Au décès d’une personne ayant cotisé au Régime de rentes du Québec (RRQ), sa famille peut avoir droit à trois prestations distinctes : une rente de conjoint survivant pouvant atteindre 1 173,58 $ par mois, une rente d’orphelin de 307,81 $ par mois par enfant, et une prestation de décès forfaitaire pouvant aller jusqu’à 2 500 $. Aucune de ces trois prestations n’est versée automatiquement : chacune doit être demandée séparément.
Dans les semaines qui suivent un décès, les proches doivent gérer les funérailles, la succession et une multitude de démarches administratives. Les prestations offertes par Retraite Québec — souvent méconnues dans leur détail — peuvent représenter un soutien financier réel, mais leur fonctionnement en trois volets distincts (conjoint, enfants, succession) porte facilement à confusion. Cet article explique qui a droit à quoi, comment ces montants sont calculés et comment les demander.
Note : Les montants indiqués dans cet article sont ceux en vigueur pour 2026, indexés chaque 1er janvier selon l’inflation. Ils changeront dans les années suivantes — consultez toujours le relevé le plus récent de Retraite Québec avant de vous en servir pour planifier votre situation.
Sommaire
- Les trois prestations du RRQ pour la famille d’un cotisant décédé
- La rente de conjoint survivant : qui est admissible
- Comment le montant varie selon l’âge et la situation
- La rente d’orphelin : montant et démarches
- La prestation de décès de 2 500 $ : calcul et versement
- Combiner les rentes, fiscalité et délais à respecter
- Les erreurs à éviter
- Questions fréquentes
Les trois prestations du RRQ pour la famille d’un cotisant décédé
Lorsqu’une personne ayant suffisamment cotisé au RRQ décède, sa famille peut demander jusqu’à trois prestations distinctes, chacune ayant ses propres conditions d’admissibilité et son propre formulaire.
La rente de conjoint survivant. Versée mensuellement, à vie, au conjoint marié, uni civilement ou en union de fait reconnue par Retraite Québec.
La rente d’orphelin. Versée mensuellement à la personne qui a la charge d’un enfant de moins de 18 ans du cotisant décédé, jusqu’à ce que l’enfant atteigne cet âge.
La prestation de décès. Un montant forfaitaire unique, versé une seule fois, en priorité à la personne qui a payé les frais funéraires.
Ces trois prestations sont indépendantes : une famille peut recevoir les trois en même temps si les conditions sont remplies pour chacune, mais aucune n’est automatique. Pour les démarches bancaires et administratives plus larges à entreprendre dans les jours suivant un décès, consultez notre guide des démarches bancaires immédiates au décès d’un proche.
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La rente de conjoint survivant : qui est admissible
La rente de conjoint survivant est réservée aux personnes que Retraite Québec reconnaît légalement comme conjoint de la personne décédée. Cette reconnaissance suit des règles précises qui ne correspondent pas toujours à l’idée qu’on s’en fait.
Conjoint marié ou uni civilement. Le conjoint marié ou uni civilement au moment du décès y a droit d’office, à moins d’être légalement séparé de corps.
Conjoint de fait. L’union de fait doit avoir duré au moins trois ans avant le décès — ou un seul an si le couple a eu ou adopté un enfant ensemble, ou si l’un des conjoints avait déjà un enfant né avant le début de leur union et que ce couple en assumait la garde. Les couples de même sexe en union de fait sont reconnus pour tout décès survenu après le 4 avril 1985.
Un point qui rassure souvent les personnes concernées : se remarier ou entamer une nouvelle union de fait ne fait pas perdre la rente de conjoint survivant déjà accordée. Ce n’est pas le cas de tous les régimes de survivants (certains régimes privés ou publics sectoriels appliquent des règles différentes), d’où l’importance de vérifier chaque contrat séparément — voir notamment ce qui se passe pour un REER ou un FERR au décès du titulaire, où les règles de transfert au conjoint sont différentes.
La personne décédée doit aussi avoir suffisamment cotisé au RRQ selon les règles en vigueur (généralement une contribution pendant un nombre minimal d’années sur sa période cotisable) pour que la rente soit versée. Si le cotisant a aussi travaillé ailleurs au Canada, ses cotisations au Régime de pensions du Canada (RPC) peuvent être prises en compte dans le calcul.
Comment le montant varie selon l’âge et la situation du survivant
C’est ici que la mécanique devient la plus mal comprise : contrairement à ce qu’on pourrait croire, le montant de la rente de conjoint survivant ne dépend pas seulement des cotisations du défunt — il varie aussi fortement selon l’âge et la situation du survivant au moment du décès.
Pour 2026, les montants maximaux mensuels sont les suivants :
Moins de 45 ans, sans enfant à charge, non invalide : maximum de 719,50 $/mois.
Moins de 45 ans, avec enfant à charge : maximum de 1 129,95 $/mois.
Moins de 45 ans, reconnu invalide : maximum de 1 173,58 $/mois.
De 45 à 64 ans : maximum de 1 173,58 $/mois, peu importe la présence d’enfants.
65 ans ou plus (rente de retraite non encore versée) : maximum de 881,48 $/mois.
Ces montants sont des maximums : le montant réel dépend du salaire cotisé et de la durée de cotisation du défunt, exactement comme pour une rente de retraite classique.
Sous-thème en gras : l’effet de vos propres prestations. Si le survivant reçoit déjà — ou commence à recevoir — sa propre rente de retraite ou une rente d’invalidité du RRQ, les deux prestations ne s’additionnent pas simplement. Retraite Québec les combine en un seul versement mensuel, mais ce versement combiné est plafonné par la loi, ce qui peut réduire la portion « conjoint survivant ». À 65 ans, si le survivant touche déjà sa rente de retraite maximale, la portion de base de la rente de conjoint survivant peut devenir nulle — seule la portion du régime supplémentaire (en vigueur depuis la bonification du RRQ de 2019) peut alors continuer à s’ajouter.
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La rente d’orphelin : montant et démarches
La rente d’orphelin est versée pour chaque enfant de moins de 18 ans dont l’un des parents, ayant suffisamment cotisé au RRQ, est décédé. Elle est admissible aux enfants biologiques ou adoptés, ainsi qu’aux enfants mineurs qui vivaient avec la personne décédée depuis au moins un an alors que celle-ci en tenait lieu de parent — les enfants en famille d’accueil rémunérée sont toutefois exclus.
Pour 2026, le montant est de 307,81 $ par mois par enfant, indexé chaque année. Un point important à clarifier, car il porte souvent à confusion : la rente d’orphelin du RRQ cesse à 18 ans, sans exception pour les études à temps plein — contrairement à certaines prestations fédérales pour enfants qui, elles, peuvent se poursuivre jusqu’à 25 ans dans certains cas. Ne confondez pas les deux régimes en planifiant votre budget familial.
La rente est généralement versée à la personne qui a la charge effective de l’enfant (parent survivant, tuteur, etc.), et non directement à l’enfant. Elle est imposable et doit être déclarée dans le revenu de l’enfant plutôt que dans celui du parent ou tuteur qui la reçoit — un détail utile à connaître au moment de produire les déclarations de revenus, notamment si vous devez remplir un feuillet T4A pour d’autres sources de revenu de pension dans la même famille.
La demande se fait via Mon dossier de Retraite Québec ou par formulaire papier. Le versement rétroactif est limité à 12 mois avant la date de la demande, sauf circonstances exceptionnelles — un délai à ne pas laisser filer.
La prestation de décès de 2 500 $ : calcul et versement
La prestation de décès est un montant unique, versé une seule fois, distinct des deux rentes mensuelles précédentes. Son montant correspond à la somme des cotisations effectivement versées par la personne décédée, jusqu’à un maximum de 2 500 $ — ce qui signifie que le montant réel peut être inférieur au plafond si l’historique de cotisation était court ou modeste.
L’ordre de priorité pour la recevoir est précis et respecté strictement par Retraite Québec :
Dans les 60 jours suivant le décès : la personne ou l’organisme de bienfaisance qui a payé les frais funéraires a priorité, sur présentation d’une preuve de paiement (nom de l’entreprise, du défunt, du payeur, montant, date et signature d’autorisation).
De 61 jours à 5 ans après le décès : la prestation revient à la première personne qui en fait la demande, qu’il s’agisse de la personne ayant payé les funérailles, d’un héritier ou du liquidateur de la succession.
La demande peut être faite en ligne via les services de Retraite Québec ou par courrier. Passé le délai de 5 ans, la prestation n’est généralement plus versée.
Fiscalité. Contrairement à ce qu’on pourrait espérer pour une aide destinée aux funérailles, la prestation de décès du RRQ est imposable : elle doit être déclarée comme revenu de la succession, peu importe qui la reçoit concrètement. Pour la suite des démarches successorales et le traitement fiscal global d’un héritage, consultez notre guide sur l’héritage et la succession au Canada, ou, en l’absence de testament, notre article sur la succession sans testament au Québec.
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Combiner les rentes, fiscalité et délais à respecter
Au-delà du montant de chaque prestation prise isolément, quelques réflexes concrets permettent d’éviter de laisser de l’argent sur la table ou de mauvaises surprises fiscales.
Déposez chaque demande séparément et rapidement. Les trois prestations ont des formulaires distincts et des délais de rétroactivité différents (jusqu’à 11 mois pour la rente de conjoint survivant, 12 mois pour la rente d’orphelin, 5 ans pour la prestation de décès) — attendre pour « tout faire en même temps » peut faire perdre des mois de versement.
Vérifiez l’effet de vos propres rentes RRQ. Si vous approchez de 65 ans ou recevez déjà une rente de retraite ou d’invalidité, informez-vous du montant combiné réel avant de faire des projections budgétaires basées sur le montant maximal affiché.
Prévoyez la fiscalité. La rente de conjoint survivant et la rente d’orphelin sont toutes deux imposables annuellement, et la prestation de décès l’est aussi, au niveau de la succession. Un coussin de liquidités, comme celui recommandé dans notre guide sur le fonds d’urgence au Canada, aide à traverser la période où les rentes ne sont pas encore versées.
Ne négligez pas le régime fédéral si applicable. Si la personne décédée a aussi cotisé au Régime de pensions du Canada (RPC) dans une autre province, des prestations combinées ou distinctes peuvent s’ajouter — informez-vous auprès de Service Canada en parallèle de votre demande à Retraite Québec.
Le réflexe à adopter : dès que possible après un décès, ouvrez un dossier auprès de Retraite Québec pour vérifier l’admissibilité aux trois prestations — même si vous n’êtes pas certain d’y avoir droit. Le pire scénario est un refus ; le meilleur est un soutien financier réel pendant une période déjà difficile. N’attendez pas d’avoir réglé toute la succession avant de faire la demande : les délais de rétroactivité courent dès le décès, pas dès votre demande.
Les erreurs à éviter
Erreur 1 — Penser que les prestations sont automatiques. Aucune des trois prestations n’est versée sans demande formelle, même si Retraite Québec a déjà toutes les données de cotisation en main.
Erreur 2 — Confondre la rente d’orphelin du RRQ avec des prestations fédérales pour étudiants. Elle cesse à 18 ans, sans prolongation pour études à temps plein.
Erreur 3 — Attendre la fin du règlement de la succession pour faire une demande. Les délais de rétroactivité sont limités et courent à partir du décès, pas à partir du moment où vous faites la demande.
Erreur 4 — Oublier de conserver les reçus de funérailles dans le bon format. Sans preuve de paiement conforme (nom de l’entreprise, du défunt, du payeur, montant, date, signature), la priorité de 60 jours pour la prestation de décès peut être perdue.
Erreur 5 — Croire qu’un remariage fait perdre la rente de conjoint survivant. Ce n’est pas le cas pour le RRQ, contrairement à certaines craintes répandues.
Erreur 6 — Ignorer l’effet combiné avec sa propre rente de retraite ou d’invalidité. Le montant affiché comme maximum n’est pas garanti si vous touchez déjà d’autres prestations du RRQ.
Erreur 7 — Ne pas déclarer les rentes au bon nom lors de l’impôt. La rente d’orphelin se déclare dans le revenu de l’enfant, pas dans celui du parent ou tuteur qui l’administre.
Questions fréquentes
Peut-on recevoir les trois prestations du RRQ en même temps après un décès?
Oui. La rente de conjoint survivant, la rente d’orphelin et la prestation de décès sont indépendantes et peuvent toutes être versées pour un même décès si les conditions d’admissibilité de chacune sont remplies, à condition de déposer une demande distincte pour chacune.
La rente de conjoint survivant du RRQ est-elle versée à vie?
Oui, une fois accordée, elle est versée mensuellement à vie au conjoint survivant admissible, même s’il se remarie ou entame une nouvelle union par la suite.
Un conjoint de fait a-t-il vraiment droit à la rente de conjoint survivant?
Oui, à condition que l’union de fait ait duré au moins trois ans avant le décès, ou un an seulement si le couple a eu ou adopté un enfant ensemble. Les couples de même sexe en union de fait sont reconnus pour les décès survenus après le 4 avril 1985.
La prestation de décès de 2 500 $ couvre-t-elle les frais funéraires?
Partiellement, dans le meilleur des cas. Le montant maximal de 2 500 $ est souvent inférieur au coût réel de funérailles complètes, et le montant réel versé peut être encore plus bas selon l’historique de cotisation de la personne décédée.
Jusqu’à quel âge un enfant reçoit-il la rente d’orphelin?
Jusqu’à ses 18 ans, sans exception pour la poursuite d’études à temps plein — une différence importante par rapport à d’autres programmes fédéraux qui peuvent, eux, se prolonger jusqu’à 25 ans.
Combien de temps a-t-on pour demander la prestation de décès?
La personne ou l’organisme ayant payé les funérailles a priorité s’il fait la demande dans les 60 jours suivant le décès. Passé ce délai et jusqu’à 5 ans après le décès, la prestation revient à la première personne qui en fait la demande (héritier ou liquidateur inclus).
Les rentes de survivant du RRQ sont-elles imposables?
Oui. La rente de conjoint survivant et la rente d’orphelin sont toutes deux imposables et doivent être déclarées annuellement — la rente d’orphelin dans le revenu de l’enfant, pas du parent ou tuteur. La prestation de décès est imposable au niveau de la succession.
Que se passe-t-il si le défunt a aussi cotisé au régime d’une autre province (RPC)?
Les cotisations versées ailleurs au Canada au Régime de pensions du Canada peuvent être prises en compte dans le calcul des rentes, ou donner droit à des prestations combinées. Il est recommandé de vérifier aussi auprès de Service Canada en parallèle de la demande à Retraite Québec.
Sources officielles
- Retraite Québec — La rente de conjoint survivant du Régime de rentes du Québec
- Retraite Québec — La rente d’orphelin
- Retraite Québec — La prestation de décès
- Retraite Québec — Montants des prestations et données de base
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil financier ou juridique personnalisé. Les montants et conditions d’admissibilité peuvent varier selon votre situation exacte et sont sujets à changement annuel. Pour une situation particulière — succession complexe, cotisations dans plusieurs provinces ou conjoint de fait dont la reconnaissance est contestée — consultez Retraite Québec directement ou un professionnel qualifié. Pour en savoir plus sur notre démarche, consultez notre méthodologie éditoriale.

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