CELIAPP : guide complet pour acheter sa première propriété au Canada

Le CELIAPP (Compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété) est un compte enregistré qui combine les avantages du REER (cotisations déductibles d’impôt) et du CELI (retraits libres d’impôt) pour aider les Canadiens à acheter une première propriété. Vous pouvez cotiser jusqu’à 8 000 $ par année, avec un maximum à vie de 40 000 $. Pour l’ouvrir, vous devez être résident du Canada, avoir au moins 18 ans, et ne pas avoir habité comme résidence principale une propriété vous appartenant pendant l’année civile précédant l’ouverture et les 4 années civiles précédentes. Si vous n’achetez finalement pas de maison, les fonds peuvent être transférés à votre REER sans utiliser vos droits de cotisation REER — vous ne perdez rien.

Le CELIAPP est le véhicule fiscal le plus avantageux jamais créé au Canada pour les acheteurs d’une première propriété. Introduit en 2023, il règle une limitation frustrante des autres comptes enregistrés : avec le REER, vos cotisations sont déductibles mais vos retraits sont imposables ; avec le CELI, vos retraits sont libres d’impôt mais vos cotisations ne sont pas déductibles. Le CELIAPP offre les deux avantages simultanément — c’est la première fois qu’un produit financier canadien offre cette double exonération.

Malgré ses avantages exceptionnels, beaucoup de Canadiens admissibles ne l’utilisent pas encore — souvent parce qu’ils ne comprennent pas exactement comment il fonctionne, ou parce qu’ils pensent (à tort) qu’il est réservé aux personnes qui prévoient acheter une maison dans un avenir proche. C’est une erreur qui peut coûter plusieurs milliers de dollars en avantages fiscaux manqués.

Ce guide vous explique en détail tout ce que vous devez savoir sur le CELIAPP : conditions d’admissibilité, mécanisme des cotisations, règles de retrait, combinaison avec le REER et le CELI, et stratégies pour en tirer le maximum. Toutes les informations sont vérifiées auprès de l’Agence du revenu du Canada (ARC).

Sommaire

Qu’est-ce que le CELIAPP exactement

Le CELIAPP (Compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété, ou FHSA en anglais pour First Home Savings Account) est un type de compte enregistré créé par le gouvernement fédéral canadien en 2023. Il n’est pas lui-même un placement — c’est un contenant fiscal dans lequel vous pouvez placer différents types d’investissements : comptes d’épargne haut intérêt, CPG, fonds communs, FNB, actions, etc.

Le double avantage fiscal unique du CELIAPP :

  1. Cotisations déductibles de votre revenu imposable (comme un REER) — réduisant immédiatement vos impôts de l’année
  2. Croissance libre d’impôt à l’intérieur du compte (comme un REER et un CELI) — aucun impôt sur les intérêts, dividendes, ou gains en capital
  3. Retraits libres d’impôt lors de l’achat d’une première propriété (comme un CELI) — ni les cotisations, ni les gains ne sont imposés au moment du retrait

Aucun autre produit financier canadien n’offre cette combinaison. Le REER offre 1 et 2 mais les retraits sont imposables. Le CELI offre 2 et 3 mais pas la déduction. Le CELIAPP offre les trois simultanément — à condition que vous utilisiez les fonds pour l’achat d’une première propriété admissible.

L’impact concret : pour un contribuable avec un taux marginal de 37 %, cotiser 8 000 $ au CELIAPP génère une économie d’impôt immédiate de 2 960 $. Et si ces 8 000 $ fructifient pendant 5 ans à 5 % pour atteindre ~10 200 $, les 2 200 $ de gains ne sont jamais imposés lors du retrait pour l’achat. Total des avantages fiscaux sur une seule cotisation de 8 000 $ : environ 3 500 $ sur 5 ans.

Qui peut ouvrir un CELIAPP (admissibilité)

Les conditions d’admissibilité au CELIAPP sont strictes et doivent être respectées à la fois pour ouvrir le compte et pour effectuer un retrait admissible.

Pour ouvrir un CELIAPP, vous devez :

  • Être résident du Canada au moment de l’ouverture
  • Avoir au moins 18 ans (ou l’âge de la majorité dans votre province, selon le plus élevé)
  • Avoir moins de 71 ans à la fin de l’année où vous ouvrez le compte
  • Être un acheteur d’une première habitation selon la définition de l’ARC (voir ci-dessous)

La définition d’« acheteur d’une première habitation » est le point crucial. Selon l’ARC, vous êtes considéré comme un acheteur d’une première habitation si vous n’avez pas habité comme résidence principale une habitation vous appartenant (ou appartenant à votre époux ou conjoint de fait) à aucun moment :

  • de l’année civile en cours avant l’ouverture du compte, ET
  • des 4 années civiles précédentes

Exemple : si vous voulez ouvrir un CELIAPP le 15 janvier 2026, vous ne devez pas avoir vécu dans une habitation vous appartenant (ou appartenant à votre conjoint) à un quelconque moment de 2022, 2023, 2024, 2025, ou la partie de 2026 avant l’ouverture. Cette définition est plus stricte que celle du RAP (Régime d’accession à la propriété) : il ne suffit pas de ne pas avoir acheté une maison — il faut ne pas avoir habité une maison vous appartenant.

Bonne nouvelle pour les locataires en couple : si vous êtes propriétaire mais que votre conjoint ne l’est pas, il peut ouvrir un CELIAPP (pas vous, puisque vous habitez une résidence qui appartient à l’un des conjoints). Cette nuance permet souvent à un couple d’avoir au moins un CELIAPP ouvert.

Couples admissibles : chacun des deux conjoints peut ouvrir son propre CELIAPP (ils sont individuels, pas conjoints). Un couple admissible peut donc cumuler jusqu’à 80 000 $ à vie de cotisations (40 000 $ chacun), ce qui représente une mise de fonds potentielle significative.

Cotisations : combien et comment

Les règles de cotisation au CELIAPP sont différentes de celles du REER et du CELI. Voici les points essentiels.

Plafond annuel : 8 000 $. Vous pouvez cotiser jusqu’à 8 000 $ par année civile dans vos CELIAPP (tous comptes combinés).

Plafond à vie : 40 000 $. Au total, vous ne pouvez cotiser que 40 000 $ à vie à vos CELIAPP, peu importe la durée pendant laquelle vous conservez les comptes.

Attention — les droits NE s’accumulent PAS automatiquement : contrairement au CELI (où vos droits s’accumulent dès vos 18 ans), les droits de cotisation au CELIAPP ne commencent à s’accumuler qu’après l’ouverture de votre premier compte CELIAPP. Si vous attendez 5 ans avant d’ouvrir un CELIAPP, vous n’aurez pas « 40 000 $ » de droits accumulés — vous n’aurez que 8 000 $ pour la première année.

Le rattrapage limité : si vous n’avez pas utilisé vos 8 000 $ une année, vous pouvez reporter les droits inutilisés à l’année suivante, mais le rattrapage est limité à une seule année. Le maximum que vous pouvez cotiser dans une même année est donc de 16 000 $ (8 000 $ pour l’année en cours + 8 000 $ de report de l’année précédente).

Date limite : le 31 décembre. Contrairement au REER, les cotisations au CELIAPP faites dans les 60 premiers jours de l’année ne peuvent pas être appliquées à l’année précédente. Si vous voulez qu’une cotisation compte pour l’année 2026, elle doit être versée avant le 31 décembre 2026. Cette règle prend beaucoup de gens par surprise parce qu’elle diffère de celle du REER.

Plusieurs CELIAPP possibles : vous pouvez ouvrir plusieurs CELIAPP dans différentes institutions (par exemple, un chez Wealthsimple et un chez TD). Mais votre plafond total reste le même — 8 000 $/an et 40 000 $ à vie, toutes institutions combinées.

Obligation fiscale importante : dès l’année où vous ouvrez votre premier CELIAPP, vous devez remplir l’annexe 15 (« Cotisations, transferts et activités au titre du CELIAPP ») dans votre déclaration de revenus, même si vous n’avez ni cotisé ni transféré d’argent cette année-là. C’est ainsi que l’ARC suit vos droits.

Pénalité en cas de cotisation excédentaire : si vous cotisez plus que votre plafond autorisé, vous payez une pénalité de 1 % par mois sur l’excédent, pour chaque mois où il reste dans le compte. Vérifiez toujours vos droits dans Mon dossier de l’ARC avant de cotiser.

La déduction fiscale et son impact

Les cotisations à un CELIAPP sont déductibles de votre revenu imposable — exactement comme les cotisations à un REER. Cette déduction réduit votre impôt au taux marginal applicable.

Voici l’impact fiscal pour une cotisation de 8 000 $ selon différents taux marginaux (combinés fédéral + Québec).

Revenu imposable approximatif Taux marginal combiné Économie d’impôt sur 8 000 $ de cotisation CELIAPP
35 000 $ ~27 % ~2 160 $
55 000 $ ~36 % ~2 880 $
75 000 $ ~37 % ~2 960 $
100 000 $ ~46 % ~3 680 $
150 000 $ ~49 % ~3 920 $
200 000 $+ ~53 % ~4 240 $

Stratégie avancée : reporter la déduction. Vous n’êtes pas obligé de déduire votre cotisation CELIAPP l’année où vous la faites. Vous pouvez cotiser maintenant et reporter la déduction à une année où votre taux marginal sera plus élevé. Par exemple, un étudiant avec un faible revenu peut cotiser 8 000 $ pendant ses études (taux marginal ~27 %) et attendre d’être sur le marché du travail avec un meilleur salaire (taux marginal ~37 %) pour réclamer la déduction — gagnant ainsi plusieurs centaines de dollars d’économie d’impôt supplémentaires.

Attention — règle importante : les cotisations versées après votre premier retrait admissible ne peuvent plus être déduites, pour aucune année. Vérifiez votre stratégie avant de faire un premier retrait.

Transferts depuis un REER : vous pouvez transférer des fonds de votre REER vers votre CELIAPP. Ces transferts ne sont pas déductibles (la déduction a déjà été utilisée quand vous avez cotisé au REER), et ils ne rétablissent pas vos droits REER. Les transferts sont assujettis aux plafonds annuel et à vie du CELIAPP (8 000 $/an et 40 000 $ à vie, transferts et cotisations combinés).

Comment effectuer un retrait admissible pour l’achat

Pour que votre retrait de CELIAPP soit libre d’impôt, il doit respecter toutes les conditions définies par l’ARC. Si une seule condition n’est pas respectée, le retrait devient imposable.

Les 4 conditions d’un retrait admissible :

  1. Vous devez être un acheteur d’une première habitation au moment du retrait (même définition que pour l’ouverture)
  2. Vous devez avoir conclu une entente écrite d’achat ou de construction d’une habitation admissible avant le 1er octobre de l’année suivant le retrait
  3. Vous devez avoir l’intention d’occuper l’habitation comme résidence principale dans l’année suivant son achat ou sa construction
  4. Le retrait doit être effectué au plus tard 30 jours après l’acquisition de l’habitation (sauf dans le cas où le retrait précède l’acquisition, ce qui est plus courant)

Qu’est-ce qu’une « habitation admissible » ? Selon l’ARC, c’est un logement situé au Canada. Les types de propriétés admissibles incluent :

  • Maison unifamiliale, jumelée ou en rangée
  • Maison mobile
  • Unité de condominium
  • Appartement dans un duplex, triplex, quadruplex ou immeuble
  • Participation dans une coopérative d’habitation (sous conditions)

Le processus de retrait étape par étape :

  1. Vous signez une entente écrite d’achat ou de construction d’une habitation admissible
  2. Vous remplissez le formulaire RC725 (Demande pour effectuer un retrait admissible de votre CELIAPP), disponible sur le site de l’ARC
  3. Vous remettez le formulaire à votre institution financière, qui traite le retrait
  4. Vous prenez possession de l’habitation et commencez à l’occuper comme résidence principale dans l’année suivante
  5. Vous fermez votre CELIAPP au plus tard le 31 décembre de l’année suivant votre premier retrait admissible

Pas de limite sur le nombre de retraits : vous pouvez faire un seul retrait pour vider complètement le compte, ou plusieurs retraits partiels. Par contre, chaque retrait doit répondre aux conditions et faire l’objet d’un formulaire RC725 séparé.

Pas de remboursement exigé : contrairement au RAP (Régime d’accession à la propriété) du REER où vous devez rembourser les montants retirés sur 15 ans, les retraits du CELIAPP n’ont jamais à être remboursés. C’est l’un des plus grands avantages du CELIAPP par rapport au RAP.

CELIAPP vs REER vs CELI : quand utiliser quoi

Les trois comptes enregistrés ont des rôles distincts. Voici un comparatif détaillé.

Critère CELIAPP REER CELI
Plafond annuel 8 000 $ 18 % du revenu (max ~33 810 $ en 2026) 7 000 $ (2026)
Plafond à vie 40 000 $ Pas de plafond à vie (dépend du revenu) Pas de plafond à vie (cumulatif depuis 2009)
Cotisations déductibles Oui Oui Non
Croissance libre d’impôt Oui Oui (différé) Oui
Retraits imposables Non (si retrait admissible pour 1re propriété) Oui Non
Retrait pour n’importe quelle raison Oui, mais imposable Oui, mais imposable avec retenue à la source Oui, libre d’impôt, toujours
Droits rétablis après retrait Non Non (sauf RAP/REEP) Oui, le 1er janvier suivant
Durée de détention Max 15 ans ou 71 ans Jusqu’à 71 ans Illimitée
Date limite de cotisation annuelle 31 décembre 60 premiers jours de l’année suivante 31 décembre

La règle d’or pour les premiers acheteurs : si vous êtes admissible au CELIAPP, priorisez-le avant le REER et le CELI. Ses droits de cotisation sont limités (8 000 $/an, 40 000 $ à vie) et son double avantage fiscal (déduction + retrait libre d’impôt) est unique.

L’ordre de priorité optimal pour un premier acheteur :

  1. CELIAPP — maximiser les 8 000 $/an jusqu’à 40 000 $
  2. REER — si vous avez besoin de plus de déductions ou si votre employeur offre un « matching »
  3. CELI — pour l’épargne supplémentaire au-delà de ces deux comptes

Pour une analyse approfondie des trois comptes, consultez notre guide complet CELI, REER et CELIAPP.

Combiner CELIAPP et RAP pour maximiser votre mise de fonds

Beaucoup de Canadiens ignorent qu’ils peuvent combiner le CELIAPP et le Régime d’accession à la propriété (RAP) pour la même acquisition immobilière. C’est légal et explicitement permis par l’ARC.

Le RAP (Régime d’accession à la propriété) :

  • Permet de retirer jusqu’à 60 000 $ de votre REER sans impôt pour l’achat d’une première propriété
  • Doit être remboursé au REER sur 15 ans (minimum 1/15 du montant par an)
  • Si vous ne remboursez pas une année, le montant dû est ajouté à votre revenu imposable

La stratégie combinée CELIAPP + RAP :

  • CELIAPP : jusqu’à 40 000 $ + gains accumulés (non remboursable)
  • RAP : jusqu’à 60 000 $ (remboursable sur 15 ans)
  • Total potentiel : jusqu’à 100 000 $ + gains de mise de fonds par personne

Pour un couple admissible au CELIAPP, le potentiel combiné peut atteindre 200 000 $+ de mise de fonds en utilisant CELIAPP + RAP pour les deux partenaires. Dans les marchés immobiliers chers (Montréal, Toronto, Vancouver), cette combinaison peut faire la différence entre accéder à la propriété ou pas.

Stratégie optimale : maximiser d’abord le CELIAPP (non remboursable), puis utiliser le RAP pour combler le reste. Vous gardez vos droits REER, et vous minimisez les remboursements obligatoires.

Que faire si vous n’achetez finalement pas de maison

C’est l’une des plus grandes forces cachées du CELIAPP : même si vous décidez finalement de ne jamais acheter de maison, vous ne perdez rien.

Trois options si vous n’achetez pas :

Option 1 — Transférer à votre REER. Vous pouvez transférer le solde complet de votre CELIAPP (cotisations + gains accumulés) vers votre REER sans utiliser vos droits de cotisation REER et sans conséquences fiscales immédiates. C’est unique : normalement, cotiser au REER consomme des droits. Ici, vous faites un transfert en franchise. L’argent continuera à croître à l’abri de l’impôt dans votre REER jusqu’à la retraite.

Option 2 — Transférer à votre FERR (après 71 ans). Si vous ne retirez ni ne transférez votre CELIAPP avant l’âge limite, il est automatiquement transféré au FERR.

Option 3 — Retirer les fonds (retrait non admissible). Si vous retirez sans acheter de propriété, le retrait est traité comme un revenu imposable, assujetti à une retenue d’impôt à la source. C’est la moins bonne option — privilégiez toujours le transfert au REER.

Délais à respecter : votre CELIAPP doit être fermé au plus tard au premier de ces événements :

  • 15 ans après l’ouverture de votre premier CELIAPP, OU
  • Le 31 décembre de l’année où vous atteignez 71 ans, OU
  • Le 31 décembre de l’année suivant votre premier retrait admissible

La conclusion pratique : même si vous n’êtes pas certain de vouloir acheter une maison, ouvrir un CELIAPP est presque toujours avantageux si vous êtes admissible. Vous obtenez la déduction fiscale, la croissance libre d’impôt, et si vos plans changent, vous transférez simplement au REER. Vous ne pouvez pas perdre.

Où ouvrir un CELIAPP et dans quels placements

Le CELIAPP est offert par la plupart des institutions financières canadiennes, mais les options de placement varient considérablement.

Les trois grandes catégories d’institutions :

1. Les banques traditionnelles (RBC, TD, BMO, Scotia, CIBC, BNC, Desjardins). Elles offrent toutes le CELIAPP avec une gamme de placements : comptes d’épargne, CPG, fonds communs. Avantage : accompagnement par un conseiller en succursale. Inconvénient : les fonds communs de placement maison ont souvent des frais de gestion (RFG) élevés de 1,5-2,5 %, ce qui peut ronger significativement vos gains à long terme.

2. Les courtiers en ligne (Wealthsimple, Questrade, Disnat, BMO InvestorLine). Vous pouvez y acheter des FNB et des actions à très faible coût. Avantage : frais minimes (souvent 0 $ de commission), grande flexibilité. Inconvénient : nécessite une certaine autonomie et connaissance de l’investissement. Wealthsimple est particulièrement simple pour les débutants avec son option gérée par portefeuille modèle.

3. Les banques en ligne (EQ Bank, Tangerine, Simplii). Elles offrent généralement le CELIAPP uniquement sous forme de compte d’épargne à intérêt élevé (pas de placements boursiers). Avantage : taux d’intérêt compétitifs (~3-4 %), aucun frais, liquidité totale. Parfait si votre horizon d’achat est proche (1-3 ans) et que vous voulez éviter tout risque.

Comment choisir les placements selon votre horizon :

  • Achat prévu dans moins de 2 ans : 100 % en compte d’épargne haut intérêt ou CPG — pas de risque boursier
  • Achat prévu dans 3-5 ans : mix prudent 70 % obligations / 30 % actions, ou portefeuille modèle « conservateur » chez Wealthsimple
  • Achat prévu dans 5+ ans ou incertain : portefeuille équilibré à croissance, FNB diversifiés — profiter de la croissance long terme

Attention aux placements « risqués » dans un CELIAPP : si votre horizon est de moins de 3 ans, éviter d’investir votre CELIAPP en bourse. Une baisse du marché juste avant votre achat pourrait vous forcer à vendre à perte ou à reporter votre projet immobilier.

Les erreurs à éviter

Erreur 1 — Ne pas ouvrir de CELIAPP parce qu’on n’est pas sûr d’acheter une maison. Comme expliqué à la section 8, si vous n’achetez pas, vous pouvez transférer au REER sans perte. Ouvrez dès que vous êtes admissible pour commencer à accumuler des droits.

Erreur 2 — Attendre d’avoir l’argent avant d’ouvrir le compte. L’ouverture d’un CELIAPP avec 0 $ est gratuite dans la plupart des institutions. Et rappelez-vous : vos droits de cotisation ne commencent à s’accumuler qu’après l’ouverture du premier compte. Ouvrir tôt maximise vos droits futurs.

Erreur 3 — Confondre la date limite du CELIAPP et du REER. La date limite pour le CELIAPP est le 31 décembre, pas le 1er mars de l’année suivante comme pour le REER. Une cotisation en janvier 2027 comptera pour l’année 2027, pas 2026. Cette confusion est extrêmement fréquente.

Erreur 4 — Oublier de remplir l’annexe 15. Dès l’année d’ouverture, vous devez remplir l’annexe 15 dans votre déclaration de revenus, même si vous n’avez pas cotisé cette année-là. Sans ça, vos droits ne sont pas officiellement enregistrés et vous pourriez avoir des problèmes plus tard.

Erreur 5 — Cotiser au-delà du plafond. La pénalité est de 1 % par mois sur l’excédent. Vérifiez toujours vos droits dans Mon dossier de l’ARC avant de cotiser, surtout si vous avez plusieurs CELIAPP dans différentes institutions.

Erreur 6 — Investir trop agressivement à court terme. Si vous prévoyez acheter dans 12-18 mois et que vous investissez votre CELIAPP en actions, une correction boursière peut dévaster votre mise de fonds au pire moment. Adaptez le risque à votre horizon.

Erreur 7 — Faire un retrait non admissible sans explorer les alternatives. Si vous avez besoin de l’argent de votre CELIAPP pour autre chose qu’une propriété, transférez-le plutôt au REER pour éviter l’imposition immédiate.

Erreur 8 — Ne pas coordonner le CELIAPP avec le RAP. Beaucoup de Canadiens utilisent seulement l’un des deux. Pour maximiser la mise de fonds, utilisez d’abord le CELIAPP (non remboursable) puis le RAP (remboursable).

Questions fréquentes

Je n’ai jamais cotisé à un REER — puis-je quand même ouvrir un CELIAPP ?

Oui, absolument. Le CELIAPP et le REER sont deux comptes distincts. Vous pouvez ouvrir un CELIAPP sans avoir de droits ni de cotisations REER. Le CELIAPP est souvent plus avantageux que le REER pour un premier acheteur parce que les retraits sont libres d’impôt (pas seulement reportés).

Mon conjoint est propriétaire — puis-je quand même ouvrir un CELIAPP ?

Non, pas si vous habitez cette propriété comme résidence principale. La règle dit que ni vous, ni votre conjoint (en tant que couple) ne devez avoir habité une habitation appartenant à l’un des deux pendant l’année en cours ou les 4 précédentes. Si votre conjoint possédait une maison mais que vous ne l’habitiez pas ensemble, la situation peut être différente — consultez un fiscaliste.

Puis-je utiliser mon CELIAPP pour acheter un condo de placement locatif ?

Non. Pour que le retrait soit admissible, vous devez avoir l’intention d’occuper la propriété comme résidence principale dans l’année suivant l’achat. Un immeuble de placement locatif ne qualifie pas. Par contre, un duplex dont vous occuperiez l’un des logements comme résidence principale pourrait qualifier.

Puis-je ouvrir un CELIAPP même si j’ai été propriétaire dans le passé ?

Oui, à condition que vous n’ayez pas habité une habitation vous appartenant (ou à votre conjoint) dans l’année civile en cours ni dans les 4 années précédentes. Par exemple, si vous avez vendu votre maison en 2020 et que vous êtes locataire depuis, vous pourriez être admissible à ouvrir un CELIAPP en 2026.

Combien de temps faut-il pour que l’argent soit disponible après une cotisation ?

Immédiatement. Contrairement au RAP qui exige une règle de détention de 90 jours, les fonds cotisés au CELIAPP peuvent être retirés pour un achat admissible sans période d’attente. Vous pourriez théoriquement cotiser 8 000 $ le lundi et retirer 8 000 $ le mardi pour acheter une maison le mercredi (même si cette stratégie extrême est rare).

Puis-je transférer mon CELI vers mon CELIAPP ?

Oui, mais ce transfert est traité comme une cotisation normale au CELIAPP et compte dans vos plafonds (8 000 $/an, 40 000 $ à vie). Ce n’est pas un transfert « en franchise » comme celui du REER au CELIAPP.

Que se passe-t-il avec mon CELIAPP si je décède ?

Vous pouvez désigner un bénéficiaire. Si votre conjoint survivant est admissible au CELIAPP, il peut hériter du solde qui sera transféré à son propre CELIAPP sans conséquences fiscales. Sinon, le solde devient imposable dans votre déclaration finale.

Que faire si je déménage à l’étranger ?

Si vous devenez non-résident du Canada, vous pouvez conserver votre CELIAPP mais vous ne pouvez plus y cotiser. Les retraits non admissibles deviennent imposables selon les règles applicables aux non-résidents. Consultez un fiscaliste avant tout déménagement international.

Pour aller plus loin

Le CELIAPP est la pièce maîtresse de la stratégie d’achat d’une première propriété au Canada. Voici les ressources complémentaires :

Sources officielles

Cet article s’appuie sur les sources officielles suivantes :


Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil financier ou fiscal personnalisé. Les règles du CELIAPP sont complexes et peuvent évoluer. Avant toute décision importante concernant votre CELIAPP, consultez un conseiller financier, un planificateur financier ou un comptable (CPA). Pour en savoir plus sur notre démarche, consultez notre méthodologie éditoriale.