Le volume d’échange d’un FNB ne dit pas à lui seul s’il est facile à acheter ou à vendre à bon prix. Ce qui compte vraiment pour votre portefeuille, c’est l’écart acheteur-vendeur, un coût invisible payé à chaque transaction, et la liquidité des titres que le fonds détient.
Quand on compare des fonds négociés en bourse (FNB), on regarde presque toujours les frais de gestion en premier. C’est un bon réflexe, expliqué dans notre article sur l’impact des frais de gestion sur votre rendement. Mais un FNB s’échange en bourse comme une action : chaque achat et chaque vente comportent un coût de transaction, souvent ignoré, qui dépend de la liquidité du fonds.
Cet article explique comment lire les indicateurs de liquidité d’un FNB (volume, écart acheteur-vendeur, prime ou escompte), pourquoi ils sont parfois trompeurs, et comment les vérifier simplement avant de passer un ordre.
Note : les écarts acheteur-vendeur changent d’une journée à l’autre, et même d’une minute à l’autre. Les montants de cet article sont des exemples hypothétiques pour illustrer le mécanisme, pas des données de marché. Consultez toujours les cours affichés par votre courtier au moment de la transaction.
Sommaire
- Ce que « liquidité » veut dire pour un FNB
- Deux niveaux de liquidité : le marché secondaire et le marché primaire
- Volume et liquidité : pourquoi ce n’est pas la même chose
- L’écart acheteur-vendeur : le lire et en calculer le coût
- Prime et escompte par rapport à la valeur liquidative
- Une démarche simple avant d’acheter un FNB
- Les erreurs à éviter
- Questions fréquentes
Ce que « liquidité » veut dire pour un FNB
La liquidité désigne la facilité avec laquelle on peut acheter ou vendre un placement rapidement, en quantité voulue, sans que son prix bouge de façon notable. Un placement liquide se négocie près de sa vraie valeur; un placement peu liquide oblige à accepter un prix moins avantageux.
Un FNB est un fonds coté en bourse. Il détient un panier de titres (actions, obligations, etc.) et ses parts s’échangent tout au long de la journée à un prix de marché, comme une action. Pour une vue d’ensemble du produit, voyez notre guide sur les FNB indiciels au Canada.
La liquidité se mesure à plusieurs indicateurs : le volume d’échange (combien de parts changent de mains), l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente affichés, l’écart entre le prix de marché et la valeur des titres détenus, et la nature des titres sous-jacents. Aucun de ces indicateurs ne suffit seul.
Pourquoi cela compte pour un investisseur à long terme. Même si vous prévoyez garder vos parts longtemps, vous payez le coût de liquidité à l’achat et à la vente. Pour un petit achat unique, il est minime avec un FNB très liquide; avec un FNB peu échangé et mal soutenu, il peut annuler une partie de l’avantage d’un faible ratio de frais de gestion (RFG).
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Deux niveaux de liquidité : le marché secondaire et le marché primaire
La liquidité d’un FNB repose sur deux couches, et c’est ce qui le distingue d’une action ordinaire.
Le marché secondaire. C’est la bourse, là où vous passez votre ordre. Vous y croisez d’autres investisseurs et des teneurs de marché, des firmes qui affichent en continu un prix auquel elles achètent (l’offre) et un prix auquel elles vendent (la demande). Leur rôle est d’assurer qu’il existe presque toujours quelqu’un avec qui négocier.
Le marché primaire. Il est réservé à des courtiers désignés, appelés participants autorisés. Ils peuvent créer de nouvelles parts en livrant au gestionnaire du FNB un panier de titres équivalent, ou en racheter contre un panier de titres. Ce mécanisme empêche en principe le prix du FNB de s’éloigner durablement de la valeur de ses titres.
Ce que cela change pour vous. Un FNB peu échangé n’est pas forcément illiquide : si ses titres sous-jacents se négocient facilement, les teneurs de marché peuvent couvrir leur position et afficher un écart serré. À l’inverse, un FNB qui détient des titres difficiles à acheter ou à vendre (certaines obligations, des marchés étrangers) peut avoir un écart plus large, peu importe son volume.
Un chantier réglementaire en cours. En juin 2025, les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) ont publié le document de consultation 81-409 sur le cadre applicable aux FNB. Elles y proposent notamment que les FNB adoptent des politiques écrites sur la création et le rachat de parts, et qu’ils publient sur leur site l’écart acheteur-vendeur médian des 30 derniers jours. Il s’agissait de propositions soumises à consultation; nous n’avons pas confirmé leur adoption définitive. Vérifiez donc ce que la fiche de chaque FNB affiche réellement.
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Volume et liquidité : pourquoi ce n’est pas la même chose
Le volume est le nombre de parts échangées durant une période, souvent une journée. C’est l’indicateur le plus visible sur les plateformes, et donc le plus mal interprété.
Un volume faible n’est pas un signal d’alarme à lui seul. Deux FNB qui détiennent essentiellement les mêmes titres très liquides peuvent être tout aussi faciles à négocier, même si l’un affiche beaucoup moins de volume que l’autre. Dans les deux cas, les teneurs de marché peuvent répondre à la demande en créant ou en rachetant des parts, à partir de titres que l’on trouve facilement en bourse.
Un volume élevé n’est pas une garantie non plus. Un jour de forte agitation, le volume monte justement parce que tout le monde veut agir en même temps; l’écart acheteur-vendeur, lui, peut s’élargir en période de volatilité.
La liquidité des titres détenus est la vraie référence. Un FNB qui reproduit un grand indice d’actions très échangées a de bonnes chances d’afficher un écart serré. Un FNB spécialisé, de niche, ou qui détient des titres moins négociés (voir par exemple les FNB à effet de levier ou les produits thématiques) mérite une vérification plus attentive.
Le réflexe utile. Utilisez le volume comme un premier indice, puis confirmez avec l’écart acheteur-vendeur affiché au moment où vous voulez négocier. C’est cette mesure qui reflète le coût réel pour vous.
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L’écart acheteur-vendeur : le lire et en calculer le coût
Votre plateforme affiche deux prix : le prix d’offre (le plus élevé qu’un acheteur accepte de payer) et le prix de demande (le plus bas qu’un vendeur accepte de recevoir). La différence est l’écart acheteur-vendeur. Si vous achetez au marché, vous payez le prix de demande; si vous vendez au marché, vous recevez le prix d’offre.
Un exemple hypothétique. Un FNB affiche une offre à 25,00 $ et une demande à 25,04 $. L’écart est de 0,04 $, soit environ 0,16 % du prix. Vous achetez 400 parts : au prix de demande, cela coûte 10 016 $. Si vous les revendiez immédiatement au prix d’offre, vous récupéreriez 10 000 $. L’écart représente donc un coût d’environ 16 $ pour l’aller-retour, même si le prix « du marché » n’a pas bougé.
Le même achat avec un écart plus large. Si l’écart était de 0,25 $ sur le même prix de 25 $, soit environ 1 %, le même aller-retour coûterait environ 100 $. C’est la raison pour laquelle l’écart se compare au pourcentage du prix, pas seulement en cents.
Un coût ponctuel, pas annuel. Contrairement au RFG, prélevé chaque année, l’écart se paie à chaque transaction. Pour quelqu’un qui investit une somme régulière et garde ses parts des années, le coût total reste généralement modeste avec un FNB liquide. Il pèse davantage pour qui achète et vend souvent ou fait de petits achats fréquents sur un FNB à écart large.
Comment limiter l’impact. L’ordre à cours limité vous permet de fixer le prix maximal que vous acceptez de payer, plutôt que de subir le prix de demande du moment; nous le détaillons dans notre article sur les ordres d’achat et de vente en bourse. Évitez aussi les moments les plus agités : l’ouverture et la fermeture de la séance sont souvent plus volatiles.
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Prime et escompte par rapport à la valeur liquidative
La valeur liquidative (VL) est la valeur des titres détenus par le fonds, divisée par le nombre de parts. Le prix de marché d’une part peut s’en écarter légèrement durant la journée, parce que les prix des titres sous-jacents et la demande pour le FNB changent.
Une prime signifie que le prix de marché dépasse la valeur liquidative; un escompte, qu’il lui est inférieur. Un petit écart passager est normal. Un écart important et persistant peut indiquer que le FNB est moins liquide que ceux dont le prix de marché reste proche de la VL, selon l’organisme d’éducation financière GetSmarterAboutMoney.ca.
Pourquoi cet écart est un coût réel. Si vous payez une prime, vous payez plus que la valeur des titres que vous recevez; si vous vendez à escompte, vous recevez moins. Ce coût s’ajoute à l’écart acheteur-vendeur.
Où trouver l’information. La fiche du FNB sur le site du gestionnaire indique habituellement la valeur liquidative quotidienne. Comparez-la au cours affiché par votre courtier, de préférence en milieu de séance, quand les marchés sont stables. Si le gestionnaire publie l’écart acheteur-vendeur moyen ou médian, notez-le aussi, mais sachez que sa présentation varie d’un gestionnaire à l’autre.
Un cas particulier : les FNB détenant des titres étrangers. Lorsque la bourse sous-jacente est fermée pendant que le FNB s’échange ici, la valeur liquidative n’est pas à jour en temps réel, ce qui peut accentuer l’écart apparent. Notre article sur le risque de change aide à comprendre l’autre dimension d’un portefeuille international.
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Une démarche simple avant d’acheter un FNB
Cette liste de vérification est une méthode d’analyse, pas une recommandation de produit. Elle s’applique à tout FNB qui vous intéresse.
1. Regardez ce que le FNB détient. Des titres très échangés (grands indices d’actions) rendent une bonne liquidité plus probable; des titres moins négociés demandent plus de prudence.
2. Comparez les coûts ensemble. Additionnez mentalement le RFG (annuel), l’écart acheteur-vendeur (à chaque transaction) et, selon votre plateforme, les commissions. Un FNB légèrement moins cher en frais peut coûter plus cher à acheter si son écart est large.
3. Vérifiez l’écart au moment d’acheter. Notez l’offre et la demande affichées, calculez l’écart en pourcentage et comparez-le à celui de FNB comparables.
4. Utilisez un ordre à cours limité. Fixez un prix à ou près de la demande du moment plutôt que d’accepter n’importe quel prix.
5. Évitez de négocier aux heures agitées. Le milieu de séance est généralement plus calme que l’ouverture et la fermeture.
6. Regroupez vos achats. Si votre plateforme facture des commissions, des achats moins fréquents mais plus substantiels réduisent le coût total; pour mesurer ce que votre portefeuille rapporte vraiment après tous les coûts, voyez notre article sur le calcul du rendement réel d’un portefeuille.
Le réflexe à adopter : avant de cliquer sur « acheter », regardez trois chiffres : ce que le FNB détient, l’écart acheteur-vendeur du moment (en pourcentage) et l’écart entre le prix de marché et la valeur liquidative. Puis passez un ordre à cours limité. Ces trente secondes protègent contre un coût que la plupart des investisseurs ne voient jamais sur leur relevé.
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Les erreurs à éviter
Erreur 1 — Choisir un FNB uniquement sur son volume. Un volume faible n’indique pas forcément un FNB difficile à négocier, et un volume élevé ne garantit pas un écart serré. Regardez l’écart et les titres détenus.
Erreur 2 — Ignorer l’écart acheteur-vendeur. Il est absent de votre relevé, mais il se paie à chaque transaction. Un écart exprimé en cents paraît petit; exprimé en pourcentage, il se compare.
Erreur 3 — Passer un ordre au marché sur un FNB peu échangé. Vous acceptez alors le prix de demande du moment, parfois loin du prix « raisonnable ». Un ordre à cours limité donne le contrôle du prix.
Erreur 4 — Négocier à l’ouverture ou à la fermeture sans raison. Les prix y sont souvent plus instables et les écarts peuvent être plus larges.
Erreur 5 — Comparer seulement le RFG. Un FNB très bon marché en frais annuels, mais illiquide, peut coûter plus cher à l’achat et à la vente qu’un FNB légèrement plus coûteux en frais mais très liquide.
Erreur 6 — Négocier souvent de petits montants. Si votre plateforme facture des commissions et que l’écart s’applique à chaque achat, la fréquence gonfle le coût total.
Erreur 7 — Se fier à un chiffre vu une seule fois. L’écart et le volume varient selon l’heure, le jour et l’humeur du marché. Vérifiez au moment de négocier.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’écart acheteur-vendeur d’un FNB?
C’est la différence entre le prix le plus élevé qu’un acheteur offre et le prix le plus bas qu’un vendeur demande. Si vous achetez au marché, vous payez le prix de demande; si vous vendez, vous recevez le prix d’offre. L’écart représente donc un coût de transaction.
Un FNB avec peu de volume est-il risqué?
Pas nécessairement. Si ses titres sous-jacents sont liquides, les teneurs de marché peuvent maintenir un écart serré même avec peu de parts échangées. Le risque vient plutôt de la combinaison d’un faible volume, d’un écart large et de titres difficiles à négocier.
Quel écart acheteur-vendeur est acceptable?
Il n’existe pas de seuil officiel unique. Comparez plutôt l’écart du FNB que vous visez à celui de FNB similaires, en pourcentage du prix, et mesurez-le par rapport à la somme que vous investissez. Plus l’écart est grand, plus il vaut la peine d’utiliser un ordre à cours limité.
Pourquoi le prix de marché d’un FNB diffère-t-il de sa valeur liquidative?
Parce que le prix des titres sous-jacents et la demande pour le FNB changent durant la journée, alors que la valeur liquidative est calculée à partir de la valeur des titres détenus. Un petit écart passager est normal; un écart important et persistant peut signaler une liquidité moindre.
Qu’est-ce qu’un participant autorisé?
C’est un courtier désigné qui peut créer ou racheter des parts de FNB auprès du gestionnaire, en échange d’un panier de titres. Ce mécanisme contribue à garder le prix du FNB proche de la valeur de ses titres.
Les ACVM exigent-elles que les FNB publient leur écart acheteur-vendeur?
En juin 2025, les ACVM ont proposé, dans un document de consultation, que les FNB publient l’écart acheteur-vendeur médian des 30 derniers jours. Nous n’avons pas confirmé si cette mesure a été adoptée sous forme définitive; consultez le site de votre gestionnaire et celui des ACVM pour l’état actuel.
Un FNB peu liquide peut-il m’empêcher de vendre?
Il n’existe aucune garantie qu’un marché actif se maintienne pour un FNB donné. Dans un cas extrême, vous pourriez ne pas pouvoir vendre au moment voulu ou seulement à un prix peu avantageux. D’où l’intérêt de vérifier la liquidité avant d’acheter.
Sources officielles
- GetSmarterAboutMoney.ca : comment acheter et vendre des FNB
- Autorité des marchés financiers : Bulletin (document de consultation 81-409 des ACVM sur les FNB)
- Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM)
- Organisme canadien de réglementation des investissements (OCRI)
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Les exemples chiffrés sont hypothétiques et les conditions de marché changent constamment. Pour une situation particulière, consultez un conseiller en placement ou un planificateur financier qualifié. Pour en savoir plus sur notre démarche, consultez notre méthodologie éditoriale.

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