En tant que nouvel arrivant au Canada, vous devenez résident fiscal dès le jour où vous vous établissez au pays. Vous devez déclarer tous vos revenus de toutes provenances (canadiens et étrangers) gagnés à partir de votre date d’arrivée jusqu’au 31 décembre de cette première année. Votre déclaration doit être produite au plus tard le 30 avril de l’année suivante. Même si vous n’avez gagné aucun revenu, produire votre déclaration est essentiel : c’est ce qui vous donne accès aux prestations et crédits (crédit TPS/TVH, Allocation canadienne pour enfants, crédit solidarité au Québec) qui peuvent représenter des milliers de dollars par an. Si vous résidez au Québec, vous devez produire deux déclarations distinctes : fédérale (T1) et provinciale (TP-1).
Votre première déclaration de revenus au Canada peut sembler intimidante — un nouveau pays, un nouveau système fiscal, des formulaires inconnus, et souvent une langue administrative qui n’est pas votre langue maternelle. Mais voici la bonne nouvelle : le système fiscal canadien est bien structuré, les ressources d’aide sont nombreuses (dont des services gratuits pour les revenus modestes), et produire votre déclaration vous donne accès à des prestations financières significatives que beaucoup de nouveaux arrivants ignorent ou ne réclament pas.
Chaque année, des milliers de nouveaux résidents du Canada laissent de l’argent sur la table simplement parce qu’ils ne produisent pas leur déclaration ou ne demandent pas les crédits auxquels ils ont droit. Ce guide vous accompagne pas à pas dans votre première déclaration d’impôts au Canada — quand la produire, quoi déclarer, quels crédits réclamer, et comment éviter les erreurs les plus courantes. Toutes les informations sont vérifiées auprès de l’Agence du revenu du Canada (ARC).
Sommaire
- Quand devenez-vous résident fiscal du Canada
- Votre première déclaration de revenus : les bases
- Ce que vous devez déclarer (et ce que vous ne déclarez pas)
- Les conventions fiscales et la double imposition
- Les prestations et crédits accessibles dès l’arrivée
- Le NAS et les documents nécessaires
- CELI, REER et CELIAPP pour les nouveaux arrivants
- Particularités pour les résidents du Québec
- Les erreurs à éviter
- Questions fréquentes
Quand devenez-vous résident fiscal du Canada
C’est la question fondamentale dont tout découle. Votre statut de résident fiscal détermine ce que vous devez déclarer et quelles prestations vous pouvez recevoir.
La règle générale : pour la majorité des nouveaux arrivants, vous devenez résident fiscal du Canada le premier jour où vous vous établissez au pays. L’ARC détermine votre résidence fiscale en examinant vos liens de résidence au Canada :
- Vous avez un domicile au Canada (loyer, propriété)
- Votre époux ou conjoint de fait vit au Canada
- Vos enfants à charge vivent au Canada
- Vous avez d’autres liens significatifs (compte bancaire, permis de conduire, assurance maladie provinciale, etc.)
Important — statut d’immigrant vs statut fiscal : votre statut d’immigrant (résident permanent, travailleur temporaire, étudiant international, réfugié) est un concept différent de votre statut fiscal. Vous pouvez être considéré comme résident fiscal du Canada même avec un permis de travail temporaire ou un permis d’études. C’est la présence de liens de résidence qui compte, pas le type de visa.
Exemple : si vous arrivez au Canada le 1er août comme résident permanent et que vous louez un appartement et ouvrez un compte bancaire, vous êtes résident fiscal du Canada à partir du 1er août. Vous devrez déclarer vos revenus du 1er août au 31 décembre de cette année dans votre première déclaration.
En cas de doute : vous pouvez appeler l’ARC au 1-800-959-8281 ou remplir le formulaire NR73 (Détermination du statut de résidence) pour obtenir une détermination officielle.
Votre première déclaration de revenus : les bases
Quand produire : votre première déclaration doit être produite au plus tard le 30 avril de l’année suivant celle de votre arrivée. Si vous (ou votre conjoint) êtes travailleur autonome, la date limite de production est le 15 juin — mais tout solde d’impôt dû doit être payé avant le 30 avril.
Pourquoi produire même sans revenu : c’est un point crucial que beaucoup de nouveaux arrivants ignorent. L’ARC utilise votre déclaration de revenus pour calculer vos prestations et crédits. Si vous ne produisez pas de déclaration, vous ne recevez pas de prestations — même si vous y avez droit. Produire une déclaration avec un revenu de 0 $ est parfaitement normal et vous donne accès à des centaines ou milliers de dollars de prestations annuelles.
Les deux déclarations obligatoires au Québec : si vous résidez au Québec, vous devez produire deux déclarations distinctes : la T1 (fédérale, envoyée à l’ARC) et la TP-1 (provinciale, envoyée à Revenu Québec). La plupart des logiciels d’impôt certifiés remplissent les deux simultanément à partir des mêmes informations.
Comment produire : trois options principales :
- Logiciel d’impôt certifié (Wealthsimple Tax, TurboImpôt, H&R Block) — beaucoup sont gratuits pour les situations simples, et guident étape par étape
- Programme communautaire des bénévoles — l’ARC offre un service gratuit où des bénévoles font votre déclaration si votre revenu est modeste et votre situation simple. Recherchez « comptoir d’impôts gratuit » dans votre ville
- Comptable professionnel agréé (CPA) — recommandé pour la première année si vous avez des revenus étrangers significatifs, des biens à l’étranger de plus de 100 000 $, ou une situation fiscale complexe
Ce que vous devez déclarer (et ce que vous ne déclarez pas)
| Type de revenu | Imposable au Canada ? | À déclarer ? | Détails |
|---|---|---|---|
| Revenu d’emploi gagné au Canada après l’arrivée | Oui | Oui (feuillet T4) | Imposé normalement aux taux canadiens fédéral et provincial |
| Revenu d’emploi étranger gagné après l’arrivée (ex. travail à distance pour un employeur étranger) | Oui | Oui | Imposable au Canada avec crédit pour impôt payé à l’étranger (formulaire T2209) |
| Revenus de placement étrangers (intérêts, dividendes, loyers) gagnés après l’arrivée | Oui | Oui | Imposable au Canada, crédit pour impôt étranger disponible si applicable |
| Revenus de toute source gagnés AVANT l’arrivée au Canada | Non | Partiellement (pour le calcul des prestations) | Pas imposable au Canada mais l’ARC peut demander cette information pour calculer les prestations (ACE, crédit TPS/TVH) |
| Biens possédés avant l’arrivée au Canada | Non (mais gains futurs oui) | Si plus de 100 000 $ de biens étrangers : formulaire T1135 | La juste valeur marchande à la date d’arrivée devient votre « coût de base » pour les gains en capital futurs |
| Héritage ou cadeau reçu | Non (pas d’impôt sur les héritages au Canada) | Non (sauf si le bien génère des revenus par la suite) | Le Canada n’a pas d’impôt sur les successions |
La règle clé : à partir de votre date d’arrivée, vous déclarez vos revenus de toutes provenances mondiales — pas seulement les revenus canadiens. « Toutes provenances » inclut les salaires, revenus de placement, revenus locatifs, revenus de travail autonome, pensions, et tout autre revenu, peu importe le pays d’où il provient.
Les biens étrangers de plus de 100 000 $ : si la valeur totale de vos biens étrangers (comptes bancaires à l’étranger, propriétés locatives, placements) dépasse 100 000 $ CA à un moment quelconque de l’année, vous devez remplir le formulaire T1135 (Bilan de vérification du revenu étranger). Les pénalités pour non-déclaration du T1135 peuvent être sévères : jusqu’à 2 500 $ pour une déclaration en retard et 12 000 $ par année de non-conformité.
Conversion des devises : tous les montants étrangers doivent être convertis en dollars canadiens. Utilisez le taux de change de la Banque du Canada à la date où le revenu a été reçu (ou le taux moyen annuel si vous préférez une méthode plus simple — les deux sont acceptées par l’ARC).
Les conventions fiscales et la double imposition
L’une des plus grandes inquiétudes des nouveaux arrivants est la double imposition : « vais-je payer des impôts deux fois sur le même revenu — dans mon pays d’origine ET au Canada ? »
La réponse : dans la très grande majorité des cas, non. Le Canada a signé des conventions fiscales avec plus de 90 pays (dont la France, la Belgique, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, le Liban, Haïti, et la plupart des pays d’où proviennent les nouveaux arrivants au Canada). Ces conventions ont précisément pour but d’éviter que vous payiez des impôts deux fois sur le même revenu.
Comment ça fonctionne :
- Vous déclarez le revenu étranger dans votre déclaration canadienne (revenu brut en dollars canadiens)
- Vous déclarez l’impôt que vous avez déjà payé sur ce revenu dans l’autre pays
- Vous remplissez le formulaire T2209 (Crédits fédéraux pour impôt étranger) pour réclamer un crédit pour l’impôt étranger déjà payé
- L’ARC réduit votre impôt canadien du montant d’impôt étranger déjà payé
Exemple : vous avez gagné un revenu locatif de 10 000 $ en France après votre arrivée au Canada, et vous avez payé 2 500 $ d’impôt français sur ce revenu. Au Canada, l’impôt sur ce revenu serait de 3 000 $. Grâce au crédit pour impôt étranger, vous ne paierez que 500 $ au Canada (3 000 $ – 2 500 $ déjà payé en France). Vous ne payez pas 5 500 $ (2 500 + 3 000), mais seulement 3 000 $ au total.
Pour vérifier si une convention fiscale existe entre le Canada et votre pays d’origine, consultez la page Conventions fiscales du Canada.
Les prestations et crédits accessibles dès l’arrivée
C’est l’information la plus importante pour la plupart des nouveaux arrivants : vous avez droit à des prestations et crédits significatifs — parfois même avant de produire votre première déclaration de revenus.
| Prestation ou crédit | Montant potentiel | Qui est éligible | Comment demander |
|---|---|---|---|
| Crédit TPS/TVH (allocation pour l’épicerie et les besoins essentiels) | Jusqu’à ~520 $/adulte + ~136 $/enfant par an | Résidents du Canada à faible et moyen revenu | Formulaire RC151 (avant la 1re déclaration) ou automatiquement via la déclaration |
| Allocation canadienne pour enfants (ACE) | Jusqu’à ~7 800 $/enfant de moins de 6 ans et ~6 500 $/enfant de 6-17 ans par an | Résidents du Canada avec enfants à charge de moins de 18 ans | Formulaire RC66 + annexe RC66SCH |
| Crédit solidarité Québec (si vous vivez au Québec) | Variable (composantes logement + TVQ + nordique) | Résidents du Québec à faible et moyen revenu | Automatiquement via la déclaration TP-1 de Revenu Québec |
| Allocation canadienne pour les travailleurs (ACT) | Variable selon le revenu d’emploi | Travailleurs à faible revenu | Automatiquement via la déclaration de revenus |
Point crucial : pour l’ACE et le crédit TPS/TVH, vous pouvez faire une demande dès votre arrivée — vous n’avez pas besoin d’attendre votre première déclaration de revenus. L’ARC vous demandera de fournir des informations sur vos revenus mondiaux des années précédentes (pour calculer le montant de la prestation), mais ces revenus ne seront pas imposés au Canada.
Attention — les deux conjoints doivent produire : pour continuer à recevoir ces prestations, vous ET votre époux ou conjoint de fait devez produire votre déclaration de revenus chaque année, même si l’un de vous n’a aucun revenu. Si une seule des deux déclarations manque, les prestations sont suspendues pour le ménage.
Le NAS et les documents nécessaires
Le numéro d’assurance sociale (NAS) est indispensable pour produire votre déclaration et recevoir des prestations. C’est un numéro à 9 chiffres unique et confidentiel attribué par Service Canada.
Comment l’obtenir : présentez-vous à un bureau de Service Canada avec vos documents d’immigration (permis de travail, confirmation de résidence permanente, ou visa d’études avec permis de travail). Le NAS est généralement attribué le jour même. Si Service Canada ne peut pas vous attribuer un NAS, vous pouvez obtenir un numéro d’identification-impôt (NII) auprès de l’ARC à titre temporaire.
Documents à préparer pour votre première déclaration :
- NAS (pour vous et votre conjoint)
- Date d’arrivée au Canada
- Feuillets T4 (de votre employeur canadien — reçus avant fin février)
- Feuillets T5 (revenus d’intérêts et de dividendes canadiens, le cas échéant)
- Relevés de revenus étrangers (salaires, placements, loyers) gagnés après votre arrivée
- Preuve d’impôt payé à l’étranger (pour le crédit d’impôt étranger, formulaire T2209)
- Relevé 1 (si au Québec — équivalent provincial du T4)
- Reçus de cotisations REER (le cas échéant)
- Informations sur vos biens étrangers si la valeur totale dépasse 100 000 $ (pour le T1135)
CELI, REER et CELIAPP pour les nouveaux arrivants
Les comptes enregistrés canadiens (CELI, REER, CELIAPP) sont des outils puissants pour épargner et réduire vos impôts. Voici ce que les nouveaux arrivants doivent savoir.
Le CELI (Compte d’épargne libre d’impôt) : vos droits de cotisation au CELI commencent l’année où vous devenez résident du Canada ET avez au moins 18 ans. Contrairement aux Canadiens de naissance (qui accumulent des droits depuis 2009 ou depuis leurs 18 ans), vous commencez à zéro l’année de votre arrivée. Par exemple, si vous arrivez en 2026, votre plafond CELI sera de 7 000 $ (le plafond annuel de l’année d’arrivée), puis il s’accumulera chaque année par la suite.
Le REER : vos droits de cotisation REER sont calculés en fonction de votre revenu gagné au Canada l’année précédente (18 % du revenu, jusqu’au plafond annuel). Pour la première année, si vous n’aviez aucun revenu canadien l’année précédente, vos droits REER seront de 0 $. Vous commencerez à accumuler des droits après votre première année de revenu canadien déclaré.
Le CELIAPP : si vous êtes un acheteur d’une première habitation (vous n’avez jamais été propriétaire au Canada ni dans votre pays d’origine pendant les 4 années précédentes), vous pouvez ouvrir un CELIAPP dès votre arrivée et cotiser jusqu’à 8 000 $ par année. Consultez notre guide complet du CELIAPP.
Pour une vue d’ensemble complète, consultez notre guide CELI, REER et CELIAPP.
Particularités pour les résidents du Québec
Si vous vous établissez au Québec, votre situation fiscale comporte des particularités importantes par rapport aux autres provinces.
Deux déclarations distinctes. Le Québec est la seule province qui gère son propre impôt sur le revenu de façon indépendante. Vous devez produire une déclaration fédérale (T1, envoyée à l’ARC) ET une déclaration provinciale (TP-1, envoyée à Revenu Québec). Les logiciels d’impôt certifiés remplissent les deux à partir des mêmes informations.
Abattement du Québec. Les résidents du Québec bénéficient d’un abattement de 16,5 % sur l’impôt fédéral de base, parce que le Québec a ses propres programmes sociaux (RRQ au lieu du RPC, RQAP au lieu de l’AE pour le congé parental, etc.).
Carte d’assurance maladie (RAMQ). Faites votre demande de carte RAMQ dès votre arrivée au Québec. Il y a un délai de carence de 3 mois pour les résidents permanents avant que la couverture ne commence — pendant ce délai, souscrivez une assurance santé privée. Consultez notre guide de l’assurance voyage pour les options disponibles.
Crédit solidarité Québec. En plus du crédit fédéral TPS/TVH, les résidents du Québec à revenu faible et moyen reçoivent le crédit d’impôt pour solidarité (composantes logement et TVQ). Il est calculé et versé automatiquement par Revenu Québec après la production de votre déclaration TP-1.
Pour comprendre le système fiscal québécois en détail, consultez notre guide complet des impôts au Québec.
Les erreurs à éviter
Erreur 1 — Ne pas produire de déclaration parce qu’on « n’a pas de revenu ». C’est l’erreur la plus coûteuse. En ne produisant pas, vous renoncez à des centaines ou des milliers de dollars de prestations annuelles (crédit TPS/TVH, ACE, crédit solidarité). Produisez toujours, même avec un revenu de 0 $.
Erreur 2 — Oublier de déclarer les revenus étrangers gagnés après l’arrivée. Tout revenu de toutes provenances gagnés après votre date d’arrivée doit être déclaré. Omettre des revenus étrangers n’est pas seulement une erreur — c’est une infraction qui peut entraîner des pénalités et des intérêts importants.
Erreur 3 — Ne pas remplir le formulaire T1135 (biens étrangers de plus de 100 000 $). Si vos biens étrangers dépassent 100 000 $ CA, le T1135 est obligatoire. Les pénalités pour non-déclaration sont sévères et peuvent s’appliquer rétroactivement.
Erreur 4 — Confondre revenus pré-arrivée et post-arrivée. Seuls les revenus gagnés après votre date d’arrivée sont imposables au Canada. Les revenus gagnés avant sont déclarés uniquement pour le calcul de certaines prestations, mais pas imposés. Si votre déclaration ne distingue pas clairement les deux périodes, vous pourriez payer de l’impôt sur des revenus qui n’auraient pas dû être imposés.
Erreur 5 — Ne pas réclamer le crédit pour impôt étranger. Si vous avez payé des impôts dans un autre pays sur des revenus que vous déclarez aussi au Canada, remplissez le formulaire T2209 pour éviter la double imposition. Beaucoup de nouveaux arrivants oublient ce formulaire et paient deux fois.
Erreur 6 — Oublier de demander les prestations dès l’arrivée. Vous pouvez demander le crédit TPS/TVH et l’ACE avant même de produire votre première déclaration. N’attendez pas avril de l’année suivante — faites la demande dès que vous avez votre NAS.
Erreur 7 — Ne pas produire la déclaration du conjoint. Si votre conjoint n’a pas de revenu et ne produit pas de déclaration, vos prestations familiales (ACE, crédit TPS/TVH) seront suspendues. Les deux conjoints doivent produire chaque année.
Erreur 8 — Tomber dans les arnaques fiscales. L’ARC ne vous contactera jamais par courriel, SMS, ou téléphone pour exiger un paiement immédiat, menacer d’expulsion, ou demander un paiement par carte-cadeau, crypto-monnaie, ou virement Interac. Tout message de ce type est une fraude.
Questions fréquentes
Dois-je produire une déclaration si je suis arrivé en décembre et n’ai travaillé que quelques semaines ?
Oui, absolument. Même si vous n’avez travaillé que 2 semaines en décembre, produisez votre déclaration. Cela active vos droits aux prestations pour l’année suivante. Et si votre employeur a retenu de l’impôt à la source sur votre paie, vous pourriez recevoir un remboursement parce que votre revenu annuel total (quelques semaines) sera probablement inférieur au seuil d’imposition.
Mes économies amenées du pays d’origine sont-elles imposables ?
Non. L’argent que vous apportez au Canada (épargne, héritage, vente de biens avant l’arrivée) n’est pas un revenu imposable. Il devient votre capital de départ au Canada. Cependant, si ces fonds sont déposés dans un compte qui génère des intérêts au Canada, les intérêts eux-mêmes sont imposables.
Puis-je utiliser un logiciel d’impôt gratuit pour ma première déclaration ?
Oui, pour les situations simples (un seul emploi canadien, pas de biens étrangers complexes). Wealthsimple Tax, par exemple, est gratuit et gère correctement les déclarations de nouveaux arrivants. Pour les situations complexes (revenus étrangers significatifs, biens de plus de 100 000 $, conventions fiscales), consultez un CPA pour la première année.
Que se passe-t-il si je quitte le Canada après quelques années ?
Quand vous quittez le Canada de façon permanente, vous cessez d’être résident fiscal et vous produisez une dernière déclaration couvrant la période du 1er janvier jusqu’à votre date de départ. Certains biens peuvent faire l’objet d’une « disposition réputée » (un gain en capital fictif calculé au moment du départ). C’est un sujet complexe qui nécessite l’aide d’un comptable.
Ai-je droit au CELI dès mon arrivée ?
Oui, mais vos droits commencent à zéro l’année de votre arrivée (ils ne s’accumulent pas rétroactivement). L’année d’arrivée, votre plafond CELI est celui de l’année en cours (7 000 $ pour la plupart des années récentes). Chaque année suivante, vous accumulez un nouveau plafond annuel. Pour les détails, consultez notre guide CELI, REER et CELIAPP.
Mon employeur retient déjà des impôts sur ma paie — dois-je quand même produire une déclaration ?
Oui. Les retenues à la source sont des acomptes sur votre impôt estimé, pas le montant final. La déclaration de revenus fait le calcul exact : si les retenues étaient trop élevées (fréquent pour les nouveaux arrivants qui n’ont travaillé qu’une partie de l’année), vous recevez un remboursement. Si elles étaient insuffisantes, vous payez la différence.
Existe-t-il des services gratuits pour m’aider avec ma première déclaration ?
Oui. Le Programme communautaire des bénévoles en matière d’impôt (PCBMI) de l’ARC offre un service gratuit de préparation de déclarations pour les personnes à revenu modeste et à situation simple. Des comptoirs d’impôts gratuits sont disponibles partout au Canada, souvent dans les bibliothèques, les centres communautaires et les organismes d’aide aux immigrants. Consultez le site de l’ARC pour trouver un comptoir près de chez vous.
Pour aller plus loin
- Pour comprendre le système fiscal québécois : Impôts au Québec : le guide complet
- Pour réduire vos impôts légalement : 10 stratégies pour réduire ses impôts
- Pour les crédits d’impôt que vous pourriez manquer : Crédits d’impôt méconnus au Québec
- Pour comprendre les comptes enregistrés : CELI, REER et CELIAPP : guide complet
- Pour le CELIAPP en détail : CELIAPP : guide complet
- Pour construire votre score de crédit au Canada : Score de crédit au Canada : guide complet
Sources officielles
- Les nouveaux arrivants au Canada et l’ARC
- Remplir votre déclaration pour les nouveaux arrivants — ARC
- Il y a des avantages à faire ses impôts ! — ARC
- Impôts simplifiés pour les nouveaux arrivants — ARC
- Déclaration de revenus — Revenu Québec
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. La fiscalité des nouveaux arrivants peut être complexe, notamment en présence de revenus étrangers, de biens à l’étranger, ou de conventions fiscales entre pays. Pour votre première déclaration, nous recommandons de consulter un comptable professionnel agréé (CPA) familier avec les situations d’immigration. Pour en savoir plus sur notre démarche, consultez notre méthodologie éditoriale.

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