Pour choisir sa banque au Canada, il faut comparer trois grandes catégories d’institutions : les banques traditionnelles (RBC, TD, Scotia, BMO, CIBC, Banque Nationale), les coopératives comme Desjardins, et les banques en ligne (Tangerine, Simplii, EQ Bank, Wealthsimple). Les banques traditionnelles offrent un réseau physique étendu mais facturent des frais mensuels, tandis que les banques en ligne proposent des comptes sans frais et des taux d’intérêt plus élevés mais sans succursale. Le bon choix dépend de votre profil : fréquence d’utilisation des succursales, besoin de services spécialisés, tolérance à la technologie, et niveau de frais acceptable.
Choisir sa banque au Canada est une décision qui affecte votre vie financière au quotidien : frais mensuels, commodité des services, accès au crédit, qualité de l’application mobile, relation avec un conseiller. C’est aussi une décision qu’on reporte souvent parce qu’elle semble complexe — alors on reste avec la banque choisie par défaut il y a 10 ou 15 ans, même si elle ne correspond plus à nos besoins.
La bonne nouvelle : le paysage bancaire canadien est aujourd’hui plus varié et plus concurrentiel que jamais. Entre les géants historiques (les fameuses « Big Six »), la force coopérative de Desjardins au Québec, et la nouvelle génération de banques en ligne qui offrent des comptes sans frais et des taux d’intérêt bien plus élevés, vous avez réellement le choix.
Ce guide vous explique les différentes catégories d’institutions financières au Canada, leurs forces et leurs faiblesses, comment choisir selon votre profil, et comment changer de banque si celle que vous avez aujourd’hui ne vous convient plus. Toutes les informations sont vérifiées auprès de la Société d’assurance-dépôts du Canada (SADC) et de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC).
Sommaire
- Les trois grandes catégories d’institutions financières au Canada
- Comparatif complet : banques traditionnelles, coopératives et banques en ligne
- La protection SADC : ce que vous devez savoir avant de choisir
- Les critères de choix qui comptent vraiment
- Quelle banque choisir selon votre profil
- Comment changer de banque sans complications
- Les erreurs à éviter au moment de choisir
- Questions fréquentes
Les trois grandes catégories d’institutions financières au Canada
Au Canada, les institutions financières se répartissent en trois grandes familles, chacune avec sa propre logique, ses avantages, et ses limites.
1. Les banques traditionnelles (Big Six et autres). Ce sont les grandes banques à charte fédérale, dominées par les six plus importantes : RBC (Banque Royale), TD, Scotia, BMO, CIBC et Banque Nationale. À elles seules, ces six institutions contrôlent la grande majorité du marché bancaire canadien. Elles ont des milliers de succursales à travers le pays, offrent une gamme complète de services (comptes, prêts, hypothèques, placements, assurances), et disposent généralement des applications mobiles les plus développées. Leur principal inconvénient : les frais mensuels sur les comptes chèques, qui peuvent atteindre 15 $ à 30 $ par mois selon le forfait choisi.
2. Les coopératives de services financiers. Au Québec, c’est principalement Desjardins (le Mouvement des caisses Desjardins), qui est à la fois la plus grande coopérative financière d’Amérique du Nord et l’institution dominante au Québec. Dans le reste du Canada, il existe de nombreuses credit unions provinciales (Meridian, Vancity, Servus, etc.). Les coopératives se distinguent par leur modèle : vous êtes membre-propriétaire, pas simple client. Vous avez un droit de vote et participez aux décisions. Elles offrent généralement des services comparables aux banques traditionnelles, souvent avec des frais plus modestes et un ancrage local plus fort.
3. Les banques en ligne. C’est la catégorie qui a le plus bouleversé le marché canadien ces dernières années. Les principales institutions sont Tangerine (filiale de Scotia), Simplii Financial (filiale de CIBC), EQ Bank (Equitable Bank), et Wealthsimple Cash. Elles n’ont pas de succursales physiques, ce qui leur permet de réduire considérablement leurs coûts d’exploitation et de transférer ces économies aux clients sous forme de comptes sans frais et de taux d’intérêt beaucoup plus élevés sur l’épargne (souvent 2 à 4 fois plus que les banques traditionnelles).
Notez que Tangerine et Simplii sont techniquement des filiales de deux des Big Six (Scotia et CIBC respectivement), mais elles fonctionnent comme des banques en ligne indépendantes avec leurs propres comptes, cartes, et politiques de frais.
Comparatif complet : banques traditionnelles, coopératives et banques en ligne
Voici le tableau comparatif central de cet article. Il met en parallèle les trois grandes catégories sur les critères qui comptent vraiment pour la majorité des Canadiens.
| Critère | Banques traditionnelles (Big Six) | Coopératives (Desjardins, credit unions) | Banques en ligne (Tangerine, Simplii, EQ Bank) |
|---|---|---|---|
| Réseau de succursales | Très étendu (milliers) | Étendu dans leur région | Aucune succursale |
| Frais mensuels compte chèques | 15 $ à 30 $ (souvent avec exemption si solde minimum) | Variables, souvent plus modestes | Généralement 0 $ |
| Taux d’intérêt sur épargne | Bas (souvent 0,05 % à 0,5 %) | Modérés | Élevés (souvent 2 % à 4 %) |
| Application mobile | Très développée | Variable selon l’institution | Moderne et complète |
| Service client en personne | Disponible en succursale | Disponible en succursale | Uniquement par téléphone, chat ou courriel |
| Conseiller dédié | Oui (souvent selon le niveau de compte) | Oui | Non (support généraliste) |
| Gamme de services (hypothèque, placements, etc.) | Complète | Complète | Variable (certaines limitées aux comptes de base) |
| Protection SADC | Oui (toutes membres) | SADC (caisses à charte fédérale) ou AMF/régulateur provincial (caisses provinciales) | Oui (toutes membres) |
| Accès aux guichets automatiques | Vaste réseau propre | Vaste réseau propre | Accès limité (souvent via réseaux partenaires) |
| Transferts Interac | Oui (parfois avec frais) | Oui (parfois avec frais) | Oui (généralement gratuits et illimités) |
| Profil idéal | Besoin de services en personne, services complexes, conseiller dédié | Valeurs coopératives, ancrage local, services complets | Minimiser les frais, maximiser le taux d’épargne, à l’aise avec le numérique |
Ce tableau illustre pourquoi il n’y a pas de « meilleure banque » absolue : le bon choix dépend de ce qui compte le plus pour vous. Quelqu’un qui visite une succursale 10 fois par an pour discuter avec son conseiller n’aura pas les mêmes besoins qu’une personne qui fait tout sur son téléphone et ne met jamais les pieds dans une banque.
La protection SADC : ce que vous devez savoir avant de choisir
Un point crucial que beaucoup de Canadiens ignorent : peu importe la banque que vous choisissez, vos dépôts sont protégés par un filet de sécurité gouvernemental. La Société d’assurance-dépôts du Canada (SADC) est une société d’État créée en 1967 qui protège automatiquement les dépôts assurables dans ses institutions membres en cas de faillite bancaire.
Voici les points essentiels à comprendre :
Limite de protection. La SADC protège les dépôts assurables jusqu’à 100 000 $ par catégorie, par institution. Le mot important ici est « par catégorie » : vous n’êtes pas limité à 100 000 $ au total à la même banque. Les différentes catégories (compte chèques/épargne personnel, compte conjoint, CELI, REER, FERR, REEE, REEI, CELIAPP, comptes en fiducie) sont protégées séparément, chacune jusqu’à 100 000 $.
Automatique et gratuit. Comme le précise l’Agence de la consommation en matière financière du Canada, « vous n’avez pas à faire de demande d’assurance-dépôts, ni à payer pour l’obtenir. La Société d’assurance-dépôts du Canada assure automatiquement vos dépôts assurables. »
Neuf catégories protégées distinctement :
- Dépôts au nom d’un seul déposant
- Dépôts conjoints
- Dépôts dans un REER
- Dépôts dans un FERR
- Dépôts dans un CELI
- Dépôts dans un REEE
- Dépôts dans un REEI
- Dépôts dans un CELIAPP (nouvelle catégorie depuis 2023)
- Dépôts en fiducie (sous certaines conditions)
Exemple concret : une personne qui détient à la même banque un compte chèques de 40 000 $, un CELI de 80 000 $, un REER de 90 000 $ et un CELIAPP de 30 000 $ est entièrement protégée, car chaque compte relève d’une catégorie distincte et reste sous le plafond de 100 000 $ de sa catégorie. C’est un total de 240 000 $ protégé à une seule institution.
Ce qui N’EST PAS couvert. La SADC ne protège pas les actions, obligations, fonds communs de placement, FNB, et autres placements de marché. Pour ces placements, c’est le Fonds canadien de protection des investisseurs (FCPI) qui offre une protection distincte (jusqu’à 1 million de dollars par catégorie de compte) en cas de faillite d’un courtier membre.
Au Québec, pour les caisses Desjardins : les dépôts sont protégés par l’Autorité des marchés financiers (AMF) du Québec selon un régime similaire, avec une protection de 100 000 $ par catégorie. La protection est équivalente mais émane d’un régime provincial plutôt que fédéral.
La conclusion pratique : pour la grande majorité des Canadiens avec des dépôts modestes à moyens, la sécurité des fonds n’est pas un facteur différenciant entre les banques. Toutes les institutions membres de la SADC ou de l’AMF offrent la même garantie. Vous pouvez choisir une banque en ligne sans aucun risque accru par rapport à une banque traditionnelle.
Les critères de choix qui comptent vraiment
Au-delà des catégories, voici les critères concrets à évaluer avant de choisir votre banque principale.
Critère 1 — Les frais mensuels sur le compte chèques. C’est probablement le critère le plus visible mais aussi celui où les différences sont les plus grandes. Les banques traditionnelles facturent de 10 $ à 30 $ par mois selon le forfait, souvent avec une exemption si vous maintenez un solde minimum (par exemple 3 000 $ à 6 000 $ dans le compte). Les banques en ligne offrent généralement des comptes sans frais sans condition de solde. Sur 10 ans, la différence peut atteindre 2 000 $ à 3 600 $. Pour un guide détaillé des comptes sans frais, consultez notre article sur les comptes bancaires sans frais au Canada.
Critère 2 — Le taux d’intérêt sur les comptes d’épargne. C’est là où l’écart est le plus spectaculaire. Les banques traditionnelles offrent souvent des taux dérisoires (0,05 % à 0,5 %) sur leurs comptes d’épargne standards, alors que les banques en ligne proposent couramment 2 % à 4 % sur le même type de compte. Sur un solde de 10 000 $, l’écart annuel est de 200 $ à 400 $. Sur 20 000 $, c’est 400 $ à 800 $ par an — littéralement de l’argent qui dort inutilement si vous restez dans une banque traditionnelle pour votre épargne.
Critère 3 — La qualité de l’application mobile. Au Canada, les banques traditionnelles ont investi massivement dans leurs applications, qui sont aujourd’hui généralement excellentes. Les banques en ligne étant « nées numériques », leurs applications sont également très performantes. Les coopératives varient : certaines ont des applications très développées, d’autres sont en rattrapage. Testez l’application de la banque que vous envisagez avant de vous engager — vous l’utiliserez tous les jours.
Critère 4 — L’accès au réseau de guichets automatiques. Si vous retirez régulièrement de l’argent comptant, l’accès à un vaste réseau de guichets sans frais est important. Les banques traditionnelles ont des milliers de guichets dans leur réseau propre. Desjardins a un réseau dense au Québec. Les banques en ligne ont généralement un accès limité via des réseaux partenaires (par exemple, EQ Bank via le réseau Global ATM Alliance, ou remboursement des frais via certaines offres). Si vous utilisez peu d’argent comptant (ce qui est de plus en plus le cas), ce critère perd de son importance.
Critère 5 — La disponibilité des services spécialisés. Si vous prévoyez contracter une hypothèque, ouvrir une entreprise, investir dans des placements complexes, ou obtenir des conseils financiers personnalisés, les banques traditionnelles et les coopératives offrent un éventail de services beaucoup plus large. Les banques en ligne se concentrent sur les produits de base : comptes, épargne, parfois CELI/REER en comptes d’épargne. Si vos besoins sont complexes, il peut être judicieux de combiner une banque traditionnelle (pour les services spécialisés) et une banque en ligne (pour les comptes courants et l’épargne).
Critère 6 — La possibilité d’avoir un conseiller dédié. Dans les banques traditionnelles et les coopératives, certains niveaux de compte vous donnent accès à un conseiller financier qui connaît votre dossier et avec qui vous développez une relation. Les banques en ligne n’offrent généralement pas ce service — vous parlez à un agent de support généraliste différent à chaque appel. Si vous valorisez la continuité de la relation, c’est un facteur important.
Critère 7 — Les frais de transaction Interac et les virements. Les banques traditionnelles incluent généralement un nombre limité de transactions Interac dans leurs forfaits, et facturent au-delà (ou pour les virements Interac, parfois 1 $ à 2 $ l’un). Les banques en ligne offrent généralement des transferts Interac gratuits et illimités, ce qui peut représenter des économies significatives pour quelqu’un qui fait beaucoup de virements (loyer, partage de dépenses, paiements personnels).
Quelle banque choisir selon votre profil
Voici une synthèse par profil pour vous aider à orienter votre choix de banque principale au Canada.
| Votre profil | Recommandation | Pourquoi |
|---|---|---|
| Jeune adulte numérique, aucun projet complexe à court terme | Banque en ligne (Tangerine, Simplii, EQ Bank, Wealthsimple Cash) | Comptes sans frais, taux d’épargne élevés, application moderne. Pas besoin de succursale pour des besoins simples. |
| Famille avec projets (hypothèque, REEE, planification) | Banque traditionnelle ou coopérative + banque en ligne pour l’épargne | Services spécialisés complets en succursale, mais éviter les taux dérisoires sur l’épargne en ouvrant un compte en ligne en parallèle. |
| Personne âgée peu à l’aise avec le numérique | Banque traditionnelle ou coopérative avec succursale proche | Service en personne, relation avec un conseiller, dépôts en personne possibles. La technologie ne doit pas être une barrière. |
| Nouvel arrivant au Canada | Banque traditionnelle ou coopérative (au moins au début) | Accompagnement pour l’installation, historique de crédit à bâtir, services de change, offre « nouvel arrivant » souvent avec frais réduits la première année. Consultez le guide pour nouveaux arrivants. |
| Travailleur autonome ou petit entrepreneur | Banque traditionnelle ou coopérative pour le volet entreprise | Besoin d’un conseiller, de produits d’entreprise spécialisés, de lignes de crédit, potentiellement d’une relation à long terme pour des prêts commerciaux. |
| Résident du Québec attaché aux valeurs coopératives | Desjardins | Modèle coopératif, ancrage local fort, gamme complète de services, présence dense au Québec. |
| Couple stratégique voulant optimiser | Double approche : banque traditionnelle pour les services + banque en ligne pour l’épargne | Avoir le meilleur des deux mondes. C’est la stratégie la plus courante chez les personnes qui prennent leurs finances au sérieux. |
La stratégie combinée : avoir deux banques. Une tendance de plus en plus répandue chez les Canadiens qui optimisent leurs finances : garder leur banque traditionnelle pour le compte chèques et les services spécialisés (hypothèque, conseiller, conseils complexes), et ouvrir parallèlement un compte dans une banque en ligne pour l’épargne (taux plus élevé) et les transferts Interac (gratuits). Cette approche vous donne le meilleur des deux mondes sans les inconvénients de chacun.
Comment changer de banque sans complications
Si votre banque actuelle ne vous convient plus, la changer est plus simple que ce qu’on imagine. Voici la marche à suivre pour un changement sans heurts.
Étape 1 — Ouvrir le nouveau compte avant de fermer l’ancien. Ne fermez jamais votre ancien compte avant d’avoir ouvert et activé le nouveau. Gardez les deux comptes actifs simultanément pendant au moins un mois (idéalement deux) pour assurer une transition propre.
Étape 2 — Dresser la liste de tous vos paiements automatiques. Consultez vos relevés des 3 derniers mois et listez tous les prélèvements automatiques : hypothèque ou loyer, assurances, services publics (hydro, internet, téléphone), abonnements (Netflix, Spotify, applications), cartes de crédit, versements REER automatiques, etc. C’est l’étape la plus importante et la plus oubliée.
Étape 3 — Changer les coordonnées bancaires pour vos revenus entrants. Le plus critique : votre employeur pour le dépôt direct de la paie. Suivent les autres sources de revenus : ARC (remboursements d’impôts, Allocation canadienne pour enfants, TPS/TVH), Revenu Québec, prestations diverses. Contactez chaque organisme ou utilisez les portails en ligne pour mettre à jour vos coordonnées.
Étape 4 — Changer les coordonnées bancaires pour vos paiements sortants. Pour chaque paiement automatique listé à l’étape 2, contactez le bénéficiaire (ou utilisez son portail en ligne) pour fournir les nouvelles coordonnées bancaires. Certaines entreprises acceptent les changements en un clic en ligne, d’autres exigent un formulaire ou une autorisation écrite.
Étape 5 — Garder de l’argent dans les deux comptes pendant la transition. Pendant le mois de transition, gardez suffisamment de fonds dans l’ancien compte pour couvrir d’éventuels paiements que vous auriez oubliés de transférer. C’est votre filet de sécurité contre les retards ou les frais d’insuffisance de fonds.
Étape 6 — Vérifier qu’il n’y a plus aucune activité sur l’ancien compte. Après 30 à 60 jours, consultez les relevés de votre ancien compte. Si vous ne voyez plus aucune transaction, vous pouvez procéder à la fermeture officielle.
Étape 7 — Fermer officiellement l’ancien compte. La fermeture se fait généralement par demande écrite ou en succursale. Demandez une confirmation écrite de la fermeture et conservez-la au moins deux ans. Vérifiez qu’il n’y a pas de solde résiduel (positif ou négatif) à gérer avant la fermeture.
L’ensemble du processus prend généralement 6 à 8 semaines si vous voulez le faire sans stress. Pour un guide détaillé étape par étape, consultez notre article sur comment changer de banque au Canada.
Les erreurs à éviter au moment de choisir
Voici les pièges les plus courants quand vient le moment de choisir ou de changer sa banque principale.
Erreur 1 — Choisir uniquement selon la promotion de bienvenue. Beaucoup de banques offrent des bonus attrayants (200 $, 400 $, parfois plus) pour l’ouverture d’un nouveau compte. Ces bonus sont agréables mais ne doivent pas être le critère principal. Un bonus de 300 $ ne compense pas 20 $ de frais mensuels pendant des années. Calculez le coût total sur 5 ans, pas juste la première année.
Erreur 2 — Ne pas lire les conditions d’exemption des frais. Les banques traditionnelles offrent souvent des « comptes sans frais » sous condition de maintenir un solde minimum (par exemple 3 000 $ à 6 000 $ en permanence). Si votre solde descend sous ce minimum, même une journée dans le mois, les frais s’appliquent pour tout le mois. Lisez attentivement les conditions exactes.
Erreur 3 — Ne pas tester l’application mobile avant de choisir. Une application mauvaise peut transformer la gestion quotidienne de vos finances en cauchemar. Téléchargez l’application avant de vous engager et explorez ses fonctionnalités. Certaines banques permettent de « pré-visualiser » leur application sans avoir de compte.
Erreur 4 — Rester par inertie dans une banque qui ne convient plus. Beaucoup de Canadiens restent avec leur banque d’enfance ou celle choisie par leurs parents, même quand elle ne correspond plus à leurs besoins actuels. Reconsidérer son choix tous les 3-5 ans est une bonne hygiène financière. Le marché évolue, vos besoins aussi.
Erreur 5 — Sous-estimer l’importance de l’épargne bien rémunérée. Garder 30 000 $ d’épargne dans un compte à 0,1 % d’intérêt plutôt que dans un compte à 3 % vous coûte environ 870 $ par an en intérêts manqués. Sur 10 ans, c’est près de 10 000 $. Pour une fraction de ce montant en effort, ouvrir un compte d’épargne dans une banque en ligne pour votre épargne est presque toujours rentable.
Erreur 6 — Ignorer les frais cachés. Au-delà des frais mensuels visibles, les banques facturent de nombreux frais moins évidents : retraits à des guichets hors réseau (1,50 $ à 5 $), virements internationaux (parfois 30 $ et plus), relevés papier, chèques, changement de NIP, etc. Consultez notre article dédié sur les frais bancaires cachés au Canada.
Questions fréquentes
Puis-je avoir plusieurs banques en même temps ?
Oui, absolument. Il n’y a aucune limite au nombre de banques où vous pouvez détenir des comptes. Avoir plusieurs banques est même une stratégie courante chez les Canadiens qui optimisent leurs finances : une banque traditionnelle pour les services spécialisés et un conseiller, et une banque en ligne pour l’épargne à taux élevé et les transferts gratuits.
Est-ce que mon argent est vraiment en sécurité dans une banque en ligne ?
Oui. Toutes les principales banques en ligne au Canada (Tangerine, Simplii, EQ Bank, Wealthsimple Cash) sont membres de la SADC et offrent donc la même protection de 100 000 $ par catégorie que les banques traditionnelles. La sécurité informatique de ces institutions est aussi robuste que celle des grandes banques. Aucun déposant dans une institution membre de la SADC n’a jamais perdu un dollar assuré depuis sa création en 1967.
Desjardins est-il membre de la SADC ?
Non. Les caisses Desjardins sont sous réglementation provinciale québécoise et ne sont pas membres de la SADC. Elles sont protégées par un régime équivalent administré par l’Autorité des marchés financiers (AMF) du Québec, qui offre une protection similaire de 100 000 $ par catégorie. La protection est équivalente, elle provient simplement d’un régime différent.
Combien coûte un compte chèques en moyenne au Canada ?
Dans les banques traditionnelles, les forfaits de base coûtent généralement entre 4 $ et 17 $ par mois (souvent avec exemption si vous maintenez un solde minimum de 3 000 $ à 4 000 $), et les forfaits complets sans restriction vont de 17 $ à 30 $ par mois (exemptés avec des soldes de 5 000 $ à 6 000 $ ou plus). Dans les banques en ligne, les comptes chèques sont généralement gratuits, sans condition de solde minimum.
Puis-je encaisser un chèque papier avec une banque en ligne ?
Oui, via la fonction de dépôt mobile dans l’application. Vous prenez une photo du chèque (recto et verso) et la banque traite le dépôt en quelques jours ouvrables. Toutes les banques en ligne canadiennes offrent ce service. Vous n’avez plus besoin d’une succursale pour déposer des chèques.
Les banques en ligne acceptent-elles le dépôt direct de mon employeur ?
Oui. Toutes les banques en ligne canadiennes ont des numéros de transit, d’institution et de compte standards qui peuvent être fournis à votre employeur pour le dépôt direct de votre paie. C’est l’une des premières choses que vous mettez en place après avoir ouvert le compte.
Quelle est la différence entre une banque et une coopérative de crédit ?
Une banque est une société par actions dont le but est de générer des profits pour ses actionnaires. Une coopérative de crédit (comme Desjardins) est une entité dont les clients sont membres-propriétaires et participent aux décisions. Les excédents générés sont redistribués aux membres (ristournes) ou réinvestis dans les services. La différence est principalement philosophique et structurelle — au quotidien, les services offerts sont largement comparables.
Pour aller plus loin
Ce pilier couvre l’essentiel du choix d’une banque. Pour approfondir des aspects spécifiques :
- Pour un comparatif détaillé des principales banques en ligne : Tangerine vs Simplii vs EQ Bank : comparatif complet
- Pour trouver un compte chèques sans frais : Comptes bancaires sans frais au Canada
- Pour comprendre la distinction entre banque traditionnelle et banque en ligne : Banque traditionnelle vs banque en ligne
- Pour éviter les frais bancaires cachés : Les frais bancaires cachés au Canada
- Pour la procédure complète de changement : Comment changer de banque au Canada
- Pour sécuriser votre argent dans une banque en ligne : Sécurité des banques en ligne au Canada
Sources officielles
Cet article s’appuie sur les sources officielles suivantes :
- Société d’assurance-dépôts du Canada (SADC)
- Quels dépôts sont protégés — SADC
- Assurance-dépôts — Agence de la consommation en matière financière du Canada
- Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC)
- Autorité des marchés financiers du Québec (AMF)
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Les caractéristiques, frais et taux des comptes bancaires changent régulièrement. Vérifiez toujours les conditions actuelles auprès de l’institution financière avant d’ouvrir un compte. Pour en savoir plus sur notre démarche, consultez notre méthodologie éditoriale.

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