Conduire pour Uber ou livrer pour DoorDash génère un revenu d’entreprise imposable — et les règles fiscales diffèrent énormément selon que vous transportez des personnes ou que vous livrez de la nourriture. La distinction la plus importante à connaître : pour le transport de personnes (Uber, Lyft), l’inscription à la TPS et à la TVQ est obligatoire dès le premier dollar gagné — le seuil habituel de 30 000 $ ne s’applique pas au transport commercial de passagers. Pour la livraison (DoorDash, Uber Eats, Skip), c’est le seuil normal de 30 000 $ qui s’applique, comme pour tout travailleur autonome. Bonne nouvelle au Québec : grâce à des ententes avec Revenu Québec, les plateformes comme Uber perçoivent et remettent la TPS/TVQ en votre nom — mais vous restez tenu de produire votre déclaration de taxes. Côté revenus, tout est imposable : les tarifs, mais aussi les pourboires et les primes et incitatifs versés par la plateforme. Côté dépenses, vous pouvez déduire une large gamme de frais de véhicule (essence, assurance, réparations, location ou amortissement, stationnement, péages, cellulaire, lavages, pneus d’hiver) — mais uniquement au prorata de votre usage professionnel, calculé à partir d’un journal de kilométrage rigoureux. Les tribunaux ont refusé à maintes reprises des déductions à des chauffeurs qui ne tenaient pas de journal précis. Ce guide vous explique tout : taxes, déclaration de revenus, dépenses déductibles et pièges à éviter.
L’économie des plateformes (gig economy) attire des centaines de milliers de Canadiens qui conduisent, livrent ou rendent des services via des applications. Mais beaucoup ignorent leurs obligations fiscales réelles — jusqu’à ce qu’une facture d’impôt ou une vérification les rattrape. Comprendre les règles dès le départ vous évite des problèmes coûteux et vous permet de maximiser vos déductions légitimes.
Ce guide s’appuie sur les principes du travail autonome au Québec et de la TPS/TVQ pour les autonomes, avec les spécificités propres aux plateformes.
Sommaire
- Vous êtes un travailleur autonome aux yeux du fisc
- La distinction cruciale : transport vs livraison
- Comment fonctionne la TPS/TVQ avec les plateformes
- Quels revenus déclarer
- Les dépenses déductibles et le journal de kilométrage
- Provisionner pour l’impôt et les cotisations
- Les erreurs à éviter
- Questions fréquentes
Vous êtes un travailleur autonome aux yeux du fisc
Première chose à comprendre : quand vous conduisez pour Uber ou livrez pour DoorDash, vous n’êtes pas un employé de ces plateformes. Vous êtes un travailleur autonome qui exploite sa propre micro-entreprise et utilise l’application comme intermédiaire.
Ce que cela implique :
- Aucun impôt n’est retenu à la source sur vos gains — vous recevez vos paiements bruts
- Vous devez déclarer tous vos revenus dans votre déclaration de revenus personnelle (formulaire TP-80 au Québec, T2125 au fédéral)
- Vous payez vous-même l’impôt et les cotisations sociales (RRQ + RQAP, les deux parts)
- Vous pouvez déduire vos dépenses d’entreprise légitimes
- Vous pourriez devoir verser des acomptes provisionnels si votre impôt dépasse les seuils
Le revenu est imposable même à temps partiel. Que vous conduisiez 5 heures par semaine pour un revenu d’appoint ou 50 heures à temps plein, vos revenus de plateforme sont imposables et doivent être déclarés. Il n’y a pas de « petit montant » exempté d’impôt — tous les revenus d’entreprise se déclarent, dès le premier dollar. Le seuil de 30 000 $ ne concerne que les taxes (TPS/TVQ), pas l’impôt sur le revenu.
L’idée à intégrer : beaucoup de gens voient les revenus de plateforme comme de « l’argent de poche » informel — un complément qu’on n’aurait pas vraiment à déclarer. C’est une erreur dangereuse. Les plateformes transmettent des informations aux autorités fiscales, et l’ARC comme Revenu Québec ont accès à ces données. Un revenu non déclaré peut entraîner des cotisations rétroactives, des intérêts et des pénalités. La bonne nouvelle : en déclarant correctement, vous pouvez aussi déduire vos dépenses (essence, usure du véhicule, etc.), ce qui réduit considérablement votre revenu imposable réel. Bien faire les choses n’est pas seulement obligatoire — c’est souvent avantageux.
La distinction cruciale : transport vs livraison
Voici la règle la plus importante de cet article — et celle que beaucoup de nouveaux chauffeurs et livreurs ignorent. Les obligations de taxes diffèrent radicalement selon le type de service.
| Type de service | Exemples | Inscription TPS/TVQ |
|---|---|---|
| Transport de personnes | Uber, Lyft (covoiturage) | Obligatoire dès le 1er dollar — le seuil de 30 000 $ ne s’applique PAS |
| Livraison | DoorDash, Uber Eats, Skip the Dishes | Seuil normal de 30 000 $ (comme tout travailleur autonome) |
Pourquoi cette différence ? La loi prévoit une règle spéciale pour le transport commercial de passagers : tous les fournisseurs de ce service doivent s’inscrire aux taxes, peu importe leur revenu. Cette règle visait historiquement les taxis, et elle s’applique aux chauffeurs de covoiturage (Uber, Lyft). Les tribunaux ont confirmé à plusieurs reprises que l’inscription à la TPS/TVQ est obligatoire pour tous les chauffeurs de transport de personnes dès le premier dollar gagné.
Pour le transport de personnes (Uber, Lyft) :
- Vous devez vous inscrire aux fichiers de la TPS et de la TVQ avant de commencer à conduire
- Vous devez fournir vos numéros de taxes à la plateforme
- Cette obligation s’applique même si vous gagnez seulement quelques centaines de dollars
Pour la livraison (DoorDash, Uber Eats, Skip) :
- Vous suivez la règle normale : inscription obligatoire seulement si vos revenus dépassent 30 000 $ sur quatre trimestres consécutifs
- Sous ce seuil, vous êtes un « petit fournisseur » sans obligation de percevoir les taxes (mais vous devez quand même déclarer vos revenus à l’impôt)
Le cas mixte. Si vous faites à la fois du transport de personnes et de la livraison (par exemple, Uber et Uber Eats), l’obligation d’inscription aux taxes liée au transport de personnes s’applique — donc vous serez inscrit. Une fois inscrit, vous percevez les taxes sur l’ensemble de vos activités commerciales taxables. Vérifiez votre situation précise avec Revenu Québec ou un comptable.
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Comment fonctionne la TPS/TVQ avec les plateformes
Au Québec, la gestion de la TPS/TVQ pour les chauffeurs de covoiturage est facilitée par des ententes spéciales — mais avec des nuances importantes.
Le mécanisme du « répondant sous entente » (RSE). En vertu d’ententes conclues avec Revenu Québec, les plateformes comme Uber et Lyft (les « répondants sous entente ») doivent percevoir la TPS et la TVQ sur vos courses et les remettre en votre nom à Revenu Québec. Concrètement, la plateforme s’occupe de la remise des taxes pour vous.
Mais vous devez quand même produire votre déclaration de taxes. Attention à ce point crucial : même si la plateforme remet les taxes en votre nom, vous avez l’obligation de produire votre propre déclaration de TPS/TVQ (généralement annuelle). Selon votre situation, vous pourriez même devoir verser des sommes additionnelles lors de cette déclaration.
La méthode rapide pour les chauffeurs. Revenu Québec prévoit que les chauffeurs de covoiturage utilisent généralement la méthode rapide de comptabilité. Dans ce cadre :
- La plateforme perçoit les taxes sur vos courses aux taux normaux (5 % TPS + 9,975 % TVQ, inclus dans le prix payé par le passager)
- La plateforme remet à Revenu Québec une portion calculée à des taux réduits prévus dans l’entente (environ 2,73 % pour la TPS et 6,16 % pour la TVQ)
- Vous recevez chaque semaine un crédit de TPS/TVQ (représentant environ 6 % du prix des courses) qu’Uber vous remet
- Important : avec la méthode rapide, vous ne pouvez généralement pas réclamer de crédits de taxe sur les intrants (CTI/RTI) sur vos dépenses
L’arbitrage méthode rapide vs méthode régulière. La méthode rapide est simple et vous permet de conserver une partie des taxes (l’écart entre les taux normaux perçus et les taux réduits remis). Mais elle vous empêche de récupérer la TPS/TVQ sur vos grosses dépenses (véhicule, essence). Si vous avez d’importantes dépenses taxables, la méthode régulière (avec CTI/RTI) pourrait être plus avantageuse. Un comptable peut comparer les deux pour votre situation.
Conservez votre récapitulatif fiscal de la plateforme. Uber et les autres plateformes fournissent un récapitulatif fiscal annuel (disponible dans votre profil chauffeur) qui détaille vos revenus, les taxes perçues, et les montants remis. C’est un document essentiel pour produire vos déclarations. Téléchargez-le et conservez-le.
Quels revenus déclarer
Tous les revenus que vous tirez de votre activité de plateforme sont imposables. Cela va au-delà des simples tarifs de course.
| Type de revenu | Imposable ? |
|---|---|
| Tarifs des courses / livraisons | Oui |
| Pourboires | Oui — entièrement imposables |
| Primes et incitatifs de la plateforme | Oui |
| Bonus de parrainage | Oui |
| Promotions et défis (« quêtes ») | Oui |
Les pourboires sont imposables. Une erreur fréquente : croire que les pourboires sont « à part » et non imposables. C’est faux. Les pourboires reçus dans le cadre de votre activité de plateforme sont des revenus d’entreprise pleinement imposables, qu’ils soient versés via l’application ou en argent comptant.
Exemple concret. Voici comment un livreur type pourrait additionner ses revenus pour une année :
| Source de revenu | Montant |
|---|---|
| Tarifs de livraison | 50 000 $ |
| Pourboires | 3 500 $ |
| Primes et incitatifs | 10 000 $ |
| Revenu brut total à déclarer | 63 500 $ |
Ce revenu brut sera ensuite réduit par vos dépenses déductibles (section 5) pour déterminer votre revenu net imposable — c’est sur ce montant net que vous payez l’impôt et les cotisations sociales.
Où déclarer. Au Québec, vous remplissez le formulaire TP-80 (Revenus et dépenses d’entreprise ou de profession) joint à votre déclaration TP-1; au fédéral, le formulaire T2125. Vous y inscrivez vos revenus bruts et vos dépenses, et le formulaire calcule votre revenu net d’entreprise.
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Les dépenses déductibles et le journal de kilométrage
C’est ici que vous pouvez réduire considérablement votre revenu imposable. En tant que travailleur autonome, vous déduisez les dépenses engagées pour gagner votre revenu — mais avec des règles strictes, surtout pour le véhicule.
Les dépenses de véhicule déductibles (au prorata de l’usage professionnel) :
- Essence et carburant
- Assurance automobile
- Entretien et réparations
- Paiements de location ou intérêts sur le prêt auto
- Amortissement du véhicule (déduction pour amortissement / DPA)
- Immatriculation et permis
- Stationnement et péages (liés au travail)
- Lavages de voiture
- Pneus d’hiver
Les autres dépenses déductibles :
- Forfait de téléphone cellulaire (portion professionnelle)
- Accessoires liés au travail (support à téléphone, sac de livraison isotherme, etc.)
- Frais de la plateforme et commissions (si applicable)
- Frais de comptable
La règle du prorata — fondamentale. Vous ne pouvez déduire les dépenses de véhicule que proportionnellement à votre usage professionnel. Si vous utilisez votre voiture à 70 % pour le travail et 30 % pour des fins personnelles, vous ne pouvez déduire que 70 % de vos frais de véhicule.
Le calcul du pourcentage (exemple de Revenu Québec) :
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Kilomètres parcourus pour l’entreprise | 21 000 km |
| Kilométrage total de l’année | 30 000 km |
| Pourcentage d’usage professionnel | 21 000 ÷ 30 000 = 70 % |
Avec ce pourcentage de 70 %, vous multipliez chacune de vos dépenses de véhicule par 70 % pour obtenir la portion déductible.
Le journal de kilométrage — OBLIGATOIRE et critique. Pour justifier votre pourcentage d’usage professionnel, vous devez tenir un journal de kilométrage précis. Ce journal doit documenter vos déplacements professionnels (date, distance, but). Les tribunaux ont refusé à de nombreuses reprises des déductions à des chauffeurs qui :
- Ne tenaient aucun journal de kilométrage
- Mélangeaient usage personnel et professionnel sans distinction claire
- Réclamaient un kilométrage irréaliste ou non documenté
Sans journal rigoureux, vos déductions de véhicule peuvent être entièrement refusées lors d’une vérification — vous laissant avec une facture d’impôt beaucoup plus élevée. Utilisez une application de suivi de kilométrage ou un carnet, et soyez constant. C’est l’une des disciplines les plus importantes pour un chauffeur ou livreur.
Le réflexe vital : dès votre première course ou livraison, commencez à tenir un journal de kilométrage et à conserver tous vos reçus (essence, réparations, assurance, etc.). Plusieurs applications gratuites enregistrent automatiquement vos trajets professionnels via le GPS. Ce n’est pas de la paperasse optionnelle : c’est ce qui vous permet de déduire légitimement des milliers de dollars de dépenses, et ce qui vous protège en cas de vérification. Un chauffeur qui déduit correctement ses frais de véhicule peut voir son revenu imposable réduit de façon substantielle — mais seulement s’il peut le prouver. La documentation, c’est de l’argent.
Provisionner pour l’impôt et les cotisations
Comme tout travailleur autonome, vous devez mettre de l’argent de côté pour l’impôt et les cotisations sociales, puisque rien n’est retenu à la source.
Ce que vous devez provisionner :
- L’impôt sur le revenu (fédéral + provincial) sur votre revenu net d’entreprise
- Les cotisations sociales (RRQ + RQAP) — environ 14 % du revenu net, car vous payez les deux parts
Le pourcentage à mettre de côté. Selon votre niveau de revenu, prévoyez de mettre de côté environ 25 à 35 % de votre revenu net (après dépenses) pour couvrir l’impôt et les cotisations. Versez ce montant dans un compte distinct dès chaque rentrée. Notre article sur se verser un revenu fixe avec un budget irrégulier détaille cette méthode, parfaitement adaptée aux revenus de plateforme variables.
Les acomptes provisionnels. Si votre impôt net dépasse 1 800 $ (Québec) pour l’année en cours et une année précédente, vous devrez verser des acomptes provisionnels trimestriels. Provisionner systématiquement vous permet de les payer sans stress.
Pensez à votre protection. Comme travailleur de plateforme, vous n’avez ni assurance collective, ni régime de retraite d’employeur, ni indemnisation automatique en cas d’accident. Considérez : une assurance auto commerciale adaptée (votre assurance personnelle peut ne pas couvrir l’usage commercial), une assurance invalidité, un fonds d’urgence, et de l’épargne-retraite via REER ou CELI.
Important : l’assurance automobile. Vérifiez que votre police d’assurance auto couvre l’usage commercial (transport de personnes ou livraison). Une police personnelle standard peut ne pas couvrir un accident survenu pendant que vous travaillez pour une plateforme — vous laissant exposé à un risque financier majeur. Informez votre assureur de votre activité.
Les erreurs à éviter
Erreur 1 — Ne pas s’inscrire à la TPS/TVQ pour le transport de personnes. Pour Uber, Lyft et tout transport de passagers, l’inscription est obligatoire dès le premier dollar — pas à 30 000 $. Conduire sans être inscrit vous met en infraction et peut entraîner des taxes à remettre de votre poche. Inscrivez-vous avant de commencer.
Erreur 2 — Croire que les revenus de plateforme ne sont pas imposables. Tous vos revenus (tarifs, pourboires, primes) sont imposables et doivent être déclarés. Les plateformes transmettent des données au fisc. Un revenu non déclaré peut entraîner cotisations rétroactives, intérêts et pénalités.
Erreur 3 — Ne pas tenir de journal de kilométrage. Sans journal précis, vos déductions de véhicule peuvent être entièrement refusées lors d’une vérification. Les tribunaux ont confirmé ce principe à maintes reprises. Tenez un journal dès la première course — c’est ce qui justifie vos déductions.
Erreur 4 — Oublier que la plateforme remet les taxes mais que vous devez déclarer. Au Québec, Uber remet la TPS/TVQ en votre nom, mais vous devez quand même produire votre propre déclaration de taxes. Ne pas le faire est une erreur fréquente qui peut entraîner des pénalités.
Erreur 5 — Déduire 100 % des frais de véhicule. Vous ne pouvez déduire que la portion professionnelle (au prorata du kilométrage). Déduire la totalité, alors que vous utilisez aussi la voiture personnellement, est une erreur qui sera corrigée (avec pénalités) lors d’une vérification.
Erreur 6 — Ne pas provisionner pour l’impôt et les cotisations. Rien n’est retenu à la source. Sans provision (25-35 % du revenu net dans un compte distinct), la facture fiscale tombe d’un coup. Provisionnez dès chaque paiement reçu.
Erreur 7 — Négliger l’assurance automobile commerciale. Une police personnelle standard peut ne pas couvrir un accident survenu pendant le travail de plateforme. Informez votre assureur de votre activité et assurez-vous d’avoir une couverture adaptée, sous peine d’exposition financière majeure en cas d’accident.
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Questions fréquentes
Dois-je m’inscrire à la TPS/TVQ pour conduire avec Uber ?
Oui, obligatoirement, dès le premier dollar gagné. Pour le transport de personnes (Uber, Lyft), le seuil habituel de 30 000 $ ne s’applique pas — l’inscription aux fichiers de la TPS et de la TVQ est obligatoire pour tous les chauffeurs de covoiturage, peu importe le revenu. Vous devez vous inscrire et fournir vos numéros de taxes à la plateforme avant de commencer à conduire.
Est-ce pareil pour la livraison (DoorDash, Uber Eats) ?
Non. Pour la livraison de repas ou de colis, c’est le seuil normal de 30 000 $ qui s’applique, comme pour tout travailleur autonome. Sous ce seuil, vous êtes un « petit fournisseur » sans obligation de percevoir les taxes (mais vous devez quand même déclarer vos revenus à l’impôt). Au-dessus de 30 000 $ sur quatre trimestres consécutifs, l’inscription devient obligatoire. C’est la grande différence avec le transport de personnes.
Les pourboires sont-ils imposables ?
Oui, entièrement. Les pourboires reçus dans le cadre de votre activité de plateforme sont des revenus d’entreprise imposables, qu’ils soient versés via l’application ou en argent comptant. De même, les primes, incitatifs, bonus de parrainage et promotions sont tous imposables. Vous devez déclarer l’ensemble de ces revenus.
Quelles dépenses puis-je déduire comme chauffeur ou livreur ?
Vous pouvez déduire, au prorata de votre usage professionnel : essence, assurance, entretien et réparations, paiements de location ou intérêts du prêt auto, amortissement, stationnement, péages, lavages, pneus d’hiver, et la portion professionnelle de votre cellulaire. Le tout doit être calculé selon votre pourcentage d’usage professionnel (kilomètres d’affaires ÷ kilométrage total), justifié par un journal de kilométrage rigoureux.
Pourquoi dois-je tenir un journal de kilométrage ?
Parce que c’est ce qui justifie vos déductions de véhicule. Vous ne pouvez déduire que la portion professionnelle de vos frais, calculée à partir de vos kilomètres d’affaires par rapport à votre kilométrage total. Sans journal précis, les tribunaux et le fisc peuvent refuser entièrement vos déductions lors d’une vérification — c’est arrivé à de nombreux chauffeurs. Tenez un journal dès le départ (plusieurs applications le font automatiquement par GPS).
Si Uber remet mes taxes, dois-je quand même produire une déclaration ?
Oui. Au Québec, Uber et les autres plateformes de covoiturage perçoivent et remettent la TPS/TVQ en votre nom à Revenu Québec, mais vous avez quand même l’obligation de produire votre propre déclaration de TPS/TVQ (généralement annuelle). Selon votre situation, vous pourriez devoir verser des sommes additionnelles lors de cette déclaration. Utilisez votre récapitulatif fiscal annuel fourni par la plateforme.
Mon assurance auto personnelle me couvre-t-elle pendant que je travaille ?
Pas nécessairement. Une police d’assurance auto personnelle standard peut ne pas couvrir un accident survenu pendant que vous transportez des passagers ou livrez pour une plateforme. Informez votre assureur de votre activité et vérifiez que vous avez une couverture adaptée à l’usage commercial. Sans cela, vous pourriez être exposé à un risque financier majeur en cas d’accident pendant le travail. C’est un point à régler avant de commencer.
Sources officielles
- Chauffeur lié à un répondant sous entente (RSE) — Revenu Québec
- L’économie numérique — Revenu Québec
- TPS/TVH pour les entreprises — ARC
- L’économie des plateformes — ARC
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil fiscal ou comptable personnalisé. Les règles de TPS/TVQ, de déclaration et de déductions pour les revenus de plateforme comportent des nuances selon le type de service et votre situation. Pour vos premières démarches et déclarations, consultez Revenu Québec, l’ARC, ou un comptable spécialisé. Pour en savoir plus sur notre démarche, consultez notre méthodologie éditoriale.

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