L’assurance vie temporaire offre une protection pour une durée déterminée (10, 20 ou 30 ans) à un coût initial faible, idéale pour couvrir des besoins limités dans le temps comme une hypothèque ou les années où les enfants sont à charge. L’assurance vie permanente offre une couverture à vie avec des primes stables et accumule une valeur de rachat, mais coûte 3 à 5 fois plus cher au départ. Pour la majorité des familles canadiennes, la temporaire est généralement le meilleur choix initial car elle permet d’obtenir une couverture élevée à un prix abordable au moment où la protection est la plus nécessaire.
Si vous cherchez à protéger financièrement vos proches en cas de décès, vous avez probablement entendu parler de deux grandes catégories d’assurance vie : la temporaire et la permanente. Le choix entre les deux est l’une des décisions financières les plus importantes que vous prendrez en matière de protection familiale, et c’est aussi l’une des plus mal comprises.
La confusion vient en partie de la façon dont ces produits sont vendus. Les conseillers ont historiquement eu tendance à favoriser l’assurance vie permanente parce qu’elle génère des commissions plus élevées, alors que pour la majorité des familles canadiennes, l’assurance vie temporaire répond mieux aux besoins réels à un coût considérablement inférieur. Pourtant, dans certaines situations spécifiques, l’assurance vie permanente est effectivement le bon choix.
Ce guide vous explique en détail les différences entre les deux, leurs avantages et inconvénients respectifs, et surtout comment choisir selon votre situation personnelle. Toutes les informations sont vérifiées auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada.
Sommaire
- L’assurance vie temporaire expliquée simplement
- L’assurance vie permanente expliquée simplement
- Tableau comparatif complet : temporaire vs permanente
- Quand choisir l’assurance vie temporaire
- Quand choisir l’assurance vie permanente
- Recommandations par profil avec exemples chiffrés
- Les erreurs les plus fréquentes à éviter
- La stratégie hybride : combiner les deux
- Questions fréquentes
L’assurance vie temporaire expliquée simplement
L’assurance vie temporaire est une police d’assurance qui offre une protection pour une période prédéterminée. Comme l’explique l’AMF : « Si vous achetez seulement une assurance temporaire 20 ans, vous serez couvert par l’assurance pendant 20 ans. À la fin de ces 20 années, votre contrat se terminera et vous n’aurez plus d’assurance vie. »
Les durées disponibles sont généralement de 10, 20 ou 30 ans, mais certains assureurs offrent des termes de 5 ans ou même jusqu’à 65 ou 100 ans. Vous choisissez la durée qui correspond à votre besoin de protection.
Comment ça fonctionne :
- Vous payez une prime périodique (mensuelle ou annuelle) pendant la durée du contrat
- Si vous décédez pendant cette période, vos bénéficiaires reçoivent le capital-décès (la somme assurée) en franchise d’impôt
- Si vous survivez à la fin du terme, le contrat se termine sans valeur résiduelle — vous avez payé pour une protection que vous n’avez pas « utilisée », exactement comme une assurance habitation que vous payez chaque année sans subir de sinistre
Les caractéristiques importantes à retenir :
Coût initial faible. L’assurance vie temporaire est généralement de 3 à 5 fois moins chère que l’assurance vie permanente pour une couverture équivalente, particulièrement à un jeune âge. C’est ce qui en fait l’option la plus accessible pour obtenir une couverture élevée.
Renouvellement automatique mais coûteux. La plupart des polices temporaires sont renouvelables à la fin du terme sans nouvel examen médical. Mais attention : la prime augmente significativement à chaque renouvellement parce que vous êtes plus vieux et donc statistiquement plus à risque. Une police renouvelée à 55 ans peut coûter 4 à 6 fois plus cher qu’à 35 ans pour la même couverture.
Convertibilité. La majorité des polices temporaires sont convertibles en assurance vie permanente, généralement sans nouvel examen médical, jusqu’à un certain âge (souvent 65 ou 70 ans). C’est une option précieuse si votre situation change ou si votre santé se détériore et que vous voulez maintenir une couverture à vie.
Aucune valeur de rachat. Contrairement à la permanente, la temporaire n’accumule aucune valeur. Vous ne récupérez rien si vous annulez la police en cours de contrat.
Aucune composante d’épargne. Vous payez uniquement pour le risque de décès. C’est précisément pour cette raison que c’est moins cher.
L’assurance vie permanente expliquée simplement
L’assurance vie permanente offre une protection qui dure toute votre vie, peu importe combien d’années vous vivez, à condition de payer les primes prévues au contrat. Comme le confirme l’Agence de la consommation en matière financière du Canada : « L’assurance vie permanente offre une protection à vie. Vos bénéficiaires reçoivent une prestation de décès si vous décédez pendant que votre police est en vigueur. »
L’assurance vie permanente se décline en plusieurs sous-types, dont les deux principaux sont :
L’assurance vie entière. Le type le plus traditionnel d’assurance permanente. Vos primes sont fixes et garanties pour toute la durée du contrat. Le capital-décès est garanti. La police accumule une valeur de rachat garantie qui croît selon un taux prédéfini par l’assureur. C’est la version la plus simple et la plus prévisible.
L’assurance vie universelle. Une version plus flexible et plus sophistiquée. Elle combine une assurance vie permanente avec un compte d’investissement dont vous pouvez choisir les placements. Le capital-décès et la valeur de rachat peuvent augmenter ou diminuer selon le rendement de vos placements. Vous pouvez aussi modifier le montant des primes dans certaines limites. Plus complexe et plus risquée, elle convient surtout à des profils financiers avertis.
Les caractéristiques importantes :
Couverture à vie. Tant que vous payez vos primes, votre police reste en vigueur. Vos bénéficiaires recevront le capital-décès même si vous mourez à 95 ans. C’est l’argument numéro un de la permanente.
Primes stables (généralement). Avec l’assurance vie entière, vos primes ne changent jamais — celles que vous payez à 30 ans sont les mêmes qu’à 70 ans. Certains contrats permettent même un paiement « accéléré » : vous payez des primes plus élevées pendant 10 ou 20 ans et la police est ensuite « libérée » sans qu’il ne soit nécessaire de payer davantage.
Valeur de rachat. La police accumule au fil du temps une valeur que vous pouvez récupérer si vous annulez la police, ou contre laquelle vous pouvez emprunter. Cette valeur croît lentement au début puis plus rapidement. Attention : elle est généralement très inférieure aux primes totales que vous avez payées, surtout dans les premières années.
Coût initial élevé. Voilà la grande limite : l’assurance vie permanente coûte typiquement 3 à 5 fois plus cher qu’une assurance vie temporaire équivalente au moment de la souscription. À 35 ans, une couverture de 250 000 $ peut coûter 30-40 $/mois en temporaire et 120-180 $/mois en permanente.
Couverture généralement plus modeste pour un même budget. Conséquence directe du coût élevé : avec un budget mensuel donné, vous obtiendrez une couverture beaucoup plus élevée en temporaire qu’en permanente. C’est un point critique que beaucoup de gens oublient.
Tableau comparatif complet : temporaire vs permanente
Voici le comparatif central de cet article. Ce tableau met en parallèle les deux types d’assurance vie sur tous les critères qui comptent.
| Critère | Assurance vie temporaire | Assurance vie permanente |
|---|---|---|
| Durée de la couverture | Limitée (10, 20, 30 ans, etc.) | À vie (jusqu’au décès) |
| Coût initial | Faible (3 à 5 fois moins cher) | Élevé |
| Évolution des primes | Stables pendant le terme, augmentent fortement au renouvellement | Stables à vie (vie entière) ou variables (vie universelle) |
| Valeur de rachat | Aucune | Oui, accumulée au fil du temps |
| Composante placement | Non | Oui (modeste pour la vie entière, plus importante pour la vie universelle) |
| Flexibilité | Limitée — option de renouvellement et de conversion | Variable — la vie universelle offre plus de flexibilité |
| Capital-décès au décès | Versé en franchise d’impôt aux bénéficiaires si décès pendant le terme | Versé en franchise d’impôt aux bénéficiaires (toujours) |
| Conversion possible | Oui, généralement vers permanente sans nouvel examen médical | Sans objet |
| Examen médical requis | Oui, généralement (sauf certaines polices simplifiées) | Oui (sauf vie garantie sans examen médical) |
| Idéal pour | Protéger contre un risque temporaire (hypothèque, enfants à charge, prêts) | Planification successorale, héritage, besoins permanents (frais funéraires, impôt au décès) |
| Risque principal | Non-renouvellement à un coût raisonnable si la santé se détériore | Coût élevé qui peut limiter la couverture totale obtenue |
Ce tableau montre clairement que les deux produits ne sont pas en compétition directe : ils répondent à des besoins fondamentalement différents. La temporaire est conçue pour couvrir des risques qui disparaîtront naturellement avec le temps, tandis que la permanente est conçue pour des besoins qui existeront jusqu’à votre décès.
Quand choisir l’assurance vie temporaire
L’assurance vie temporaire est généralement le bon choix dans les situations suivantes :
Situation 1 — Vous avez une hypothèque à rembourser. C’est l’une des raisons les plus fréquentes de souscrire à une assurance vie. Vous voulez vous assurer que si vous décédez, votre conjoint ou votre famille pourra continuer à payer l’hypothèque ou la rembourser entièrement. Une temporaire de 25 ou 30 ans (alignée sur la durée de votre amortissement hypothécaire) répond parfaitement à ce besoin. Quand l’hypothèque est remboursée, le risque disparaît et la couverture n’est plus nécessaire.
Note importante : évitez l’assurance hypothécaire vendue par votre banque ou prêteur hypothécaire — elle est presque toujours plus chère et moins flexible qu’une assurance vie temporaire personnelle pour une couverture équivalente.
Situation 2 — Vous avez des enfants en bas âge à charge. Vos enfants dépendent financièrement de vous. Si vous décédez, votre conjoint aura besoin d’argent pour les nourrir, les loger, les éduquer, et éventuellement payer leurs études postsecondaires. Une temporaire de 20 ou 25 ans (le temps qu’ils deviennent autonomes) couvre exactement ce besoin temporaire.
Situation 3 — Vous avez des dettes importantes (prêts étudiants, marges de crédit, prêts personnels). Ces dettes doivent être remboursées même après votre décès et peuvent peser sur votre conjoint ou votre succession. Une temporaire correspondant à la durée de remboursement prévue règle le problème.
Situation 4 — Vous voulez le maximum de couverture pour le minimum de coût. Si vous gagnez 60 000 $/an et avez 200 $/mois à consacrer à l’assurance vie, vous aurez beaucoup plus de protection avec une temporaire (couverture potentielle de 500 000 $ à 1 M$) qu’avec une permanente (couverture peut-être de 100 000 $ à 150 000 $). Pour une jeune famille avec un budget serré, la temporaire est presque toujours le meilleur choix.
Situation 5 — Vous êtes jeune et en bonne santé. C’est le moment où la temporaire est la plus avantageuse : vous obtenez une couverture élevée à un prix très bas, et vous bénéficiez de la convertibilité qui vous permettra de transformer la police en permanente plus tard si nécessaire, sans nouvel examen médical.
Situation 6 — Vous êtes propriétaire d’une petite entreprise avec un prêt commercial. Si votre décès mettrait l’entreprise en péril ou laisserait des associés avec une dette commune, une temporaire alignée sur la durée du prêt protège vos partenaires d’affaires et votre famille.
Quand choisir l’assurance vie permanente
L’assurance vie permanente est généralement le bon choix dans les situations suivantes :
Situation 1 — Vous avez besoin de couvrir un impôt au décès. Au Canada, certains actifs sont présumés vendus au moment du décès et peuvent générer une facture fiscale importante (REER non transféré au conjoint, immeuble à revenus avec gain en capital, chalet avec gain en capital, actions d’entreprise privée, etc.). Si votre succession devra payer un impôt important au décès, une assurance vie permanente garantit que les liquidités seront disponibles pour payer cet impôt sans avoir à vendre des actifs. C’est l’une des principales utilisations de la permanente pour les personnes à patrimoine plus élevé.
Situation 2 — Vous voulez laisser un héritage garanti. Si votre objectif est explicitement de léguer une somme précise à vos enfants, petits-enfants ou à un organisme caritatif, l’assurance vie permanente garantit que cette somme sera versée, peu importe combien de temps vous vivez. C’est un outil de planification successorale puissant.
Situation 3 — Vous voulez couvrir des frais funéraires et finaux. Une petite assurance vie permanente (15 000 $ à 30 000 $) peut servir à couvrir les frais funéraires, les frais juridiques de succession, et autres dépenses finales sans laisser ce fardeau à vos proches. C’est un usage classique de la permanente pour les personnes plus âgées.
Situation 4 — Vous avez déjà maximisé vos comptes enregistrés et cherchez un véhicule d’épargne fiscalement avantageux. Pour les personnes à revenu très élevé qui ont déjà maximisé leur CELI, leur REER et leur CELIAPP, l’assurance vie permanente (particulièrement la vie universelle) peut servir de véhicule complémentaire pour faire fructifier de l’argent à l’abri de l’impôt. À utiliser avec précaution et seulement dans une stratégie de planification financière complète. Pour comprendre les comptes enregistrés, consultez notre guide complet CELI, REER et CELIAPP.
Situation 5 — Vous avez une personne à charge à vie (enfant ayant un handicap). Si vous avez un enfant ou un proche qui dépendra financièrement de vous toute votre vie, vos besoins de protection ne disparaîtront jamais. Une couverture à vie est alors appropriée.
Situation 6 — Vous êtes en santé et jeune, mais avez peur de devenir inassurable plus tard. Si vous avez des antécédents familiaux qui pourraient compromettre votre assurabilité future, souscrire une assurance vie permanente jeune peut vous garantir une protection à vie à un coût relativement raisonnable. Mais dans la plupart des cas, une temporaire convertible répond aussi à ce besoin.
Recommandations par profil avec exemples chiffrés
Voici un guide concret par profil pour vous aider à orienter votre choix.
| Votre profil | Recommandation | Couverture suggérée | Coût mensuel approximatif |
|---|---|---|---|
| Couple sans enfants, 30 ans, locataires | Temporaire 20 ans (chacun) | 250 000 $ chacun | 20-35 $/mois chacun |
| Famille avec jeunes enfants, 35 ans, hypothèque récente | Temporaire 25 ou 30 ans (chacun) | 500 000 $ à 750 000 $ chacun | 40-70 $/mois chacun |
| Personne célibataire sans dépendants, 30 ans | Temporaire 20 ans (modeste) ou aucune si pas de dépendants | 100 000 $ à 250 000 $ | 15-30 $/mois |
| Famille avec adolescents, 45 ans, hypothèque presque payée | Temporaire 10-15 ans + petite permanente pour héritage | 250 000 $ temporaire + 25 000 $ permanente | 60-120 $/mois total |
| Couple à revenu élevé, 50 ans, patrimoine important, planification successorale | Permanente (vie entière) + temporaire complémentaire si dettes | 250 000 $ à 500 000 $ permanente | 200-400 $/mois |
| Préretraité, 60 ans, sans dettes, enfants autonomes | Petite permanente pour frais finaux ou aucune | 15 000 $ à 30 000 $ | 50-100 $/mois |
| Travailleur autonome avec dettes commerciales, 40 ans | Temporaire alignée sur la durée des prêts | Selon le montant des dettes + besoins familiaux | Variable |
Exemple chiffré comparatif (basé sur les fourchettes du marché québécois) :
Pour un homme de 35 ans, non-fumeur, en excellente santé, qui souscrit une couverture de 100 000 $ :
- Assurance vie temporaire 20 ans : environ 20 à 30 $/mois (240 à 360 $/an)
- Assurance vie permanente (vie entière) : environ 80 à 120 $/mois (960 à 1 440 $/an)
La différence est de l’ordre de 4 fois plus cher pour la permanente. Sur 20 ans, la temporaire totalise environ 5 000 à 7 000 $ versus 19 000 à 29 000 $ pour la permanente. C’est une différence de plus de 15 000 $ qui pourrait être investie ailleurs (CELI, REER, REEE pour les enfants).
Important : ces chiffres sont des fourchettes approximatives. Votre prime exacte dépend de nombreux facteurs : âge précis, sexe, statut tabagique, état de santé, antécédents familiaux, profession, et activités à risque. Demandez plusieurs soumissions auprès de courtiers indépendants pour obtenir des prix précis adaptés à votre situation.
Les erreurs les plus fréquentes à éviter
Voici les pièges les plus courants quand vient le moment de choisir une assurance vie.
Erreur 1 — Acheter de l’assurance vie sans en avoir besoin. Si vous êtes célibataire sans dépendants (pas d’enfants, pas de conjoint, pas de proche qui dépend financièrement de vous), vous n’avez probablement pas besoin d’assurance vie du tout. L’assurance vie sert à protéger les personnes qui dépendent de vos revenus. Sans dépendants, votre argent est mieux placé dans votre épargne et vos placements.
Erreur 2 — Choisir la permanente parce qu’on vous l’a vendue comme « un placement ». L’assurance vie permanente est avant tout une assurance, pas un placement. Sa composante d’épargne offre généralement des rendements modestes et ses frais sont élevés. Pour la majorité des gens, il est plus rentable d’acheter une temporaire bon marché et d’investir la différence dans un CELI ou un REER avec des fonds indiciels à faibles frais.
Erreur 3 — Sous-évaluer le montant de couverture nécessaire. La règle générale est de viser une couverture équivalente à 7 à 10 fois votre revenu annuel brut, à laquelle vous ajoutez le solde de votre hypothèque, vos autres dettes, et un montant pour l’éducation future de vos enfants. Beaucoup de Canadiens sont sous-assurés parce qu’ils ne calculent pas correctement leurs besoins réels.
Erreur 4 — Choisir une couverture trop petite parce qu’on a opté pour la permanente. Conséquence directe de l’erreur 2. Avec un budget donné, choisir la permanente vous force à accepter une couverture beaucoup plus petite. 100 000 $ de couverture permanente est presque toujours moins utile que 500 000 $ de couverture temporaire pour une jeune famille avec hypothèque.
Erreur 5 — Acheter l’assurance vie de groupe au travail comme seule protection. Les assurances vie collectives offertes par les employeurs sont souvent un bon complément, mais elles ont deux limites majeures : la couverture est généralement modeste (1-2 fois votre salaire annuel), et elle disparaît si vous quittez votre emploi. Ne vous fiez jamais uniquement à la couverture de votre employeur — souscrivez aussi une police personnelle.
Erreur 6 — Ne pas magasiner. Pour une couverture identique, les écarts de prix entre assureurs peuvent atteindre 30 à 50 %. Demandez systématiquement au moins 3 soumissions auprès de courtiers indépendants. Au Québec, tous les courtiers et conseillers en sécurité financière doivent être inscrits à l’AMF.
Erreur 7 — Mentir sur la déclaration médicale ou tabagique. Si vous fumez, vous payez plus cher (parfois 2 fois plus). La tentation de mentir est forte. Mais les assureurs vérifient régulièrement, et toute fausse déclaration peut entraîner le refus du capital-décès au moment où vos proches en auraient le plus besoin. Soyez toujours honnête.
Erreur 8 — Oublier de désigner un bénéficiaire. Sans bénéficiaire désigné, le capital-décès est versé à votre succession et est soumis aux délais et aux frais de la liquidation successorale (jusqu’à plusieurs mois). Avec un bénéficiaire désigné, le versement est rapide et hors succession.
Note importante pour le Québec : si vous habitez au Québec et que vous désignez votre conjoint comme bénéficiaire, il est présumé irrévocable à moins d’indication contraire. Cela signifie que vous ne pourrez pas changer le bénéficiaire sans son consentement écrit. Cochez la case « révocable » si vous voulez garder cette flexibilité.
La stratégie hybride : combiner les deux
Pour beaucoup de Canadiens à patrimoine moyen ou élevé, la meilleure stratégie n’est pas de choisir entre temporaire et permanente, mais de combiner les deux.
Le principe : vous prenez une grosse couverture temporaire pour la période où vos besoins sont les plus élevés (hypothèque, jeunes enfants), et vous y ajoutez une plus petite couverture permanente qui restera en vigueur à vie pour des besoins permanents (frais funéraires, impôt au décès, héritage).
Exemple concret : un couple de 35 ans avec deux jeunes enfants, une hypothèque de 350 000 $, et un patrimoine modeste pourrait souscrire :
- Une temporaire 25 ans de 500 000 $ chacun pour couvrir l’hypothèque, les besoins familiaux, et l’éducation des enfants — coût approximatif : 35-50 $/mois chacun
- Une petite permanente de 25 000 $ chacun pour les frais funéraires et frais finaux — coût approximatif : 30-50 $/mois chacun
Cette approche donne le maximum de protection au moment où elle est la plus nécessaire, tout en garantissant qu’une somme sera versée à vos proches même si vous vivez jusqu’à 90 ans. Le total mensuel reste raisonnable et offre une flexibilité maximale.
Quand la temporaire arrive à terme (dans 25 ans), vos enfants seront probablement autonomes, votre hypothèque sera remboursée ou presque, et vous aurez accumulé un patrimoine. Vos besoins de protection auront naturellement diminué. La petite permanente reste en place pour les besoins finaux — exactement comme prévu.
Questions fréquentes
De combien d’assurance vie ai-je besoin ?
La règle générale est de viser 7 à 10 fois votre revenu annuel brut, plus le solde de votre hypothèque, plus vos autres dettes, plus un montant pour l’éducation des enfants (souvent 50 000 $ à 100 000 $ par enfant). Pour un revenu de 60 000 $, une hypothèque de 300 000 $ et 2 enfants, cela représente une couverture cible de 800 000 $ à 1 million de dollars.
Le capital-décès est-il imposable au Canada ?
Non. Les sommes versées par une assurance vie au décès de l’assuré sont libres d’impôt pour le bénéficiaire au Canada, qu’il s’agisse d’une assurance temporaire ou permanente. C’est l’un des grands avantages fiscaux de l’assurance vie.
Mon employeur m’offre déjà une assurance vie collective. Est-ce suffisant ?
Probablement pas. Les couvertures collectives sont généralement modestes (1-2 fois le salaire annuel) et disparaissent si vous quittez l’emploi. Considérez-la comme un complément utile à une police personnelle, pas comme un substitut. Souscrivez toujours une couverture personnelle adaptée à vos besoins.
Puis-je avoir plusieurs polices d’assurance vie ?
Oui. Vous pouvez détenir autant de polices que vous voulez, chez différents assureurs si vous le souhaitez. C’est même recommandé dans certains cas (par exemple, pour combiner une grosse temporaire et une petite permanente, ou pour protéger différents besoins avec des polices distinctes).
Que se passe-t-il si j’arrête de payer mes primes ?
Pour une temporaire, votre police s’annule rapidement et vous n’êtes plus couvert. Pour une permanente, plusieurs options peuvent s’offrir à vous selon votre contrat : utilisation de la valeur de rachat pour payer les primes, conversion en assurance libérée pour un montant réduit, ou rachat de la police. Lisez attentivement les options de votre contrat avant de prendre une décision.
Mon conjoint peut-il être bénéficiaire et propriétaire de la police ?
Oui. Vous pouvez désigner votre conjoint à la fois comme bénéficiaire (qui reçoit le capital-décès) et comme titulaire du contrat (qui a les droits sur la police). Au Québec, rappelez-vous que la désignation du conjoint comme bénéficiaire est présumée irrévocable à moins d’indication contraire.
L’assurance hypothécaire offerte par ma banque est-elle une bonne option ?
Généralement non. L’assurance hypothécaire vendue par les prêteurs hypothécaires présente plusieurs inconvénients : la couverture diminue à mesure que vous remboursez l’hypothèque (mais la prime reste la même), le bénéficiaire est la banque (pas votre famille), elle n’est pas portable si vous changez de prêteur, et elle est généralement plus chère qu’une assurance vie temporaire personnelle équivalente. Une assurance vie temporaire personnelle adaptée à votre hypothèque est presque toujours un meilleur choix.
Puis-je convertir ma temporaire en permanente plus tard ?
Oui, dans la plupart des cas. La majorité des polices temporaires sont convertibles en permanente jusqu’à un certain âge (souvent 65 ou 70 ans), généralement sans nouvel examen médical. C’est une option précieuse si votre santé se détériore ou si vos besoins changent. Vérifiez les conditions de conversion avant de souscrire.
Pour aller plus loin
L’assurance vie est une pièce importante mais pas isolée de votre planification financière. Voici les ressources complémentaires :
- Pour calculer combien d’assurance vie vous avez besoin : Combien d’assurance vie faut-il avoir ?
- Pour choisir le bon âge pour souscrire : À quel âge souscrire une assurance vie ?
- Pour comprendre l’assurance habitation : Assurance habitation au Québec : le guide complet
- Pour optimiser vos comptes enregistrés : CELI, REER et CELIAPP : le guide complet
- Pour planifier votre épargne mensuelle : Combien faut-il épargner par mois
Sources officielles
Cet article s’appuie sur les sources officielles suivantes :
- L’assurance vie temporaire — Autorité des marchés financiers (AMF)
- Assurance vie — Agence de la consommation en matière financière du Canada
- Autorité des marchés financiers du Québec (AMF)
- Chambre de l’assurance de dommages (ChAD)
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil en assurance personnalisé. Les fourchettes de prix mentionnées sont des estimations approximatives qui varient considérablement selon votre âge, votre santé, votre statut tabagique et de nombreux autres facteurs. Pour une analyse adaptée à vos besoins, nous vous recommandons de consulter un courtier ou un conseiller en sécurité financière inscrit à l’AMF. Pour en savoir plus sur notre démarche, consultez notre méthodologie éditoriale.

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