenues.
Le lien avec votre budget mensuel. Augmenter ses retenues volontairement peut aussi être une stratégie de discipline budgétaire pour ceux qui préfèrent un revenu net stable et prévisible, quitte à recevoir un remboursement plus généreux au printemps plutôt que de gérer eux-mêmes l’épargne pour cette facture fiscale potentielle.
Réversibilité. Si vous changez d’avis, vous pouvez toujours soumettre un nouveau formulaire pour ramener vos retenues au montant standard. Rien n’est permanent dans ce système; vous pouvez ajuster à tout moment.
Réduire légalement vos retenues
C’est l’option la plus intéressante pour beaucoup, mais aussi celle qui exige une démarche plus formelle. Voyons comment elle fonctionne.
Pourquoi vos retenues peuvent être trop élevées. Le TD1 et le TP-1015.3 ne couvrent qu’une partie limitée des déductions et crédits d’impôt possibles. Si vous avez droit à des déductions récurrentes et significatives qui ne figurent pas sur ces formulaires, votre employeur retient plus d’impôt que nécessaire — ce qui se traduit par un remboursement plus élevé au printemps, mais aussi par moins de liquidités dans vos poches chaque mois.
Les déductions concernées les plus fréquentes :
- Des cotisations périodiques à un REER effectuées directement sur votre paie ou de façon régulière (voir l’impact fiscal d’une cotisation REER)
- Une pension alimentaire versée, déductible dans certaines circonstances (voir notre article sur la pension alimentaire et les impôts au Québec)
- Des frais de garde d’enfants admissibles
- Des dépenses d’emploi importantes non remboursées par l’employeur
- Des dons de bienfaisance significatifs à des organismes reconnus (voir les dons de charité et la déduction d’impôt)
- Des frais de scolarité et montants relatifs aux études inutilisés reportés de l’année précédente
La démarche obligatoire : la lettre d’autorisation. Contrairement à l’augmentation des retenues, réduire vos retenues exige une approbation préalable de l’administration fiscale. Voici la marche à suivre :
- Au fédéral : remplissez le formulaire T1213, Demande de réduction des retenues d’impôt à la source, avec les pièces justificatives de vos déductions, et envoyez-le à votre bureau des services fiscaux
- Au Québec : pour des déductions non couvertes par le TP-1015.3, remplissez la Demande de réduction de la retenue d’impôt (TP-1016)
- Une fois approuvée, vous recevez une lettre d’autorisation que vous remettez à votre employeur
- Votre employeur ajuste alors vos retenues en conséquence, généralement pour le reste de l’année
Pourquoi cette étape supplémentaire existe. L’administration fiscale veut valider que vos déductions réclamées sont réelles et justifiées avant de laisser votre employeur retenir moins d’impôt — une mesure de protection contre les sous-retenues abusives qui créeraient un solde dû important en fin d’année.
Un cas simple qui ne nécessite pas de lettre : certaines cotisations REER retenues directement sur la paie via un régime collectif d’employeur peuvent réduire automatiquement les retenues d’impôt sans démarche additionnelle, puisque l’employeur applique la déduction au moment même du versement. Vérifiez avec votre service des ressources humaines si votre régime REER collectif fonctionne ainsi.
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Trouver le bon équilibre
Au-delà des mécanismes, la vraie question est celle-ci : quel est le niveau de retenue idéal pour vous ? Voici comment y réfléchir.
Le piège du gros remboursement. Recevoir un remboursement d’impôt de plusieurs milliers de dollars chaque printemps peut sembler agréable, mais c’est en réalité le signe que vous avez prêté cet argent au gouvernement sans intérêt pendant toute l’année. Cet argent, s’il était resté dans vos poches mois après mois, aurait pu rembourser une dette à intérêt, alimenter votre fonds d’urgence, ou croître dans un compte de placement.
Le piège inverse : le solde dû surprise. À l’opposé, se retrouver chaque année avec un solde important à payer en avril peut créer un stress financier réel, surtout si vous n’avez pas provisionné cette somme. Pire, un solde dû important peut entraîner des acomptes provisionnels obligatoires les années suivantes, complexifiant votre gestion fiscale.
L’objectif réaliste. L’idéal, pour la plupart des gens, est de viser des retenues qui se rapprochent le plus possible de l’impôt réellement dû — ni trop, ni trop peu. Un petit remboursement ou un petit solde dû (quelques centaines de dollars) est généralement acceptable et évite la complexité d’ajustements fréquents.
Comment évaluer votre situation. Posez-vous ces questions chaque année, ou après un changement de situation important :
- Ai-je reçu un remboursement important (plus de quelques milliers de dollars) l’an dernier ? Si oui, envisagez une demande de réduction des retenues.
- Ai-je eu un solde dû important et récurrent ? Si oui, envisagez d’augmenter vos retenues.
- Ma situation a-t-elle changé récemment (REER, pension alimentaire, dons, nouvel enfant, deuxième emploi) ? Si oui, mettez vos formulaires à jour.
La discipline nécessaire. Réduire ses retenues libère des liquidités mensuelles, mais seulement si vous avez la discipline de gérer cet argent supplémentaire judicieusement (épargne, remboursement de dettes) plutôt que de simplement le dépenser. Si vous savez que vous manquez de discipline budgétaire, un remboursement plus généreux (donc des retenues plus élevées) peut agir comme une épargne forcée, malgré son coût d’opportunité.
Le réflexe à adopter : traitez vos formulaires de retenues comme un outil de gestion active de votre trésorerie, pas comme une formalité administrative réglée une fois pour toutes à l’embauche. Chaque année, ou à chaque changement significatif de votre situation (REER, dons, pension alimentaire, nouveau statut familial), prenez cinq minutes pour vous demander si vos retenues actuelles reflètent encore votre réalité. Si vous recevez systématiquement un gros remboursement, c’est un signal clair que vous pourriez optimiser votre liquidité mensuelle en demandant une réduction légale de vos retenues. À l’inverse, si vous êtes régulièrement surpris par un solde dû, ajuster à la hausse vous évite un stress financier annuel récurrent. Ce petit geste administratif, ignoré par la majorité, peut représenter des centaines de dollars de meilleure gestion de trésorerie chaque année, sans changer d’un sou votre impôt total payé.
Les erreurs à éviter
Erreur 1 — Ne jamais revoir son TD1 après l’embauche. La plupart des gens remplissent leur TD1 une seule fois, à leur premier emploi, et ne le mettent jamais à jour. Or, mariage, enfants, REER, dons : chaque changement de situation devrait déclencher une révision. Prenez l’habitude de vérifier vos formulaires au moins une fois par an.
Erreur 2 — Réclamer deux fois le montant personnel de base. Si vous avez plus d’un employeur et réclamez le montant personnel de base chez chacun, vos retenues seront insuffisantes et vous risquez un solde dû surprise. Inscrivez « 0 » sur le formulaire de votre emploi secondaire si vous avez déjà réclamé ce montant ailleurs.
Erreur 3 — Tenter de réduire ses retenues sans lettre d’autorisation. Contrairement à l’augmentation des retenues, réduire ses retenues exige l’approbation préalable de l’ARC (formulaire T1213) et, au Québec, de Revenu Québec (formulaire TP-1016). Votre employeur ne peut pas simplement accepter votre demande sans cette lettre officielle.
Erreur 4 — Ignorer le formulaire provincial au Québec. Le TD1 fédéral ne couvre que l’impôt fédéral. Si vous travaillez au Québec, le TP-1015.3 doit aussi être rempli et mis à jour séparément pour ajuster vos retenues provinciales, qui représentent une part importante de votre facture fiscale totale.
Erreur 5 — Se réjouir d’un gros remboursement sans le voir pour ce qu’il est. Un remboursement de plusieurs milliers de dollars n’est pas un « cadeau » du gouvernement, mais le retour d’un prêt sans intérêt que vous lui avez consenti toute l’année. Si cela se répète chaque année, envisagez de réduire vos retenues pour améliorer votre liquidité mensuelle.
Erreur 6 — Réduire ses retenues sans discipline financière. Libérer des liquidités mensuelles n’a de valeur que si vous les gérez bien (épargne, remboursement de dettes à intérêt). Réduire ses retenues pour simplement dépenser davantage chaque mois, sans plan, annule l’avantage de la stratégie.
Erreur 7 — Oublier de considérer le solde dû après un changement de revenu. Un revenu secondaire (travail autonome, location, gros gains de placement) n’est généralement pas soumis aux retenues habituelles. Si vous ne compensez pas volontairement, vous risquez un solde dû important, voire des acomptes provisionnels les années suivantes.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le formulaire TD1 exactement ?
Le TD1, Déclaration des crédits d’impôt personnels, est un formulaire fédéral que chaque employé remet à son employeur pour déclarer les crédits d’impôt personnels auxquels il a droit (montant personnel de base, personnes à charge, âge, revenu de pension, frais de scolarité, etc.). Votre employeur s’en sert pour calculer le montant d’impôt fédéral à retenir sur chaque paie. Si vous travaillez au Québec, un formulaire provincial équivalent, le TP-1015.3, doit aussi être rempli pour l’impôt provincial.
Dois-je remplir un nouveau TD1 chaque année ?
Non. Les montants du TD1 (et du TP-1015.3) sont indexés automatiquement chaque année sans que vous ayez besoin de soumettre un nouveau formulaire. Vous devez en remplir un nouveau seulement lorsque votre situation personnelle change réellement : changement d’état civil, nouvelle personne à charge, nouvel emploi, admissibilité à un nouveau crédit, ou si vous voulez ajuster volontairement vos retenues.
Comment augmenter mes retenues d’impôt volontairement ?
C’est simple : remplissez une nouvelle version du TD1 (et du TP-1015.3 au Québec) en inscrivant, à la ligne prévue à cet effet, le montant additionnel que vous souhaitez voir retenu sur chaque paie, puis remettez le formulaire à votre employeur. Aucune autorisation de l’Agence du revenu n’est nécessaire pour augmenter vos retenues, contrairement à une réduction.
Comment réduire légalement mes retenues d’impôt ?
Si vous avez des déductions récurrentes qui ne figurent pas sur le TD1 ou le TP-1015.3 (cotisations REER périodiques, pension alimentaire, frais de garde, dons importants), vous devez remplir le formulaire T1213 (fédéral) ou TP-1016 (Québec) avec vos pièces justificatives, et obtenir une lettre d’autorisation de l’administration fiscale. Vous remettez ensuite cette lettre à votre employeur, qui ajustera vos retenues en conséquence.
Est-ce avantageux de recevoir un gros remboursement d’impôt chaque année ?
Pas nécessairement. Un remboursement important signifie que vous avez laissé le gouvernement retenir plus d’impôt que nécessaire tout au long de l’année, sans intérêt en retour. Cet argent, disponible mensuellement plutôt qu’en un seul versement au printemps, pourrait plutôt rembourser une dette à intérêt ou être investi. Si vous recevez systématiquement un gros remboursement, envisagez de demander une réduction légale de vos retenues, à condition d’avoir la discipline de bien gérer les liquidités supplémentaires.
Que se passe-t-il si j’ai plus d’un employeur en même temps ?
Vous ne pouvez réclamer le montant personnel de base et les autres crédits qu’une seule fois, chez un seul employeur. Si vous avez déjà réclamé ces crédits ailleurs, vous devez inscrire « 0 » aux lignes correspondantes du TD1 (et du TP-1015.3) de votre emploi secondaire. Sinon, vos retenues totales seront insuffisantes, et vous risquez un solde dû important à la production de votre déclaration.
Que faire si mon revenu total dépasse largement mes crédits d’impôt personnels ?
Dans ce cas, il est généralement préférable de laisser vos retenues standard s’appliquer, voire de les augmenter volontairement si vous avez des revenus secondaires importants non soumis aux retenues habituelles (travail autonome, location, placements). Cela évite un solde dû élevé et, potentiellement, l’obligation de verser des acomptes provisionnels les années suivantes.
Sources officielles
- Formulaires TD1 — Déclarations des crédits d’impôt personnels — Agence du revenu du Canada
- Augmenter ou réduire l’impôt sur le revenu retenu à la source — ARC
- Demandes du particulier pouvant modifier sa retenue d’impôt — Revenu Québec
- Déclaration pour la retenue d’impôt (TP-1015.3) — Revenu Québec
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Les montants, seuils et formulaires évoluent chaque année; consultez toujours les versions à jour sur les sites de l’Agence du revenu du Canada et de Revenu Québec avant de remplir vos déclarations. Pour une situation fiscale complexe, consultez un fiscaliste ou un comptable. Pour en savoir plus sur notre démarche, consultez notre méthodologie éditoriale.

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