Pendant plus de quarante ans, le portefeuille composé de 60 % d’actions et 40 % d’obligations a été la référence de l’investisseur prudent — jusqu’à ce que 2022 devienne l’une des pires années jamais enregistrées pour cette combinaison, forçant tout le monde à revoir ses certitudes.
Le « 60/40 » revient constamment dans les conversations sur les placements : c’est souvent la première répartition qu’on suggère à quelqu’un qui commence à investir, et c’est aussi celle que des fonds tout-en-un reproduisent automatiquement. Mais d’où vient cette proportion précise, pourquoi a-t-elle craqué en 2022, et est-ce qu’elle mérite encore une place dans un portefeuille en 2026? Ce guide répond à ces questions sans jargon et sans recommander un produit en particulier.
Note : les données de rendement historique citées dans cet article varient selon la source, la période et l’indice de référence utilisé (marché américain, mondial ou canadien). Elles sont présentées ici de façon qualitative pour illustrer des ordres de grandeur, jamais comme une promesse de rendement futur.
Sommaire
- Qu’est-ce que le portefeuille 60/40
- Le mécanisme : pourquoi cette proportion précise
- La nuance de 2022 : quand la corrélation s’inverse
- Comment construire un 60/40 en pratique au Canada
- Ce que le rendement historique enseigne (et ce qu’il ne garantit pas)
- Le 60/40 est-il dépassé? Variantes et alternatives
- Les erreurs à éviter
- Questions fréquentes
Qu’est-ce que le portefeuille 60/40
Le portefeuille 60/40 est une répartition d’actifs simple : 60 % de la valeur du portefeuille est investie en actions (croissance du capital) et 40 % en obligations (revenu fixe, stabilité). L’idée n’est pas de choisir des titres précis, mais de fixer un ratio global entre deux grandes classes d’actifs qui se comportent différemment selon les cycles économiques.
Un compromis entre croissance et stabilité. Les actions offrent historiquement le meilleur potentiel de rendement à long terme, mais avec des fluctuations importantes à court terme. Les obligations offrent un rendement plus modeste, mais généralement plus prévisible, avec des versements d’intérêt réguliers. En combinant les deux dans une proportion fixe, l’investisseur accepte de renoncer à une partie du rendement potentiel des actions pures en échange d’une volatilité réduite.
D’où vient la popularité du 60/40. Ce ratio n’est pas issu d’une loi mathématique unique, mais d’une pratique consacrée par des décennies de gestion de portefeuille institutionnelle et de recherche en finance, notamment les travaux sur la répartition d’actifs et la diversification de portefeuille. Il est devenu un point de repère parce qu’il représente un équilibre jugé raisonnable pour un investisseur avec un horizon de plusieurs décennies et une tolérance au risque modérée — ni entièrement offensif, ni entièrement défensif.
Ce que le 60/40 n’est pas. Ce n’est ni une règle universelle ni un objectif en soi. C’est un point de départ générique qu’un investisseur ajuste ensuite selon son âge, son horizon de placement et sa tolérance personnelle au risque — un jeune investisseur avec un horizon de 30 ans pourrait très bien opter pour une proportion plus offensive, tandis qu’un retraité pourrait préférer l’inverse.
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Le mécanisme : pourquoi cette proportion précise
Le raisonnement derrière le 60/40 repose sur un principe central : historiquement, les actions et les obligations n’évoluent pas toujours dans la même direction. Quand l’économie ralentit et que les marchés boursiers reculent, les investisseurs se tournent souvent vers les obligations jugées plus sûres, ce qui a tendance à soutenir leur valeur — une dynamique qu’on appelle une corrélation négative entre les deux classes d’actifs.
L’obligation comme amortisseur. Dans ce scénario classique, la portion obligataire du portefeuille agit comme un coussin : pendant qu’une récession fait chuter les actions, les obligations gouvernementales tendent à préserver ou même à augmenter leur valeur, atténuant la baisse globale du portefeuille. C’est ce mécanisme précis qui a justifié, pendant plusieurs décennies, l’idée qu’un portefeuille mixte est plus « sûr » qu’un portefeuille tout en actions, sans pour autant sacrifier l’essentiel de la croissance à long terme.
Le rééquilibrage périodique. Comme les actions et les obligations ne progressent pas au même rythme, la proportion réelle du portefeuille dérive avec le temps — une bonne année boursière peut faire passer un 60/40 à 65/35 sans qu’aucune transaction n’ait eu lieu. Le rééquilibrage consiste à vendre une partie de la classe d’actifs devenue surpondérée pour racheter celle qui est sous-pondérée, ramenant le portefeuille à sa cible. La plupart des investisseurs autonomes rééquilibrent une à deux fois par année, ou lorsque l’écart dépasse un seuil prédéterminé (souvent 5 points de pourcentage).
Pourquoi pas 50/50 ou 70/30? Le chiffre 60/40 n’a rien de sacré — il reflète un compromis parmi d’autres. D’autres ratios (80/20, 50/50, 40/60) suivent exactement la même logique de diversification, mais avec un curseur de risque différent. Plus la portion actions est élevée, plus le potentiel de croissance et la volatilité augmentent; plus la portion obligataire est élevée, plus le portefeuille devient défensif, généralement au prix d’un rendement à long terme plus faible.
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La nuance de 2022 : quand la corrélation s’inverse
L’hypothèse centrale du 60/40 — que les obligations amortissent les baisses boursières — repose sur une corrélation négative qui n’est pas garantie en tout temps. L’année 2022 en est l’illustration la plus marquante des dernières décennies : une inflation élevée a forcé les banques centrales, dont la Banque du Canada, à relever rapidement leurs taux directeurs. Or, une hausse des taux fait généralement chuter la valeur des obligations déjà émises, pendant que l’incertitude économique pesait aussi sur les actions.
Actions et obligations en baisse simultanée. Résultat : les deux composantes du 60/40 ont reculé en même temps, ce qui a effacé une bonne partie de l’effet protecteur habituellement attendu de la portion obligataire. Plusieurs analyses indépendantes ont qualifié 2022 de l’une des pires années pour ce type de portefeuille en plusieurs décennies, avec une perte combinée à deux chiffres — les estimations précises varient selon l’indice et la devise utilisés, mais le constat qualitatif fait consensus : la corrélation négative habituelle ne s’est pas maintenue cette année-là.
Ce que ça change concrètement. Ce n’est pas la logique de diversification elle-même qui a échoué, mais l’idée que la portion obligataire serait « sûre » dans toutes les circonstances. La corrélation entre actions et obligations dépend largement du contexte macroéconomique : elle a tendance à rester négative en période de récession classique (où les taux baissent), mais peut devenir positive en période d’inflation élevée forçant une hausse des taux. Comprendre cette nuance est essentiel pour ne pas être pris au dépourvu lors d’un scénario semblable à celui de 2022.
Une leçon plutôt qu’un verdict. Depuis 2023, les rendements obligataires plus élevés qu’auparavant redonnent en théorie plus de marge de manœuvre à la portion obligataire pour jouer son rôle amortisseur en cas de nouvelle récession. Mais l’épisode de 2022 reste un rappel utile : aucune combinaison de classes d’actifs n’élimine le risque, elle le gère.
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Comment construire un 60/40 en pratique au Canada
Il existe plusieurs façons d’appliquer un ratio 60/40, du bricolage complet à l’automatisation totale, chacune avec ses avantages selon le temps et l’intérêt que l’investisseur souhaite y consacrer.
L’approche « bricolée ». L’investisseur achète séparément des FNB indiciels d’actions (marché canadien, américain et international) et des FNB obligataires, puis ajuste manuellement les proportions et rééquilibre périodiquement. Cette approche offre le plus de contrôle sur la composition exacte, mais demande une certaine discipline pour maintenir le ratio cible dans le temps.
Les FNB de répartition d’actifs. Il existe au Canada une catégorie de fonds négociés en bourse conçus spécifiquement pour reproduire un ratio fixe (par exemple 60 % actions mondiales / 40 % obligations mondiales) dans un seul produit, avec rééquilibrage automatique intégré. L’investisseur achète un seul titre plutôt que plusieurs, ce qui simplifie considérablement la gestion — sans qu’il soit nécessaire de privilégier une institution en particulier, plusieurs émetteurs canadiens offrent des versions comparables de ce type de fonds.
Les robo-conseillers. Une autre option consiste à confier la répartition et le rééquilibrage à un robo-conseiller, qui construit et maintient automatiquement un portefeuille selon le profil de risque déclaré par l’investisseur, généralement pour des frais de gestion modestes en plus des frais des fonds sous-jacents.
Où détenir ce portefeuille. Le choix du compte importe autant que la répartition elle-même. Au Canada, la majorité des investisseurs autonomes détiennent leur portefeuille 60/40 dans un compte enregistré — REER ou CELI — pour profiter d’un abri fiscal sur la croissance et les revenus d’intérêts, ces derniers étant normalement pleinement imposables à titre de revenu s’ils sont détenus dans un compte non enregistré.
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Ce que le rendement historique enseigne (et ce qu’il ne garantit pas)
Les analyses de long terme sur le marché américain situent le rendement annuel moyen historique d’un portefeuille 60/40 dans une fourchette généralement citée autour de 8 à 9 % par année sur de très longues périodes, avec des rendements positifs sur la grande majorité des périodes mobiles de cinq ans. Ces chiffres varient toutefois sensiblement selon la période exacte analysée, les marchés inclus (américain, mondial ou canadien) et la méthodologie de calcul — ils doivent être lus comme des ordres de grandeur historiques, jamais comme une promesse.
Des creux marqués malgré la diversification. Le 60/40 n’élimine pas les années négatives : en plus de 2022, des épisodes comme la crise financière de 2008 ont aussi entraîné des reculs significatifs, quoique généralement moins sévères que pour un portefeuille 100 % actions. La diversification réduit l’amplitude des baisses, elle ne les empêche pas.
Le compromis rendement-volatilité. Sur de longues périodes, un portefeuille 100 % actions a généralement surpassé un 60/40 en termes de rendement absolu, mais avec des baisses beaucoup plus prononcées lors des corrections de marché. Le 60/40 vise justement à réduire cette amplitude, au prix d’un rendement espéré plus modeste — un compromis qui convient à un profil d’investisseur donné, pas nécessairement à tous.
L’importance de l’horizon de placement. Un investisseur qui a plusieurs décennies devant lui avant d’avoir besoin de son capital peut généralement se permettre de tolérer davantage de volatilité à court terme qu’un investisseur proche de la retraite. C’est pourquoi le ratio 60/40 est souvent présenté comme un point milieu générique plutôt qu’une cible universelle — la structure de frais du portefeuille choisi influence aussi le rendement net obtenu sur plusieurs décennies, parfois de façon plus déterminante que de petits ajustements au ratio actions/obligations.
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Le 60/40 est-il dépassé? Variantes et alternatives
Depuis l’épisode de 2022, la question revient régulièrement dans les analyses financières : le 60/40 a-t-il fait son temps? Le consensus qui se dégage des analyses récentes n’est ni « le 60/40 est mort » ni « rien n’a changé », mais plutôt que le concept reste valide tout en méritant d’être adapté au contexte actuel.
Ce que les critiques reprochent au 60/40 classique. L’argument principal est que la portion obligataire traditionnelle (dette gouvernementale de qualité) pourrait offrir une protection moins fiable qu’auparavant dans un contexte où l’inflation demeure une préoccupation plus présente qu’au cours des décennies précédentes, rendant la corrélation actions-obligations moins prévisible.
Les variantes proposées. Plusieurs gestionnaires suggèrent d’élargir la portion à revenu fixe au-delà des seules obligations gouvernementales classiques, ou d’ajuster le ratio lui-même selon l’âge et l’horizon (une approche parfois appelée « trajectoire glissante », où la portion obligataire augmente progressivement à l’approche de la retraite). D’autres explorent une diversification géographique plus large de la portion actions, notamment via une exposition internationale plutôt qu’un seul marché.
Le réflexe à adopter. Plutôt que de chercher la formule parfaite, l’essentiel est de choisir une répartition alignée avec son propre horizon de placement et sa tolérance au risque, de la documenter, puis de s’y tenir avec un rééquilibrage discipliné — les investisseurs qui abandonnent leur stratégie après une mauvaise année sont historiquement ceux qui en paient le prix le plus élevé, en vendant après une baisse plutôt qu’en attendant la reprise.
Le réflexe à adopter : le 60/40 reste un point de départ raisonnable pour beaucoup d’investisseurs, mais ce n’est pas une formule figée. Avant de l’adopter tel quel, évaluez votre propre horizon de placement et votre tolérance réelle au risque — pas seulement celle que vous croyez avoir avant une baisse de marché. Un ratio légèrement différent, mais que vous êtes capable de conserver sans paniquer lors d’une correction, vaut mieux qu’un 60/40 théoriquement optimal que vous abandonnez au pire moment.
Les erreurs à éviter
Erreur 1 — Croire que 60/40 est une obligation universelle. Ce ratio est un point de repère générique, pas une prescription. Un investisseur avec un horizon très long ou une tolérance au risque plus élevée peut légitimement choisir une proportion différente.
Erreur 2 — Ne jamais rééquilibrer. Laisser le portefeuille dériver au fil des années (par exemple vers 75/25 après plusieurs bonnes années boursières) change silencieusement le profil de risque réel, souvent sans que l’investisseur s’en rende compte avant une correction.
Erreur 3 — Paniquer et vendre après une mauvaise année. Vendre la portion actions après une baisse marquée — comme celle de 2022 — transforme une perte théorique et temporaire en perte réelle et permanente, tout en manquant potentiellement la reprise qui suit souvent ces épisodes.
Erreur 4 — Ignorer les frais de gestion. Deux portefeuilles 60/40 construits avec des produits différents peuvent avoir des frais très différents, ce qui érode le rendement net de façon cumulative sur plusieurs décennies, parfois plus que de petits ajustements au ratio lui-même.
Erreur 5 — Négliger le compte dans lequel le portefeuille est détenu. Détenir un 60/40 dans un compte non enregistré alors qu’on a encore des droits de cotisation REER ou CELI inutilisés fait perdre un avantage fiscal important, particulièrement sur la portion obligataire dont les revenus d’intérêt sont pleinement imposables hors compte enregistré.
Erreur 6 — Confondre diversification et simple accumulation de produits. Détenir plusieurs fonds qui se recoupent largement (par exemple plusieurs FNB d’actions américaines similaires) donne une illusion de diversification sans réellement réduire le risque global du portefeuille.
Erreur 7 — Fixer le ratio une fois et ne plus jamais le revoir. La tolérance au risque et l’horizon de placement évoluent avec le temps, en particulier à l’approche de la retraite. Un ratio pertinent à 30 ans ne l’est pas nécessairement à 60 ans.
Questions fréquentes
Le portefeuille 60/40 convient-il à tout le monde?
Non. C’est un point de repère générique pour un profil d’investisseur modéré avec un horizon de placement de plusieurs années ou décennies. Un investisseur très jeune avec une tolérance au risque élevée, ou à l’inverse un retraité qui décaisse déjà son capital, pourrait légitimement préférer un ratio différent.
Pourquoi les obligations ont-elles baissé en même temps que les actions en 2022?
Parce que la valeur des obligations déjà émises diminue généralement quand les taux d’intérêt augmentent, et les banques centrales, dont la Banque du Canada, ont relevé leurs taux rapidement en 2022 pour combattre une inflation élevée. Les actions ont aussi reculé en raison de l’incertitude économique liée à cette même inflation, ce qui a fait chuter les deux classes d’actifs simultanément.
Le 60/40 est-il « mort » depuis 2022?
Les analyses les plus récentes ne concluent généralement pas que le concept est mort, mais plutôt qu’il doit être compris avec plus de nuance qu’avant : la corrélation négative entre actions et obligations n’est pas garantie en tout temps, particulièrement en période d’inflation élevée.
À quelle fréquence faut-il rééquilibrer un portefeuille 60/40?
Il n’existe pas de règle unique, mais les approches courantes consistent à rééquilibrer une à deux fois par année sur une base calendaire, ou dès que la proportion réelle s’écarte de plusieurs points de pourcentage de la cible (souvent autour de 5 points).
Existe-t-il un produit unique qui applique automatiquement un ratio 60/40?
Oui, il existe au Canada une catégorie de FNB de répartition d’actifs conçus pour maintenir un ratio fixe entre actions et obligations avec rééquilibrage automatique intégré, offerts par plusieurs émetteurs. Un robo-conseiller peut aussi construire et maintenir cette répartition pour vous.
Faut-il détenir un 60/40 dans un REER, un CELI ou un compte non enregistré?
Dans la mesure du possible, les comptes enregistrés (REER, CELI) sont généralement avantageux pour ce type de portefeuille, car ils abritent la croissance et les revenus d’intérêt de l’impôt annuel, alors que les revenus d’intérêt générés par la portion obligataire sont pleinement imposables dans un compte non enregistré.
Le 60/40 protège-t-il complètement contre les pertes?
Non. Il réduit généralement l’amplitude des baisses comparativement à un portefeuille 100 % actions, mais il ne les élimine pas, comme l’a démontré 2022. La diversification gère le risque, elle ne le supprime pas.
Quelle est la différence entre le 60/40 et une simple diversification?
Le 60/40 est une forme précise de diversification entre deux classes d’actifs dans une proportion fixe. La diversification, au sens large, peut aussi inclure d’autres dimensions comme la répartition géographique, sectorielle ou entre différents types d’obligations, à l’intérieur même de chacune des deux portions du 60/40.
Sources officielles
- Autorité des marchés financiers (AMF) — 5 étapes à suivre pour vous aider à choisir les types de placements
- Autorité des marchés financiers (AMF) — Le rendement, c’est important!
- Agence de la consommation en matière financière du Canada — La tolérance au risque, une question personnelle
- Banque du Canada — Rendements des obligations canadiennes
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Les données de rendement historique évoluent constamment et ne garantissent pas les résultats futurs; elles varient aussi selon la source et la méthodologie utilisées. Pour une stratégie de placement adaptée à votre situation, consultez un représentant en épargne collective, un planificateur financier ou un autre professionnel qualifié. Pour en savoir plus sur notre démarche, consultez notre méthodologie éditoriale.

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