Le fractionnement du revenu de retraite est l’une des stratégies fiscales les plus puissantes disponibles aux couples canadiens — et l’une des plus sous-utilisées. Le principe est simple : si vous et votre conjoint avez des revenus de retraite très inégaux, vous pouvez transférer jusqu’à 50 % du revenu de pension admissible du conjoint à revenu élevé vers le conjoint à revenu plus bas — uniquement pour le calcul de l’impôt. Le couple paie ainsi moins d’impôt au total grâce à l’utilisation des paliers d’imposition plus bas du conjoint. Au fédéral, le fractionnement est possible à tout âge si le revenu provient d’un régime de pension agréé d’employeur (RPA); à 65 ans et plus, il inclut aussi les retraits de FERR, FRV, et certaines rentes. Au Québec, aucun fractionnement n’est possible avant 65 ans — c’est une particularité provinciale importante. Les revenus du RRQ, RPC, PSV et SRG ne sont pas admissibles. Pour les couples bien planifiés, les économies peuvent atteindre plusieurs milliers de dollars par année. Ce guide vous explique le mécanisme, les revenus admissibles, le formulaire T1032, et les stratégies complémentaires comme le REER de conjoint et la conversion FERR hâtive.
Quand un couple atteint la retraite, il est rare que les deux conjoints aient exactement le même revenu. L’un a peut-être bénéficié d’un régime de pension d’employeur généreux pendant 35 ans; l’autre a travaillé à temps partiel ou s’est occupé des enfants. Ou l’un a accumulé un REER substantiel alors que l’autre a peu cotisé. Sans planification, cette inégalité signifie que le conjoint à revenu plus élevé paie de l’impôt à un taux marginal élevé, tandis que l’autre n’utilise même pas pleinement ses paliers d’imposition plus bas. Le fractionnement du revenu de retraite corrige cette asymétrie.
Ce guide est complémentaire à nos articles sur la planification de la retraite et le FERR. Pour profiter pleinement de cette stratégie, plusieurs éléments doivent être combinés — et c’est précisément ce qu’on va voir.
Sommaire
- Le principe du fractionnement du revenu de retraite
- Quels revenus sont admissibles
- La particularité du Québec : pas avant 65 ans
- Le formulaire T1032 et l’Annexe Q
- La stratégie complémentaire du REER de conjoint
- La conversion FERR hâtive à 65 ans
- Les erreurs à éviter
- Questions fréquentes
Le principe du fractionnement du revenu de retraite
Le fractionnement du revenu de pension est un mécanisme fiscal qui permet à un couple (marié ou en union de fait) de répartir une partie du revenu de pension admissible du conjoint pensionné au profit de l’autre conjoint — uniquement pour le calcul de l’impôt. L’argent reste physiquement dans les comptes du conjoint pensionné; c’est seulement la déclaration fiscale qui le partage.
Le pourcentage maximum transférable est de 50 % du revenu de pension admissible. Le couple peut choisir n’importe quel pourcentage entre 0 % et 50 % — et ce choix peut varier d’une année à l’autre selon ce qui est optimal.
Pourquoi ça génère des économies : au Canada, l’impôt sur le revenu est progressif. Plus votre revenu est élevé, plus votre taux marginal monte. Quand un seul conjoint reçoit tout le revenu de pension, il atteint rapidement les paliers d’imposition élevés. Quand on partage 50 % de ce revenu avec un conjoint à revenu plus bas, ce conjoint utilise ses paliers d’imposition plus bas — et le couple paie moins d’impôt au total.
Exemple chiffré simplifié : imaginez un couple où le conjoint A reçoit 100 000 $ de revenu de pension admissible et le conjoint B reçoit 20 000 $. Sans fractionnement, le conjoint A paie de l’impôt sur la totalité de ses 100 000 $ — avec une bonne partie dans des paliers élevés. Avec fractionnement de 50 %, on transfère 50 000 $ sur le revenu du conjoint B (qui passe de 20 000 $ à 70 000 $) et le conjoint A déclare seulement 50 000 $. Les deux conjoints sont maintenant à 50 000 $ et 70 000 $ — paliers nettement plus bas. L’économie d’impôt peut atteindre 5 000 $ à 8 000 $ par année pour le couple — et ce, chaque année.
Avantage bonus : en plus de la réduction des paliers d’imposition, le fractionnement permet aussi aux deux conjoints de bénéficier du crédit d’impôt pour revenu de pension (jusqu’à 2 000 $ chacun au fédéral). Si un seul conjoint reçoit du revenu de pension, normalement seul lui peut réclamer ce crédit. Avec le fractionnement, l’autre conjoint devient aussi admissible — un avantage souvent négligé.
Quels revenus sont admissibles
Tous les revenus de retraite ne sont pas admissibles au fractionnement. La règle générale au fédéral : ce qui provient d’un régime de pension privé ou d’un compte enregistré peut être fractionné; ce qui provient des régimes publics ne peut pas l’être.
| Type de revenu | Admissible au fractionnement ? | Condition |
|---|---|---|
| Régime de pension agréé d’employeur (RPA) | Oui | À tout âge au fédéral (65 ans+ au Québec) |
| Fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) | Oui | 65 ans et plus |
| Fonds de revenu viager (FRV) | Oui | 65 ans et plus |
| Rente viagère provenant d’un REER converti | Oui | 65 ans et plus |
| Régime de pension agréé collectif (RPAC) ou RVER au Québec | Oui | Selon l’âge et le type de versement |
| Retraits directs du REER (sans conversion en rente ou FERR) | Non | — |
| Régime de rentes du Québec (RRQ) | Non | (Voir note ci-dessous sur le partage du RRQ) |
| Régime de pensions du Canada (RPC) | Non | (Voir note ci-dessous sur le partage du RPC) |
| Pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV) | Non | — |
| Supplément de revenu garanti (SRG) | Non | — |
| Compte de retraite individuel (IRA) américain | Non | — |
Le RRQ et le RPC peuvent quand même être « partagés » — mais c’est un mécanisme différent. Vous pouvez demander à Retraite Québec ou à Service Canada un partage de la rente entre conjoints — l’argent est alors physiquement payé en deux chèques distincts. Ce n’est pas du fractionnement fiscal au sens du T1032 (qui ne fait que partager pour le calcul d’impôt), mais ça peut avoir un effet similaire. Pour la PSV et le SRG, aucun partage n’est possible — c’est strictement personnel.
La particularité du Québec : pas avant 65 ans
Une nuance cruciale à comprendre : les règles fédérales et québécoises ne sont pas identiques. Au fédéral, le fractionnement d’un revenu provenant d’un RPA d’employeur est possible à tout âge. Au Québec, c’est plus restrictif.
| Situation | Fédéral | Québec |
|---|---|---|
| Fractionnement d’un revenu de RPA d’employeur avant 65 ans | Oui | Non — aucun fractionnement avant 65 ans, peu importe la source |
| Fractionnement de FERR/FRV/rente REER avant 65 ans | Non (sauf décès du conjoint) | Non |
| Fractionnement à 65 ans et plus | Oui (RPA + FERR + FRV + rentes) | Oui (RPA + FERR + FRV + rentes) |
Conséquence pratique au Québec : si vous avez 60 ans, que vous touchez une pension d’employeur de 80 000 $, et que votre conjoint a un faible revenu, vous pouvez fractionner au fédéral — mais pas au provincial. Cela génère une asymétrie dans le calcul de l’impôt : votre déclaration fédérale montrera un revenu partagé, votre déclaration provinciale montrera votre revenu complet. Les logiciels d’impôts gèrent automatiquement cette particularité, mais il faut être conscient que l’économie d’impôt avant 65 ans au Québec est limitée à la portion fédérale.
L’argument pour attendre 65 ans : à 65 ans, l’écosystème se débloque pleinement au Québec — fractionnement permis, crédit pour revenu de pension accessible, et nouveaux revenus admissibles (FERR, FRV). C’est pourquoi la conversion partielle anticipée du REER en FERR à 65 ans est une stratégie si populaire (voir section 6).
Le formulaire T1032 et l’Annexe Q
Le fractionnement n’est pas automatique — il faut faire un choix conjoint chaque année en remplissant le formulaire prescrit.
Le formulaire T1032 (fédéral) — « Choix conjoint visant le fractionnement du revenu de pension » — doit être rempli et signé par les deux conjoints. Il indique :
- Qui transfère le revenu (le « pensionné ») et qui le reçoit (le « cessionnaire »)
- Le montant total du revenu de pension admissible
- Le pourcentage transféré (entre 0 % et 50 %)
- Le montant correspondant transféré
- La portion d’impôt déjà retenu à la source qui est aussi transférée proportionnellement
Un seul choix peut être fait par année. Si les deux conjoints reçoivent du revenu de pension admissible, ils doivent décider lequel sera le « pensionné » dans le formulaire — souvent celui qui a le revenu le plus élevé. Le pourcentage choisi peut varier d’une année à l’autre.
Au Québec, vous devez aussi remplir l’Annexe Q de la déclaration provinciale (« Choix visant le fractionnement du revenu de retraite »). Le mécanisme est similaire au T1032 mais avec les règles québécoises (notamment l’âge de 65 ans obligatoire).
L’impôt retenu à la source suit le revenu. C’est un détail important : si le pensionné a déjà eu de l’impôt retenu à la source sur sa pension (par exemple sur les retraits FERR), une portion proportionnelle de cet impôt est aussi transférée au cessionnaire. Si vous transférez 50 % de votre pension, vous transférez aussi 50 % de l’impôt déjà retenu. Les logiciels d’impôts calculent cela automatiquement à partir du T1032.
Le test à faire chaque année : votre logiciel d’impôts (TurboImpôt, Wealthsimple Tax, H&R Block, UFile) calcule automatiquement le pourcentage optimal de fractionnement entre 0 % et 50 % pour minimiser l’impôt total du couple. C’est l’une des grandes valeurs ajoutées du logiciel : il fait varier le pourcentage et trouve le point où l’impôt combiné est le plus bas. Faites toujours ce test — le pourcentage optimal varie chaque année selon vos revenus respectifs. Consultez notre comparatif des logiciels d’impôts au Canada.
La stratégie complémentaire du REER de conjoint
Le fractionnement du revenu de pension a une limite : 50 %. Pour aller au-delà de 50 % de partage, il existe une autre stratégie qui se met en place avant la retraite — le REER de conjoint (parfois appelé « REER au profit du conjoint »).
Le principe : vous cotisez à un REER, mais dont votre conjoint est le rentier (titulaire). Vous obtenez la déduction fiscale sur votre déclaration, mais l’argent est à terme imposé entre les mains de votre conjoint au moment du retrait — généralement à un taux plus bas si son revenu est plus modeste.
| Élément | REER classique | REER de conjoint |
|---|---|---|
| Qui cotise | Vous | Vous |
| Qui obtient la déduction fiscale | Vous | Vous |
| Qui est le rentier (titulaire) | Vous | Votre conjoint |
| Qui paie l’impôt au retrait | Vous | Votre conjoint (sauf règle des 3 ans) |
| Limite de fractionnement effectif | 50 % au moment des retraits | 100 % du capital transféré |
La règle des 3 ans (règle d’attribution) : si votre conjoint retire des fonds du REER de conjoint avant que 3 années civiles complètes se soient écoulées depuis votre dernière cotisation, le retrait est imposé au cotisant (vous), pas au rentier (votre conjoint). Cette règle empêche les couples de « contourner » le système avec des transferts à court terme.
En pratique : pour qu’un REER de conjoint fonctionne efficacement, il faut cesser d’y cotiser au moins 3 années civiles complètes avant que votre conjoint ne commence à y retirer. Une planification de 5 à 10 ans à l’avance est idéale.
Le REER de conjoint est complémentaire au fractionnement du revenu de pension, pas concurrent. Beaucoup de couples optimisés utilisent les deux : REER de conjoint pendant les années d’accumulation (jusqu’à 100 % du capital côté conjoint), puis fractionnement à 50 % du revenu de pension après 65 ans.
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La conversion FERR hâtive à 65 ans
Voici l’une des stratégies fiscales les plus puissantes pour les retraités qui n’ont pas (encore) de revenu de pension admissible — la conversion partielle anticipée du REER en FERR à 65 ans.
Le contexte : votre REER peut rester un REER jusqu’à l’année où vous avez 71 ans (date limite de conversion obligatoire). Vous n’êtes pas obligé d’attendre 71 ans pour convertir — vous pouvez le faire dès 55 ans, et certainement à 65 ans. La plupart des gens reportent la conversion par habitude. Mais convertir une partie du REER en FERR dès 65 ans débloque deux avantages fiscaux importants.
Avantage 1 — Le crédit d’impôt pour revenu de pension. Les retraits d’un FERR à partir de 65 ans donnent droit au crédit d’impôt non remboursable pour revenu de pension — jusqu’à 2 000 $ par année au fédéral, plus un crédit équivalent au provincial. Ce crédit ne s’applique pas aux retraits directs d’un REER (avant conversion) — il faut convertir en FERR pour y accéder.
Avantage 2 — Le fractionnement du revenu de pension. Comme on l’a vu, les retraits du FERR deviennent admissibles au fractionnement avec le conjoint à partir de 65 ans. Sans conversion, votre REER ne génère pas de revenu fractionnable.
L’exemple type : à 65 ans, vous convertissez 14 000 $ de votre REER en FERR (juste assez pour générer environ 2 000 $ de retrait minimum annuel à 65 ans), tout en gardant le reste du REER intact. Chaque année, à partir de 65 ans :
- Vous retirez 2 000 $ du FERR
- Vous fractionnez ces 2 000 $ avec votre conjoint (1 000 $ chacun)
- Vous et votre conjoint réclamez chacun le crédit pour revenu de pension de 1 000 $ (qui aurait été perdu sans conversion)
- L’argent retiré peut être réinvesti dans le CELI ou utilisé selon vos besoins
Cumulé sur 6 ans (65 à 71 ans), avant la conversion obligatoire du REER, cette stratégie peut générer plusieurs milliers de dollars d’économie d’impôt pour le couple — simplement en convertissant une petite portion du REER plus tôt que nécessaire.
Les erreurs à éviter
Erreur 1 — Croire que le RRQ et la PSV sont fractionnables. Ces revenus ne sont pas admissibles au fractionnement via le T1032. Le RRQ peut être partagé physiquement entre conjoints via Retraite Québec — c’est un mécanisme différent. La PSV et le SRG sont strictement personnels. Beaucoup de retraités sont déçus de découvrir que leur grosse pension publique ne peut pas être fractionnée.
Erreur 2 — Ne pas faire de calcul d’optimisation chaque année. Le pourcentage optimal de fractionnement varie selon vos revenus respectifs chaque année. Choisir « 50 % par défaut » sans calculer peut laisser de l’argent sur la table. Utilisez les fonctions d’optimisation automatique des logiciels d’impôts — c’est gratuit et ça prend deux clics.
Erreur 3 — Oublier la règle des 3 ans pour le REER de conjoint. Si votre conjoint retire des fonds du REER de conjoint moins de 3 années complètes après votre dernière cotisation, c’est vous qui êtes imposé sur le retrait. La stratégie nécessite une planification à long terme : cessez de cotiser au REER de conjoint au moins 3 ans avant que votre conjoint ne commence à retirer.
Erreur 4 — Ne pas convertir une partie du REER en FERR à 65 ans. Si vous n’avez pas de revenu de pension admissible à 65 ans (pas de RPA d’employeur), vous passez à côté du crédit pour revenu de pension et du fractionnement. Une conversion partielle anticipée d’environ 14 000 $ permet de toucher 2 000 $ par année de revenu admissible et de bénéficier des deux avantages.
Erreur 5 — Penser que le fractionnement avant 65 ans fonctionne au Québec. Au fédéral, oui (pour un RPA d’employeur). Au Québec, non. Si vous prenez votre retraite à 60 ans avec une grosse pension d’employeur, l’économie d’impôt provinciale ne commence qu’à 65 ans. Cette asymétrie est importante à comprendre pour bien planifier.
Erreur 6 — Oublier que les deux conjoints doivent signer le T1032. Le choix de fractionnement est conjoint. Les deux conjoints doivent signer le formulaire pour qu’il soit valide. Les logiciels d’impôts génèrent automatiquement le formulaire, mais la signature manuelle (ou l’autorisation électronique) reste nécessaire.
Erreur 7 — Ignorer l’impact sur d’autres crédits et prestations. Le fractionnement transfère du revenu d’un conjoint à l’autre — ce qui peut affecter d’autres calculs : récupération de la PSV, admissibilité au SRG, crédits d’impôt en fonction du revenu, etc. Pour un couple proche du seuil de récupération de la PSV (~93 454 $), un bon fractionnement peut aussi avoir pour effet de garder les deux conjoints sous le seuil — économisant doublement.
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Questions fréquentes
Qui peut profiter du fractionnement du revenu de pension ?
Tout couple marié ou en union de fait reconnu par l’ARC (12 mois de vie commune ou un enfant commun), où au moins un conjoint reçoit un revenu de pension admissible. Le fractionnement n’est pas disponible pour les conjoints séparés de fait l’année du choix, ni pour les personnes célibataires.
Combien puis-je transférer ?
Jusqu’à 50 % du revenu de pension admissible. Vous pouvez choisir n’importe quel pourcentage entre 0 % et 50 % chaque année — il n’y a aucune obligation d’atteindre le maximum. Le pourcentage optimal varie selon les revenus respectifs des deux conjoints et est calculé automatiquement par les logiciels d’impôts.
Le fractionnement nécessite-t-il un transfert physique d’argent ?
Non. C’est un choix uniquement fiscal — l’argent reste dans le compte du conjoint pensionné. C’est seulement la déclaration de revenus qui est partagée. Cela rend la stratégie simple : aucun virement, aucun changement de compte, juste un formulaire T1032 (et l’Annexe Q au Québec) signé conjointement chaque année.
Puis-je fractionner les retraits de mon REER avant 65 ans ?
Non. Les retraits directs d’un REER ne sont pas admissibles au fractionnement — ni avant 65 ans, ni après. Pour que les fonds du REER deviennent admissibles, vous devez les convertir en FERR, FRV, ou rente viagère (ce qui nécessite généralement d’avoir au moins 65 ans pour le fractionnement). La conversion partielle anticipée à 65 ans est la stratégie classique.
Le fractionnement affecte-t-il ma récupération de la PSV ?
Oui — et c’est souvent un effet positif. Si vous êtes au-dessus du seuil de récupération de la PSV (~93 454 $), transférer une partie de votre revenu à votre conjoint peut vous ramener sous le seuil, vous évitant la récupération. Si votre conjoint reste lui-même sous le seuil après le transfert, le couple obtient un double avantage : moins d’impôt total et préservation de la PSV. Faites le calcul avec votre logiciel.
Mon conjoint et moi pouvons-nous tous les deux fractionner ?
Non. Un seul choix conjoint est permis par année d’imposition. Si les deux conjoints ont du revenu de pension admissible, vous devez choisir lequel sera le pensionné (qui transfère) et lequel sera le cessionnaire (qui reçoit). Habituellement, c’est celui qui a le revenu le plus élevé qui transfère. Vous pouvez inverser le choix d’une année à l’autre selon ce qui est optimal.
Faut-il faire le fractionnement pour de petits écarts de revenu ?
Pas nécessairement. Si vos revenus sont déjà similaires (par exemple 50 000 $ et 55 000 $), l’économie d’impôt sera minime — voire nulle si vous êtes dans le même palier d’imposition. Le fractionnement génère des économies significatives quand il y a un écart important entre les revenus des deux conjoints (typiquement plus de 15 000-20 000 $ de différence) ou quand un conjoint risque la récupération de la PSV. Laissez le logiciel calculer — il vous dira si le fractionnement vaut la peine pour votre situation.
Sources officielles
- Fractionnement du revenu de pension — ARC
- Revenu de pension admissible — ARC
- Formulaire T1032 — Choix conjoint visant le fractionnement du revenu de pension
- Aînés — Revenu Québec (Annexe Q)
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Les règles du fractionnement du revenu de retraite comportent plusieurs subtilités selon votre situation (âge, type de revenu, province, autres prestations). Pour optimiser votre stratégie, utilisez un logiciel d’impôts qui calcule automatiquement le fractionnement optimal, ou consultez un comptable professionnel agréé (CPA) ou un planificateur financier. Pour en savoir plus sur notre démarche, consultez notre méthodologie éditoriale.

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