L’assurance locataire au Québec n’est pas légalement obligatoire, mais elle est presque toujours exigée dans le bail par les propriétaires et fortement recommandée par tous les organismes officiels. Elle coûte entre 15 $ et 35 $ par mois (180 $ à 420 $/an) en moyenne en 2026, et couvre trois éléments essentiels : vos biens personnels, votre responsabilité civile (généralement 1 à 2 millions de dollars), et vos frais de subsistance si votre logement devient inhabitable. Sans cette assurance, vous êtes personnellement responsable de tous les dommages que vous pourriez causer à votre logement ou à ceux des voisins.
Si vous êtes locataire au Québec et que vous n’avez pas d’assurance, vous prenez un risque financier énorme — souvent sans même en être conscient. Le mythe le plus répandu chez les locataires québécois est que « l’assurance du propriétaire couvre tout ». C’est faux, et cette erreur peut mener à des conséquences catastrophiques : un seul incendie accidentel dans votre cuisine peut causer plusieurs centaines de milliers de dollars de dommages, et sans assurance, c’est vous qui êtes personnellement responsable.
La bonne nouvelle : l’assurance locataire est l’un des produits financiers les plus accessibles qui soient. Pour environ le prix d’un café de spécialité par semaine, vous obtenez une protection complète qui peut littéralement vous éviter la faillite personnelle en cas de sinistre. Encore faut-il comprendre ce qu’elle couvre, comment la choisir, et comment ne pas se faire avoir sur les exclusions.
Ce guide vous explique tout ce que vous devez savoir sur l’assurance locataire au Québec : pourquoi elle est essentielle même si elle n’est pas légalement obligatoire, ce qu’elle couvre vraiment (et ce qu’elle ne couvre pas), combien elle coûte, comment la choisir, et comment économiser sur votre prime. Toutes les informations sont vérifiées auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF), de la Chambre de l’assurance de dommages (ChAD), et du Bureau d’assurance du Canada (BAC).
Sommaire
- Le mythe de l’assurance du propriétaire (et pourquoi vous avez vraiment besoin d’être assuré)
- L’assurance locataire est-elle obligatoire au Québec ?
- Les 3 volets de l’assurance locataire
- Ce qui est couvert et ce qui ne l’est pas
- Combien coûte l’assurance locataire au Québec en 2026
- Comment choisir votre assurance locataire
- Comment économiser sur votre prime
- Les erreurs les plus fréquentes à éviter
- Questions fréquentes
Le mythe de l’assurance du propriétaire (et pourquoi vous avez vraiment besoin d’être assuré)
Commençons par le mythe le plus dangereux et le plus répandu : « Mon propriétaire est assuré, donc je n’ai pas besoin d’assurance moi-même. »
Cette croyance est complètement fausse. L’assurance habitation de votre propriétaire couvre uniquement le bâtiment — la structure, le toit, les fondations, les murs, la plomberie, l’électricité. Elle ne couvre strictement rien qui se trouve à l’intérieur de votre logement et qui vous appartient.
Concrètement, voici ce qui n’est PAS couvert par l’assurance de votre propriétaire :
- Vos meubles, vos appareils électroménagers personnels, vos électroniques
- Vos vêtements, vos bijoux, vos objets de valeur
- Votre vaisselle, votre matériel de cuisine, vos décorations
- Vos livres, instruments de musique, équipements sportifs
- Tout ce que vous avez accumulé dans votre logement
Mais c’est encore pire. L’assurance du propriétaire ne couvre pas non plus votre responsabilité civile. Si vous causez accidentellement un dégât d’eau qui inonde l’appartement du voisin, ou un incendie qui se propage à tout l’immeuble, votre propriétaire et son assureur peuvent vous poursuivre personnellement pour récupérer les dommages — et les montants peuvent atteindre des centaines de milliers, voire des millions de dollars.
Comme l’explique très clairement la Chambre de l’assurance de dommages : « En vertu du Code civil du Québec, tout citoyen a l’obligation légale de ne pas nuire aux autres. Si, toutefois, par négligence, vous causez des dommages corporels, matériels ou moraux à quelqu’un, votre assurance en responsabilité civile peut alors vous protéger. »
Exemple concret rapporté par la ChAD : « En faisant la cuisine, un locataire habitant un immeuble résidentiel de 12 unités accroche accidentellement une bouteille d’huile d’olive. La bouteille se renverse sur le poêle allumé et déclenche un incendie qui atteint le logement de son voisin immédiat. La police d’assurance habitation souscrite par le locataire couvre les dommages causés aux deux logements. » Sans cette assurance, ce locataire aurait été personnellement responsable de potentiellement des dizaines de milliers de dollars de dommages.
Pour comprendre l’assurance habitation au Québec dans son ensemble (propriétaires, copropriétaires, locataires), consultez notre guide complet sur l’assurance habitation au Québec.
L’assurance locataire est-elle obligatoire au Québec ?
La réponse courte : non légalement, mais presque toujours en pratique.
Sur le plan légal. Aucune loi québécoise n’oblige les locataires à détenir une assurance habitation. Comme le confirme l’AMF, c’est un produit recommandé mais pas obligatoire au sens strict.
Sur le plan contractuel. La grande majorité des propriétaires québécois inscrivent maintenant l’obligation d’assurance dans le bail. C’est devenu une clause standard dans les baux résidentiels, particulièrement dans les nouveaux immeubles et les grandes sociétés immobilières. Si votre bail contient cette clause, l’assurance devient obligatoire pour vous, et le non-respect peut entraîner :
- Une mise en demeure de votre propriétaire
- Une demande de résiliation du bail au Tribunal administratif du logement
- Des poursuites en cas de sinistre causé par votre négligence
Pourquoi le propriétaire l’exige. Le propriétaire ne se soucie pas vraiment de protéger vos biens — il vous protège contre vous-même. Si vous causez un sinistre dans le bâtiment et que vous n’êtes pas assuré, le propriétaire et son assureur n’auront aucun moyen de récupérer leurs pertes auprès de vous (vous n’aurez probablement pas les moyens de payer). Mais avec votre assurance responsabilité civile, ils ont une garantie de pouvoir être indemnisés. C’est pour cette raison que la clause est devenue presque universelle.
La conclusion pratique. Que ce soit obligatoire dans votre bail ou pas, vous devriez avoir une assurance locataire. Le coût (environ 20-35 $/mois) est dérisoire comparé aux risques. Sans cette protection, un seul incident peut littéralement vous ruiner financièrement pour des décennies.
Les 3 volets de l’assurance locataire
Une police d’assurance locataire au Québec couvre généralement trois volets de protection. Comprendre ces trois piliers est essentiel pour évaluer si votre couverture est adéquate.
| Volet | Ce qui est protégé | Importance | Montant typique |
|---|---|---|---|
| Biens personnels | Tout ce qui vous appartient dans le logement (meubles, électroménagers, vêtements, électronique, etc.) | Élevée | 20 000 $ à 60 000 $ (à ajuster selon vos biens) |
| Responsabilité civile | Dommages que vous causez à autrui (voisins, propriétaire, visiteurs) | Critique | 1 000 000 $ à 2 000 000 $ |
| Frais de subsistance supplémentaires | Hôtel, repas, transport si votre logement devient inhabitable suite à un sinistre | Moyenne (mais utile) | Variable selon les polices (souvent 10-20 % du montant des biens) |
Volet 1 — La protection de vos biens personnels. Ce volet couvre tous vos biens meubles en cas de sinistre couvert (incendie, vol, dégât d’eau couvert, vandalisme, etc.). Le montant assuré devrait correspondre approximativement à la valeur de remplacement de tout ce que vous possédez. Beaucoup de locataires sous-estiment cette valeur. Faites le test : si tout brûlait demain et que vous deviez tout racheter à neuf — meubles, vêtements, électronique, vaisselle, livres, etc. — combien cela coûterait-il ? Pour un appartement modeste, c’est facilement 25 000 $ à 40 000 $. Pour un appartement plus garni, ça peut dépasser 60 000 $.
Volet 2 — La responsabilité civile. C’est le volet le plus important financièrement. Il vous protège si vous causez accidentellement des dommages à autrui — qu’il s’agisse de dommages matériels (au logement du voisin, au bâtiment du propriétaire, à la voiture d’un visiteur) ou de dommages corporels (un visiteur qui se blesse chez vous, par exemple). Le montant minimum recommandé est de 1 million de dollars, mais beaucoup de courtiers conseillent maintenant 2 millions, surtout dans les immeubles à plusieurs unités où un incendie peut se propager à de nombreux logements.
Quelques exemples concrets de situations couvertes par la responsabilité civile :
- Vous laissez l’eau de la baignoire déborder et inondez l’appartement du voisin du dessous
- Votre lave-vaisselle se déconnecte pendant la nuit et cause un dégât d’eau majeur
- Vous causez accidentellement un incendie qui se propage à plusieurs logements
- Un ami se blesse en glissant sur votre plancher mouillé
- Votre chien mord un visiteur
- Vous endommagez accidentellement une porte ou une fenêtre du logement
Volet 3 — Les frais de subsistance supplémentaires. Si votre logement devient inhabitable suite à un sinistre couvert (incendie majeur, dégât d’eau important), votre assureur paie vos frais d’hébergement temporaire (hôtel, location d’une autre unité), vos repas au restaurant, et autres frais raisonnables jusqu’à un certain plafond et pendant une période limitée (généralement 12 à 24 mois selon les polices).
Ce qui est couvert et ce qui ne l’est pas
Comme pour toute assurance habitation, l’assurance locataire existe en deux grandes formules.
L’assurance « risques désignés » (ou formule de base). Cette police couvre uniquement les risques spécifiquement énumérés dans votre contrat : incendie, foudre, explosion, fumée, vol, vandalisme, vent, grêle, certains dégâts d’eau. C’est la formule la moins chère mais aussi la moins protectrice.
L’assurance « tous risques » (ou formule étendue). Cette police inverse la logique : elle couvre tous les risques, sauf ceux qui sont explicitement exclus. C’est la formule la plus protectrice et celle que recommandent généralement les courtiers. La différence de prime avec la formule de base est souvent modeste pour les locataires (quelques dollars par mois), mais la différence de protection peut être importante.
Les exclusions courantes (importantes à connaître) :
- Les inondations (débordement d’un cours d’eau) — exclues par défaut, parfois disponibles en avenant
- Les tremblements de terre — exclus par défaut, doivent être ajoutés par avenant
- Le refoulement d’égout — exclu par défaut, doit être ajouté par avenant (particulièrement important si vous habitez au sous-sol ou en rez-de-chaussée)
- L’infiltration d’eau par le toit ou les fondations — généralement exclue ou très limitée
- Les actes intentionnels — toujours exclus
- L’usure normale — toujours exclue
- Les dommages causés par les animaux que vous possédez — souvent limités
Les biens à couverture limitée :
| Catégorie de bien | Limite typique de la police standard | Solution si vous dépassez cette limite |
|---|---|---|
| Argent liquide | 200 $ | Évitez de garder beaucoup d’argent comptant chez vous |
| Bijoux et montres | 2 000 $ à 6 000 $ | Avenant « bijoux nommément assurés » avec évaluation |
| Vélos | 1 500 $ | Avenant spécifique pour vélos de valeur |
| Équipement électronique professionnel | 2 000 $ à 5 000 $ | Avenant bureau à domicile |
| Instruments de musique | 3 000 $ | Avenant biens nommément assurés |
| Cartes de crédit volées | 1 000 $ | Vérifier la limite spécifique |
Si vous possédez des biens dont la valeur dépasse ces limites standards, vous devez souscrire des avenants spécifiques pour les protéger adéquatement. Cela implique souvent de fournir à votre assureur des évaluations professionnelles ou des factures.
Combien coûte l’assurance locataire au Québec en 2026
Le prix d’une assurance locataire au Québec est étonnamment abordable comparé à la protection qu’il offre. Voici les fourchettes typiques observées en 2026.
Prix moyens en 2026 :
- Couverture de base (strict minimum) : 15 $ à 20 $/mois (180 $ à 240 $/an)
- Couverture standard recommandée : 25 $ à 35 $/mois (300 $ à 420 $/an)
- Couverture étendue avec avenants : 35 $ à 55 $/mois (420 $ à 660 $/an)
Selon les données du Bureau d’assurance du Canada, le coût moyen pour les locataires au Québec se situe autour de 347 $/an en 2026 — soit environ 29 $/mois pour une couverture standard.
Les facteurs qui influencent votre prime :
| Facteur | Impact sur la prime | Comment l’optimiser |
|---|---|---|
| Valeur de vos biens personnels | Élevé | Ne surévaluez pas, mais ne sous-évaluez pas non plus |
| Localisation (ville, code postal) | Moyen à élevé | Vous ne pouvez pas changer, mais comparez les assureurs (chacun évalue différemment) |
| Étage du logement | Moyen | Les rez-de-chaussée et sous-sols paient plus (risque de dégâts d’eau) |
| Type de chauffage | Moyen | Le chauffage au bois augmente la prime |
| Présence d’un commerce dans l’immeuble | Moyen | Les immeubles mixtes (logements + commerces) sont souvent plus chers |
| Historique de réclamations | Élevé | Évitez les petites réclamations qui font monter la prime pendant des années |
| Cote de crédit | Moyen | Maintenez une bonne cote (consultez notre guide sur le score de crédit) |
| Montant de la franchise | Moyen | Une franchise plus élevée (1 000 $ vs 500 $) réduit la prime |
| Avenants choisis | Moyen | N’ajoutez que les avenants vraiment nécessaires |
Comment choisir votre assurance locataire
Voici les étapes concrètes pour magasiner intelligemment votre assurance locataire au Québec.
Étape 1 — Faire l’inventaire de vos biens. Faites le tour de votre logement pièce par pièce et estimez la valeur de remplacement de tout ce que vous possédez. Le BAC offre un outil gratuit pour cet inventaire. Cette étape vous permettra de déterminer le bon montant de couverture pour vos biens personnels — ne sous-évaluez pas (vous serez sous-assuré en cas de sinistre) ni surévaluez (vous payerez plus cher inutilement).
Étape 2 — Déterminer votre niveau de responsabilité civile. Visez au minimum 1 million de dollars, idéalement 2 millions si vous habitez dans un immeuble à plusieurs logements. La différence de prime est généralement minime (quelques dollars par mois) mais la protection supplémentaire est précieuse.
Étape 3 — Identifier vos avenants nécessaires. Habitez-vous au sous-sol ou en rez-de-chaussée ? L’avenant refoulement d’égout est presque incontournable. Possédez-vous des bijoux ou objets de valeur dépassant 2 000-6 000 $ ? Avenant biens nommément assurés. Travaillez-vous de la maison avec du matériel coûteux ? Avenant bureau à domicile.
Étape 4 — Choisir entre courtier et agent. Au Québec, deux options s’offrent à vous :
- Un courtier d’assurance est indépendant et compare plusieurs assureurs pour vous trouver la meilleure offre. Sa commission est payée par l’assureur, donc le service ne vous coûte rien directement.
- Un agent d’assurance représente une seule compagnie d’assurance.
Pour la plupart des locataires québécois, un courtier indépendant est généralement le meilleur choix parce qu’il magasine pour vous gratuitement. Tous les courtiers et agents au Québec sont encadrés par la Chambre de l’assurance de dommages (ChAD) et certifiés par l’AMF.
Étape 5 — Demander au moins 3 soumissions. Pour une couverture identique, les écarts de prix entre assureurs peuvent atteindre 30 % à 50 %. C’est l’une des décisions financières où le magasinage rapporte le plus.
Étape 6 — Vérifier que l’assureur est inscrit à l’AMF. Tous les assureurs qui exercent au Québec doivent être inscrits au registre de l’AMF. Ne traitez jamais avec un assureur non inscrit.
Étape 7 — Lire le contrat avant de signer. C’est l’étape la plus importante et la plus négligée. Lisez les exclusions, les limitations, les franchises, et les conditions spéciales. Si quelque chose n’est pas clair, demandez à votre courtier ou agent de l’expliquer.
Comment économiser sur votre prime
Voici les stratégies les plus efficaces pour réduire votre prime d’assurance locataire sans compromettre votre protection.
Stratégie 1 — Combiner auto et habitation chez le même assureur. La plupart des assureurs offrent un rabais de 10 à 20 % si vous regroupez vos polices. C’est généralement l’économie la plus facile à réaliser.
Stratégie 2 — Augmenter votre franchise. Passer de 500 $ à 1 000 $ de franchise peut réduire votre prime de 10 à 15 %. La logique : vous payez moins chaque année, mais vous absorbez un coût plus élevé en cas de sinistre. C’est rentable si vous avez un fonds d’urgence suffisant pour couvrir la franchise. Pour comprendre comment bâtir cette réserve, consultez notre guide sur le fonds d’urgence.
Stratégie 3 — Installer des dispositifs de sécurité. Un système d’alarme, des détecteurs de fumée connectés, ou des serrures de haute sécurité peuvent vous donner droit à des rabais. Demandez à votre assureur quels équipements sont éligibles.
Stratégie 4 — Magasiner régulièrement. Beaucoup de locataires renouvellent leur assurance par habitude pendant des années. Magasinez tous les 2 ans. Vous pourriez économiser des dizaines à des centaines de dollars sans changer de couverture.
Stratégie 5 — Profiter des rabais affinitaires. Plusieurs assureurs offrent des rabais aux membres de certaines associations professionnelles, syndicats, ordres professionnels, ou alumni d’universités. Demandez systématiquement.
Stratégie 6 — Maintenir un bon dossier de crédit. Au Québec, votre dossier de crédit influence votre prime d’assurance habitation. Une bonne cote vous vaut généralement une prime plus basse.
Stratégie 7 — Éviter les petites réclamations. Faire une réclamation pour un petit montant (par exemple 800 $) peut faire augmenter votre prime de plusieurs dizaines de dollars par an pendant 3-5 ans. Si le montant du sinistre est proche de votre franchise, il est souvent plus rentable de payer de votre poche et de garder votre dossier vierge.
Stratégie 8 — Payer annuellement plutôt que mensuellement. La plupart des assureurs facturent des frais administratifs pour les paiements mensuels. Payer la prime en un seul versement annuel peut vous économiser 5 à 8 % sur le coût total.
Stratégie 9 — Choisir uniquement les avenants nécessaires. Chaque avenant ajouté augmente votre prime. Si vous ne possédez pas de bijoux de grande valeur, n’ajoutez pas l’avenant correspondant. Évaluez vos vrais besoins.
Les erreurs les plus fréquentes à éviter
Voici les pièges les plus courants pour les locataires au Québec.
Erreur 1 — Ne pas avoir d’assurance du tout. Selon le Bureau d’assurance du Canada, environ un locataire sur quatre au Canada n’est pas assuré. C’est une prise de risque énorme pour économiser quelques dizaines de dollars par mois. Une seule erreur peut vous coûter des centaines de milliers de dollars.
Erreur 2 — Penser que l’assurance du propriétaire couvre vos biens. Comme expliqué en début d’article, c’est totalement faux. L’assurance du propriétaire couvre uniquement le bâtiment, pas vos biens ni votre responsabilité civile.
Erreur 3 — Sous-évaluer vos biens personnels. Beaucoup de locataires choisissent une couverture de 15 000 $ ou 20 000 $ alors que la valeur réelle de leurs biens est de 30 000 $ ou plus. En cas de sinistre majeur, vous serez sous-indemnisé.
Erreur 4 — Sous-estimer le besoin en responsabilité civile. 1 million de dollars peut sembler énorme, mais pour un sinistre impliquant plusieurs logements ou des dommages corporels graves, c’est parfois insuffisant. Visez 2 millions si possible — la différence de prime est minime.
Erreur 5 — Oublier d’informer son assureur des changements. Si vous achetez de nouveaux biens importants, recevez un héritage, commencez à travailler de la maison, achetez un animal, ou changez de logement, informez immédiatement votre assureur. Sinon, votre couverture pourrait ne pas s’appliquer.
Erreur 6 — Mentir sur la déclaration initiale. Si vous omettez de mentionner que vous travaillez de la maison, que vous avez un chien, ou que vous fumez à l’intérieur, votre assureur peut refuser une réclamation ou résilier votre contrat. Soyez toujours honnête.
Erreur 7 — Ne pas conserver de preuves de vos biens. En cas de sinistre, votre assureur vous demandera des preuves de ce que vous possédiez et de leur valeur. Conservez les factures importantes, prenez des photos de vos pièces, et idéalement, faites un inventaire écrit avec photos. Stockez ces documents en ligne (Google Drive, Dropbox) pour qu’ils restent accessibles même si tout brûle.
Erreur 8 — Choisir uniquement le prix le plus bas. Une assurance moins chère qui exclut des protections importantes ou qui a un service client médiocre peut vous coûter beaucoup plus cher en cas de sinistre. Le prix doit être un facteur, mais pas le seul.
Questions fréquentes
Mon propriétaire peut-il vraiment exiger une assurance dans le bail ?
Oui. Au Québec, un propriétaire peut légalement inclure une clause d’assurance obligatoire dans le bail. Si vous signez le bail avec cette clause, vous êtes contractuellement tenu de maintenir l’assurance pendant toute la durée du bail. Le non-respect peut justifier une demande de résiliation au Tribunal administratif du logement.
Est-ce que mes colocataires sont automatiquement couverts par mon assurance ?
Non. Chaque colocataire doit avoir sa propre police d’assurance pour ses propres biens. Vous pouvez parfois ajouter un colocataire à votre police, mais cela varie selon les assureurs. Vérifiez avec votre assureur. Important : si l’un de vos colocataires cause un sinistre et qu’il n’est pas assuré, votre propre police ne le couvre pas — c’est lui qui sera personnellement responsable.
Combien de couverture en biens personnels devrais-je avoir ?
Faites un inventaire de tous vos biens (meubles, électronique, vêtements, vaisselle, etc.) et estimez leur valeur de remplacement à neuf. Pour un appartement modeste, comptez 25 000 $ à 35 000 $. Pour un appartement bien garni avec de l’électronique de qualité, 40 000 $ à 60 000 $. Mieux vaut être légèrement surassuré que sous-assuré.
Mon vélo de 3 000 $ est-il couvert par l’assurance locataire ?
Partiellement. La plupart des polices standards couvrent les vélos jusqu’à 1 500 $. Pour un vélo de 3 000 $, vous devrez ajouter un avenant spécifique. Et attention : les vélos volés à l’extérieur du logement (dans la rue, au travail) ont souvent des conditions de couverture différentes — vérifiez les détails de votre police.
Si j’ai un animal de compagnie, ai-je besoin d’une couverture spéciale ?
Pas nécessairement. La responsabilité civile standard couvre généralement les dommages causés par votre animal (par exemple, si votre chien mord quelqu’un ou abîme un bien). Cependant, certaines races de chiens (souvent considérées comme « à risque ») peuvent être exclues ou faire augmenter votre prime. Informez toujours votre assureur de la présence d’un animal.
Que faire en cas de sinistre dans mon logement loué ?
Contactez votre assureur dès que possible (la plupart ont des lignes 24/7 pour les urgences). Documentez les dommages avec des photos et des vidéos. Faites les réparations urgentes nécessaires pour éviter que les dommages ne s’aggravent. Conservez tous vos reçus. Faites une liste détaillée des biens endommagés ou volés avec leur valeur. Informez aussi votre propriétaire si la structure du bâtiment est touchée.
Puis-je résilier mon assurance locataire en cours d’année si je déménage ?
Oui. Vous pouvez résilier votre police en envoyant un avis écrit à votre assureur. Vous serez remboursé pour la partie non utilisée de votre prime (moins parfois des frais administratifs). Si vous déménagez à une autre adresse, il est généralement plus simple de transférer la police plutôt que de la résilier — votre assureur ajustera la prime selon les caractéristiques du nouveau logement.
L’assurance locataire est-elle déductible d’impôts ?
Pour la grande majorité des locataires (résidence personnelle), non. L’assurance locataire est une dépense personnelle non déductible. Cependant, si vous travaillez de la maison comme travailleur autonome, une portion de l’assurance peut être déductible comme dépense d’entreprise. Pour comprendre les déductions disponibles, consultez notre article sur les déductions fiscales pour travailleur autonome au Québec.
Pour aller plus loin
L’assurance locataire est une pièce importante de votre protection financière. Voici les ressources complémentaires :
- Pour le pilier complet sur l’assurance habitation : Assurance habitation au Québec : le guide complet
- Pour économiser sur votre prime : Comment payer moins cher pour votre assurance habitation
- Pour comprendre la franchise : Franchise d’assurance : comment bien la choisir
- Pour savoir quoi faire en cas de sinistre : Comment déclarer un sinistre à votre assureur
- Pour bâtir un fonds d’urgence : Fonds d’urgence : combien et où le placer
- Pour comprendre comment votre crédit affecte vos primes : Score de crédit au Canada : le guide complet
Sources officielles
Cet article s’appuie sur les sources officielles suivantes :
- Assurance habitation — Autorité des marchés financiers (AMF)
- Assurance habitation — Chambre de l’assurance de dommages (ChAD)
- Bureau d’assurance du Canada — Québec
- Assurance habitation pour locataire — JuridiQC
- Tribunal administratif du logement
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil en assurance personnalisé. Les caractéristiques précises d’une police, les exclusions, les limites et les prix varient selon votre situation, votre assureur et votre logement. Pour une évaluation adaptée à vos besoins, nous vous recommandons de consulter un courtier ou un agent en assurance certifié par l’AMF. Pour en savoir plus sur notre démarche, consultez notre méthodologie éditoriale.

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