Le CPG au Canada : fonctionnement, types et quand l’utiliser

Un CPG (certificat de placement garanti) est un placement où votre capital est entièrement garanti — vous prêtez une somme à une institution financière pour une durée déterminée (de 30 jours à 10 ans), et elle s’engage à vous rembourser intégralement votre dépôt à l’échéance, plus des intérêts à un taux convenu d’avance. C’est l’un des placements les plus sûrs qui existe au Canada : votre capital ne peut pas baisser, et les dépôts sont protégés par la SADC (ou l’AMF au Québec) jusqu’à 100 000 $ par catégorie. En contrepartie de cette sécurité, le rendement est modeste — un CPG ne vous rendra pas riche, mais il ne vous fera jamais perdre votre capital. Les CPG sont idéaux pour l’argent que vous ne pouvez pas vous permettre de risquer : une mise de fonds à venir, un projet dans 1-3 ans, ou la portion sécuritaire d’un portefeuille de retraité. Ce guide vous explique les types de CPG, comment ils fonctionnent, leur fiscalité, et quand ils ont leur place dans votre stratégie.

Le CPG est l’un des produits financiers les plus anciens et les plus simples qui soient — et c’est précisément sa force. Dans un monde de placements complexes, le CPG offre une proposition limpide : vous savez exactement combien vous aurez, et quand. Pas de surprise, pas de volatilité, pas de stress.

Mais cette simplicité a un revers : le CPG n’est pas toujours le bon outil. Pour de l’argent à long terme, ses rendements modestes peuvent vous faire passer à côté de la croissance qu’offrirait un portefeuille investi. Ce guide vous aide à comprendre quand le CPG est le bon choix — et quand il ne l’est pas.

Sommaire

Comment fonctionne un CPG

Souscrire un CPG, c’est essentiellement prêter de l’argent à une institution financière. En échange, l’institution s’engage à deux choses : vous rembourser la totalité de votre capital à la fin de la durée (le « terme »), et vous verser des intérêts à un taux fixé à l’avance.

Les éléments d’un CPG :

  • Le capital — le montant que vous déposez (souvent à partir de 500 $)
  • Le terme — la durée du placement (de 30 jours à 10 ans)
  • Le taux d’intérêt — fixé d’avance; généralement, plus le terme est long, plus le taux est élevé
  • La fréquence de versement des intérêts — mensuelle, semestrielle, annuelle, ou à l’échéance
  • Le type d’intérêt — simple ou composé (pour les termes de 2 ans et plus, vous pouvez souvent choisir)

Intérêt simple vs composé : avec l’intérêt simple, les intérêts sont calculés uniquement sur le capital initial. Avec l’intérêt composé, les intérêts gagnés sont réinvestis et génèrent à leur tour des intérêts. Pour un CPG de plusieurs années où vous n’avez pas besoin de revenus réguliers, l’intérêt composé donne un meilleur rendement total.

La garantie, c’est la clé. Ce qui distingue le CPG de presque tous les autres placements, c’est que votre capital ne peut pas diminuer. Avec un FNB ou une action, la valeur peut baisser. Avec un CPG, vous savez avec certitude que vous récupérerez au minimum votre dépôt initial — et le taux d’intérêt est connu dès le départ. Cette certitude absolue est exactement ce que recherche quelqu’un qui ne peut pas se permettre la moindre perte.

La protection des dépôts. En plus de la garantie de l’institution, vos CPG sont protégés par un régime d’assurance-dépôts : la SADC (Société d’assurance-dépôts du Canada) pour les banques sous réglementation fédérale, ou l’AMF pour les institutions québécoises comme Desjardins. La protection couvre jusqu’à 100 000 $ par catégorie de compte. Même si l’institution faisait faillite, votre CPG serait protégé. Consultez notre article sur la sécurité des institutions financières.

Les types de CPG

Type de CPG Caractéristique Taux d’intérêt Idéal pour
CPG non rachetable (à échéance fixe) L’argent est bloqué jusqu’à l’échéance — pas de retrait anticipé possible Le plus élevé De l’argent dont vous êtes certain de ne pas avoir besoin avant l’échéance
CPG rachetable / encaissable Vous pouvez retirer votre argent avant l’échéance (parfois après un délai minimum, parfois avec une indemnité) Plus bas que le non rachetable De l’argent dont vous pourriez avoir besoin de façon imprévue — flexibilité
CPG lié au marché (indiciel) Capital garanti, mais le rendement dépend de la performance d’un indice boursier Variable — peut être 0 % si le marché baisse, plafonné si le marché monte Ceux qui veulent un potentiel de croissance sans risque de perte du capital — mais le rendement est souvent plafonné
CPG en devises étrangères Libellé en devise étrangère (souvent USD) Selon les taux de la devise Ceux qui ont des besoins en devises étrangères ou veulent diversifier

Le CPG non rachetable offre le meilleur taux parce que vous renoncez à la flexibilité — l’institution sait qu’elle peut compter sur votre argent pour toute la durée. C’est le bon choix si vous êtes certain de ne pas avoir besoin de l’argent.

Le CPG rachetable vous laisse récupérer votre argent en cas d’imprévu, mais à un taux d’intérêt plus bas. C’est un compromis : vous payez la flexibilité par un rendement moindre.

Le CPG lié au marché est plus complexe. Votre capital est garanti, mais le rendement est lié à un indice boursier — avec souvent un plafond (vous ne touchez qu’une partie de la hausse du marché) et un plancher (si le marché baisse, votre rendement peut être de 0 %, mais vous ne perdez pas le capital). Les CPG liés au marché semblent attrayants, mais leurs rendements réels déçoivent souvent à cause des plafonds — analysez bien les conditions avant d’en souscrire un.

La fiscalité des CPG

Les intérêts générés par un CPG sont des revenus d’intérêts — le type de revenu de placement le moins avantageux fiscalement. Ils sont imposés à 100 % à votre taux marginal, comme un salaire.

La règle à connaître absolument : dans un compte non enregistré, vous devez déclarer les intérêts d’un CPG dans l’année où ils sont gagnés — même si vous ne les recevez qu’à l’échéance. C’est le piège du CPG composé pluriannuel : un CPG de 5 ans à intérêt composé ne vous verse l’argent qu’à la fin, mais vous payez de l’impôt sur les intérêts chaque année. Vous pourriez donc devoir de l’impôt sur de l’argent que vous n’avez pas encore touché.

Vous recevez un feuillet T5 (Relevé 3 au Québec) chaque année indiquant les intérêts gagnés. Pour les détails de la déclaration, consultez notre article sur comment déclarer les revenus de placement.

La solution : détenir vos CPG dans un compte enregistré. Si vous placez un CPG dans un CELI, les intérêts sont 100 % à l’abri de l’impôt — vous ne payez rien, jamais, et il n’y a aucun problème de « payer l’impôt avant de recevoir l’argent ». Dans un REER, l’impôt est reporté jusqu’au retrait. Puisque les intérêts sont le type de revenu le plus lourdement imposé, un CPG profite énormément de l’abri fiscal d’un compte enregistré.

CPG vs autres placements : quand le choisir

Objectif CPG est-il le bon choix ? Pourquoi
Fonds d’urgence Partiellement Un fonds d’urgence doit rester accessible immédiatement. Un compte d’épargne à intérêt élevé ou un CPG rachetable convient mieux qu’un CPG non rachetable bloqué
Mise de fonds prévue dans 1-3 ans Excellent choix Vous ne pouvez pas risquer cet argent en bourse. Un CPG non rachetable dont le terme correspond à votre échéance garantit le capital et le rendement
Projet dans 6 mois (voyage, achat) Bon choix Un CPG court terme (90-180 jours) ou un compte d’épargne à intérêt élevé protège l’argent
Épargne-retraite à 20-30 ans d’horizon Mauvais choix Sur un long horizon, le rendement modeste du CPG est largement battu par un portefeuille diversifié. Vous passez à côté de décennies de croissance composée
Portion sécuritaire d’un portefeuille de retraité Bon choix Pour un retraité qui décaisse, une portion en CPG (échelonnés) procure une stabilité et des liquidités prévisibles
Personne très averse au risque, quel que soit l’horizon Acceptable, avec réserve Le CPG élimine le risque de perte, mais expose au « risque d’inflation » — un rendement qui ne suit pas le coût de la vie érode le pouvoir d’achat

Le grand arbitrage : le CPG élimine le risque de marché (votre capital ne baisse pas) — mais il vous expose au risque d’inflation. Si votre CPG rapporte 3,5 % et que l’inflation est de 3 %, votre gain réel n’est que de 0,5 %. Sur le long terme, un rendement qui suit à peine l’inflation fait stagner votre pouvoir d’achat. C’est pourquoi le CPG est excellent pour le court et moyen terme, mais rarement optimal pour les objectifs à très long terme — où un portefeuille de FNB indiciels a historiquement bien mieux performé.

Les stratégies pour optimiser vos CPG

Stratégie 1 — L’échelonnement (CPG en escalier). Au lieu de placer 25 000 $ dans un seul CPG de 5 ans, divisez-le en cinq CPG de 5 000 $ avec des échéances de 1, 2, 3, 4 et 5 ans. Chaque année, un CPG arrive à échéance — vous avez accès à des liquidités régulièrement, et vous pouvez réinvestir au taux du moment. L’échelonnement combine le meilleur des deux mondes : les taux plus élevés des termes longs et une certaine liquidité.

Stratégie 2 — Faites correspondre le terme à votre objectif. Si vous achetez une maison dans 2 ans, un CPG non rachetable de 2 ans est parfait — l’argent est protégé et disponible exactement quand vous en aurez besoin. Ne placez jamais dans un CPG de 5 ans de l’argent dont vous aurez besoin dans 2 ans.

Stratégie 3 — Détenez vos CPG dans un compte enregistré. Puisque les intérêts sont imposés à 100 %, un CPG profite énormément de l’abri fiscal. Priorisez vos CPG dans le CELI ou le REER plutôt que dans un compte non enregistré.

Stratégie 4 — Magasinez les taux. Les taux de CPG varient d’une institution à l’autre — parfois de façon significative. Les banques en ligne et certaines institutions plus petites offrent souvent des taux plus élevés que les grandes banques. Comparez avant de souscrire — sur un placement de 20 000 $, un écart de 0,5 % représente 100 $/an.

Stratégie 5 — Bloquez un bon taux à l’avance. Plusieurs institutions permettent de « réserver » un taux jusqu’à 30 jours avant l’échéance d’un CPG existant. Vous obtenez alors le meilleur taux entre celui du jour de la réservation et celui en vigueur au renouvellement — une protection contre une baisse des taux.

Stratégie 6 — Méfiez-vous des CPG liés au marché « vendus » comme le meilleur des deux mondes. Les CPG liés au marché sont présentés comme « la sécurité d’un CPG + le potentiel de la bourse ». En réalité, leurs plafonds limitent souvent fortement le rendement. Lisez attentivement les conditions — un CPG ordinaire à taux fixe est souvent plus prévisible et parfois plus rentable.

Les erreurs à éviter

Erreur 1 — Bloquer dans un CPG long terme de l’argent dont on aura besoin bientôt. Un CPG non rachetable est inaccessible jusqu’à l’échéance. Si vous y placez de l’argent et qu’une urgence survient, vous ne pourrez pas y toucher (ou subirez une pénalité). Faites toujours correspondre le terme du CPG à votre horizon réel.

Erreur 2 — Utiliser des CPG pour son épargne-retraite à 25 ans. À 25 ans, vous avez 40 ans devant vous. Placer cet argent dans des CPG à 3-4 % au lieu de l’investir dans un portefeuille diversifié vous fait passer à côté de centaines de milliers de dollars de croissance composée. Le CPG n’est pas un outil d’accumulation à long terme. Consultez notre article sur la puissance des intérêts composés.

Erreur 3 — Détenir un CPG composé pluriannuel dans un compte non enregistré. Vous paierez de l’impôt chaque année sur des intérêts que vous ne recevrez qu’à l’échéance. Si vous voulez un CPG composé long terme, mettez-le dans un CELI ou un REER pour éviter ce problème.

Erreur 4 — Ne pas magasiner les taux. Beaucoup de gens renouvellent automatiquement leur CPG dans la même institution sans vérifier ailleurs. Les écarts de taux entre institutions peuvent être significatifs. Quelques minutes de comparaison peuvent rapporter des centaines de dollars.

Erreur 5 — Laisser un CPG se renouveler automatiquement sans réfléchir. À l’échéance, plusieurs institutions renouvellent automatiquement le CPG — souvent à un terme et un taux qui ne sont pas optimaux pour vous. Soyez attentif à la date d’échéance et décidez activement de ce que vous faites de l’argent.

Erreur 6 — Surévaluer la « sécurité » au point d’oublier l’inflation. Le CPG protège contre le risque de marché, mais pas contre l’inflation. Un CPG à 3 % avec une inflation à 3 % vous donne un rendement réel nul. Pour de l’argent à très long terme, ce « risque d’inflation » peut être plus dommageable que la volatilité d’un portefeuille investi.

Erreur 7 — Mettre tout son argent dans un seul gros CPG. Au-delà de 100 000 $ dans une même institution et une même catégorie, le montant excédentaire n’est plus couvert par la SADC ou l’AMF. Si vous avez de gros montants en CPG, répartissez-les entre institutions ou catégories pour rester sous le plafond de protection. Consultez notre article sur la sécurité des institutions financières.

Questions fréquentes

Mon argent est-il vraiment garanti dans un CPG ?

Oui. Le capital d’un CPG est garanti par l’institution émettrice — il ne peut pas baisser. De plus, les dépôts sont protégés par la SADC (banques fédérales) ou l’AMF (institutions du Québec) jusqu’à 100 000 $ par catégorie de compte, même en cas de faillite de l’institution. C’est l’un des placements les plus sûrs qui soient. (Note : pour les CPG liés au marché, c’est le capital qui est garanti, pas le rendement.)

Puis-je récupérer mon argent avant l’échéance ?

Cela dépend du type de CPG. Un CPG rachetable ou encaissable permet le retrait anticipé (parfois après un délai minimum, parfois avec une indemnité ou une perte d’intérêts). Un CPG non rachetable bloque votre argent jusqu’à l’échéance — aucun retrait possible. Choisissez le type selon votre besoin de flexibilité.

Quel terme de CPG choisir ?

Faites correspondre le terme à votre objectif. Si vous avez besoin de l’argent dans 18 mois, choisissez un terme de 18 mois (ou moins). Les termes plus longs offrent généralement des taux plus élevés, mais ne bloquez jamais de l’argent au-delà du moment où vous en aurez besoin. L’échelonnement (plusieurs CPG d’échéances différentes) est une bonne stratégie si vous hésitez.

Les CPG sont-ils un bon placement en 2026 ?

Les CPG sont un bon placement pour le bon objectif : argent à court ou moyen terme que vous ne pouvez pas risquer (mise de fonds, projet à venir, portion sécuritaire d’un portefeuille). Ils sont rarement le bon choix pour de l’épargne à très long terme, où un portefeuille diversifié a historiquement offert de bien meilleurs rendements. Le CPG n’est ni « bon » ni « mauvais » — il est adapté ou non selon votre situation.

Dois-je payer de l’impôt sur mon CPG chaque année ?

Dans un compte non enregistré, oui — les intérêts gagnés sont imposables chaque année, même pour un CPG composé qui ne verse l’argent qu’à l’échéance. Dans un CELI, les intérêts ne sont jamais imposables. Dans un REER, l’impôt est reporté jusqu’au retrait. Pour éviter de payer de l’impôt sur des intérêts non encore reçus, détenez vos CPG dans un compte enregistré.

Un CPG lié au marché, est-ce intéressant ?

Les CPG liés au marché garantissent votre capital tout en offrant un rendement lié à un indice boursier — mais ce rendement est généralement plafonné (vous ne captez qu’une partie de la hausse du marché). En pratique, leurs rendements réels déçoivent souvent. Si vous voulez la sécurité, un CPG ordinaire est plus prévisible. Si vous voulez le potentiel de la bourse, un portefeuille de FNB sur un horizon assez long est généralement plus efficace. Le CPG lié au marché tombe entre deux chaises — analysez bien les conditions avant d’en souscrire.

Quelle est la différence entre un CPG et un compte d’épargne à intérêt élevé ?

Un compte d’épargne à intérêt élevé offre un accès immédiat à votre argent et un taux variable (qui peut changer à tout moment). Un CPG bloque votre argent pour un terme défini en échange d’un taux fixe garanti pour toute la durée. Le CPG offre la certitude du taux; le compte d’épargne offre la liquidité. Pour un fonds d’urgence, le compte d’épargne est mieux. Pour de l’argent dont vous n’aurez pas besoin avant une date précise, le CPG peut offrir un meilleur taux.

Sources officielles


Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil en placement personnalisé. Les taux, types et conditions de CPG varient selon les institutions et peuvent changer en tout temps. Le choix du bon placement dépend de votre horizon, de votre tolérance au risque et de vos objectifs. Pour en savoir plus sur notre démarche, consultez notre méthodologie éditoriale.